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Comment survivre au repas de Noël en famille (sans vriller) ?
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Débats politiques, critiques du repas, cadeaux bof : Comment survivre au repas de Noël en famille (sans vriller) ?

Aussi féerique soit-il, le repas de Noël peut vite retomber comme un soufflé au rythme des discussions politiques et des critiques sur le repas ou la déco. Rien d’irrémédiable selon une thérapeute, qui explique comment éviter les conflits
Christelle Pellissier

Christelle Pellissier

L'essentiel

  • Considéré comme un moment de joie et de partage par certains, le repas de Noël est un vériable calvaire pour d'autres. Une bonne raison d'anticiper les possibles désagréments pour passer la meilleure soirée possible.
  • La thérapeute familiale Florence Beuken conseille de limiter la pression et de prendre du recul lorsque c'est possible : « En minimisant ce qui peut l’être, on diminue la charge émotionnelle autour de la soirée et on reprend un peu de pouvoir sur ce qui va se passer ».
  • Pour éviter les conflits, il est recommandé de ne pas entrer dans les débats en s'extrayant de la discussion, d'éviter « tous les sujets qui ont déjà créé des tensions » et « qui touchent à des blessures encore vives ».

Défaite de famille. Le repas de Noël, un vrai bonheur pour certains, un calvaire pour d’autres. Entre la critique facile du beau-père sur le repas, les discours politiquement (très) engagés du grand-oncle et cette magnifique écharpe en alpaga (vous y êtes allergique) offerte par belle-maman, les tensions peuvent vite monter. Un Français sur deux redoute tellement ce moment en famille qu’il a élu la cuisine comme pièce refuge lors des moments les plus critiques, d’après un sondage OpinionWay. Les convives y fuient la plupart du temps les débats politiques (66 %), mais aussi les remarques sur le physique et les questions intrusives.

Alors comment aborder un repas de Noël en toute sérénité ? On a demandé Florence Beuken, thérapeute familiale, qui conseille avant toute chose « d’éviter de se mettre une pression énorme ». Avant même de prendre place autour de la table familiale, il est préconisé « d’identifier précisément » les différentes sources de stress pour pouvoir y faire face.

« Tant pis si on ne s’entend pas super bien avec chacun des membres de la famille, tant pis si quelqu’un essaie de nous lancer sur un sujet qu’on n’a pas envie d’aborder. On a le droit de ne pas répondre, ou de dire qu’on n’a pas envie de parler de ça. »

Florence Beuken

Mais aussi de se poser une question qui peut souvent désamorcer les conflits : « Est-ce que c’est grave ? ». Une réponse négative - et c’est souvent le cas - permet de prendre le recul nécessaire pour profiter pleinement de la soirée. « En minimisant ce qui peut l’être, on diminue la charge émotionnelle autour de la soirée et on reprend un peu de pouvoir sur ce qui va se passer », explique l’experte.

Pas (trop) de pression sur le repas

Passer des heures en cuisine pour s’entendre dire que la dinde est trop cuite ou que la bûche est trop sucrée (sérieusement ?), non merci. « Quand on parle des remarques sur le repas, la première chose qui me vient, c’est que ça fait souvent beaucoup pour une seule personne », estime la thérapeute. Pour éviter ces désagréments, Florence Beuken recommande de « partager la préparation », chacun s’occupant d’une partie du repas. « Le fait que tout le monde ait mis la main à la pâte limite déjà un peu le risque que tout repose sur les épaules d’un seul ».

Si vous souhaitez malgré tout gérer l’orga du repas, mieux vaut « prévoir quelque chose de plus simple, comme un apéro dînatoire ou un buffet où chacun se sert selon ses envies ». Surtout si la charge mentale devient trop pesante. L’objectif est de ne pas aborder la soirée sous tension - et d’éviter de se mettre soi-même trop de pression. « On a tendance à vouloir que tout soit parfait : la dinde, la déco, l’ambiance, les cadeaux… Cela crée un stress énorme, surtout quand on n’a aucune garantie que tout se passera comme prévu », anticipe l’experte. Un seul mot d’ordre dans ce cas : relativiser.

Eviter (au max) les sujets qui fâchent

Qui dit repas de famille, dit (souvent) débats politiques et questions très (trop) personnelles. Deux cas de figure que certains redoutent à Noël, et qui peuvent clairement gâcher la fête. La bonne nouvelle, c’est que rien ne vous oblige à prendre part à la discussion. « L’enjeu n’est pas de 'gagner' le débat, mais de trouver des moyens de ne pas y entrer : dire simplement qu’on n’a pas envie de débattre ce soir, aller prendre l’air, se lever pour s’occuper des enfants… Tout ce qui permet de s’extraire un peu de la discussion aide à ne pas être trop atteint », poursuit Florence Beuken. La pièce refuge prend alors tout son sens. D’après le sondage OpinionWay, 35 % des invités affirment organiser « une contre-soirée assumée » dans la cuisine pour profiter d’un vrai moment convivial.

Sinon, l’humour permet - toujours - de se sortir d’une situation gênante. La thérapeute préconise, par exemple, de préparer un ''bingo du réveillon'' avec les sujets qui y seront (forcément) abordés, histoire « de prendre de la distance émotionnelle ». Qu’on se le dise, il n’y a pas de sujets tabous à bannir de la table des fêtes, cela dépend des sensibilités de chacun. On peut toutefois d’ores et déjà se dire que « tous les sujets qui ont déjà créé des tensions » n’ont pas leur place à Noël. Tout comme ceux « qui touchent à des blessures encore vives ». Evitez donc de rappeler à votre belle-sœur que son ex est parti avec sa meilleure pote ou de demander - pour la 1000e fois de l’année - à votre fille : « c’est pour quand le bébé ? ».

Limiter les attentes autour des cadeaux

Qu’on les offre ou les reçoive, les cadeaux peuvent cristalliser moult frustrations et déceptions à Noël. Chose à laquelle il est facile de remédier… à condition d’anticiper. Donner ou demander une liste, sinon des idées assez spécifiques, permet d’éviter les désillusions. « D’autres tiennent beaucoup à l’effet de surprise, mais il faut alors accepter qu’un proche, même de bonne volonté, ne tombe pas toujours juste », prévient la thérapeute familiale. Et si vous craignez que la déception ne se lise sur votre visage, il est tout à fait possible d’ouvrir le cadeau à l’écart ou d’opter pour un « déballage plus collectif ». Autrement dit, faire en sorte de ne pas avoir dix paires d’yeux - ou plus - scrutant la moindre de vos réactions.

Tous les sujets Noël

Quelle que soit la situation redoutée, il ne faut pas oublier que ces fêtes ne doivent en aucun cas être synonymes de contraintes ou de stress. « Si la pression ou la tension est trop forte, il est important de se dire qu’il n’y a rien d’obligatoire : le repas peut se faire en petit comité ou ne pas se faire du tout », conclut la spécialiste.