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Mardi gras, mais au fait d’où vient cette fête ?

Mardi gras : Quelles sont les traditions et les origines de cette fête ?

CARNAVALMardi Gras, mêlant traditions païennes et chrétiennes, s’ancre dans la culture française et captive par sa riche histoire et ses éclats de couleur
Fostine  Carracillo pour 20 Minutes

Fostine Carracillo pour 20 Minutes

L'essentiel

  • Mardi Gras, précédant le Carême, signale le début d’une période de jeûne chrétienne de 40 jours sans viande. En 2024, il tombe le 13 février.
  • Depuis le XIIe siècle, Venise et l’Italie célèbrent les carnavals, initiés par l’édit du premier doge Vitale Falier. En France, Nice fleurit ses chars et Dunkerque régale de ses harengs.
  • Au cœur de Mardi Gras, les délices sucrés brillent de mille feux. Parmi eux, les beignets de carnaval occupent une place privilégiée.

La croyance commune veut que Mardi Gras soit une fête chrétienne, mais son origine remonte d’abord à des racines païennes. Dans l’Antiquité romaine, cette journée marquait la transition de l’hiver au printemps. Aujourd’hui, elle offre à petits et grands l’opportunité de revêtir un costume et de savourer des délices sucrés tels que beignets, crêpes ou gaufres.

Mardi Gras parmi les dates inscrites dans le calendrier chrétien

Dans la tradition chrétienne, Mardi Gras annonce le début du Carême, une période de jeûne de 40 jours où les fidèles s’abstiennent de manger de la viande. Cet événement précède le mercredi des Cendres, premier jour du Carême. En 2024, Mardi Gras est le 13 février, 11 jours après la Chandeleur, suivi des Cendres le 14 février et de Pâques le 31 mars.

Le Carême aux origines de Mardi Gras

Dans l’ancien calendrier romain, mars inaugurait l’année, lançant un tourbillon de festivités. Les Calendes de mars étaient une débauche de déguisements et de festins, célébrant le renouveau de la nature. Dans le calendrier chrétien, Mardi Gras marque le dernier festin avant le Carême. Mais pourquoi le carnaval s’en est-il mêlé ? C’est la continuité de la joie et de la liberté, où les masques chutent et où l’on célèbre la vie avant la pénitence.

Avec la Réforme protestante, qui a contesté le Carême, Mardi Gras prédomine surtout dans les pays catholiques et orthodoxes. Dans les pays anglo-saxons, certains protestants ont préservé un équivalent, le « Shrove Tuesday » : Mardi de la confession ou Mardi de l’absolution.

Costumes et carnaval au programme

Dans l’étymologie du mot « carnaval », résonne le latin « carnelevare », un appel à l’abstinence de viande en ce début de Carême. Mais le Mardi Gras, lui, se dresse comme l’acmé de ces instants où tout se permet, où l’audace dévore les conventions sociales. Les masques dissimulent, les déguisements éclatent, offrant une échappée enivrante hors des sentiers battus de la bienséance.

Si Venise et l’Italie demeurent les gardiennes des carnavals depuis le XIIe siècle, époque de l’édit du premier doge Vitale Falier, d’autres villes européennes s’illustrent dans la splendeur des festivités. En France, Nice dévoile ses chariots fleuris, Dunkerque répand ses harengs dans la liesse populaire, chaque cité s’adonnant à ses propres célébrations.

Les masques au cœur de Mardi Gras

Au XIIIe siècle, l’apparition des masques offre un manteau d’anonymat propice aux extravagances, tandis que les quartiers se métamorphosent en théâtres vivants, où règnent jeux et divertissements. L’essence de cette tradition italienne, rayonnant en Europe médiane puis outre-Atlantique, persiste aujourd’hui dans une libération totale des costumes.

Parmi les incontournables, les costumes de la Commedia dell’arte, nés au XVIe siècle, incarne l’esprit des festivités. Arlequin, vibrant de couleurs, Pantalon, symbole de virilité avec ses bas ajustés et Polichinelle, au ventre proéminent et à la voix éclatante, demeurent des figures indélébiles.

Plaisirs sucrés s’invitent sur les tables

Dans le tourbillon festif de Mardi Gras, les douceurs sucrées brillent en vedette. Au-delà des crêpes et des gaufres, les beignets de carnaval se taillent une place de choix. Mais attention, chaque coin de France révèle sa propre recette. Dans le Sud-Ouest, les « merveilles » fleurent bon la fleur d’oranger, tandis qu’à Lyon, les « bugnes » enchantent les gourmands. En Savoie, ce sont les « rissoles » qui font saliver.

Dans la Rome antique, des beignets similaires, appelés « chiacchiere » en italien, réjouissaient déjà les papilles lors du carnaval. Une tradition gourmande et ancestrale qui transcende les époques.

Mais pourquoi des beignets, des gaufres ou des crêpes lors de Mardi Gras ? Tout comme les crêpes à la Chandeleur, ces délices trouvent leur origine dans la lutte contre le gaspillage. Face à l’abondance d’œufs et de beurre destinés à rester inutilisés pendant le Carême, l’idée de les transformer en délices culinaires se serait naturellement imposée.