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C’est quoi toute cette hype autour du principe de la « manifestation » ?
méthode Coué

« Je manifeste le mois le plus chanceux de ma vie » : C’est quoi cette hype autour de la « manifestation » ?

Peut-on vraiment aller mieux ou réussir uniquement à la force de sa pensée ? On a demandé l’avis d’une psychologue.
Dora Christian

Dora Christian

L'essentiel

  • La manifestation, une tendance populaire sur les réseaux sociaux, s’appuie sur des principes psychologiques valables comme la visualisation positive, mais ignore souvent les limites de la réalité et les facteurs externes.
  • Selon la psychologue Aurélie Barnabot, « La manifestation devient vraiment puissante quand elle est reliée à l’action, à la responsabilité personnelle, et à l’acceptation de ce qui ne dépend pas de nous ».
  • Bien que séduisante, la manifestation ne doit pas être vue comme une solution miracle, car « le but n’est pas d’ignorer sa réalité ni les conditions dans lesquelles on évolue, sinon, on risque de tomber dans l’illusion, voire dans le déni de certaines souffrances ».

La moitié de l’année est officiellement passée et beaucoup s’inquiètent de ne pas encore avoir accompli leurs résolutions pour 2025. A cette frustration, les réseaux sociaux semblent avoir trouvé la solution adéquate pour y parvenir avant le 31 décembre : exercer le pouvoir de la manifestation. Sur TikTok, près de 93 millions d’internautes vantent les louanges de cette méthode pour atteindre ses objectifs le plus rapidement possible. Mais est-ce que ça marche vraiment ? 20 Minutes a consulté la psychologue Aurélie Barnabot pour le savoir.

Un raisonnement pas si fou qu’il en a l’air

En réalité, cette tendance n’est pas dénuée de sens. A 20 Minutes, la psychologue Aurélie Barnabot explique que lorsqu’on se projette (dans une situation professionnelle, une relation, etc.), le cerveau active les mêmes zones que si on vivait réellement la situation. Ce qui renforce notre motivation et notre confiance en soi et nous amène à adopter des comportements plus alignés avec nos objectifs.

En psychologie, ce principe de manifestation se rapproche de plusieurs concepts comme la visualisation positive, l’effet Pygmalion ou l’autosuggestion, ajoute-t-elle. « Ce sont des processus mentaux où nos croyances et nos attentes influencent nos comportements, et parfois nos résultats ».

@blm801

La manifestation, manifeste ce que tu veux pour l’atteindre ! #Hackersoncerveau #mindset #investment #money

♬ drowning (edit) - Antent & vowl.

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Toutefois, en psychologie, « on ne peut jamais ignorer la réalité objective ou les déterminants sociaux qui peuvent limiter ou faciliter la réussite », nuance Aurélie Barnabot avant de poursuivre : « C’est une dimension que la tendance actuelle de la manifestation oublie souvent, en laissant croire que l’on peut tout accomplir uniquement par la pensée ».

Et c’est ce point qui peut justement amener à des dérives. Par exemple, dans une relation amoureuse, on ne peut pas contrôler les émotions ou le comportement de l’autre. On peut manifester un projet professionnel, mais sans compétences, réseau ou opportunités, cela risque de ne pas aboutir.

La manifestation, c’est trop beau pour être vrai ?

« Je comprends que le principe de la manifestation puisse séduire dans un contexte où les gens cherchent à reprendre le contrôle sur leurs vies », confie Aurélie Barnabot. C’est parce qu’il y a un côté rassurant à penser qu’il suffit d’y croire pour espérer que tout aille mieux. Mais c’est plus complexe que ça. « La pensée seule ne suffit pas ! La manifestation est un outil, mais pas une baguette magique », souligne la psychologue.

« La manifestation devient vraiment puissante quand elle est reliée à l’action, à la responsabilité personnelle, et à l’acceptation de ce qui ne dépend pas de nous », assure la psychologue. Autrement dit, il faut que la pensée soit accompagnée d’un travail sur soi, de stratégies concrètes, et surtout, d’un ancrage dans la réalité et pas juste un désir d’immédiateté. Car « le but n’est pas d’ignorer sa réalité ni les conditions dans lesquelles on évolue, sinon, on risque de tomber dans l’illusion, voire dans le déni de certaines souffrances », termine-t-elle. D’où une autre expression très populaire sur les réseaux sociaux : « être delulu », c’est-à-dire un peu dans son imaginaire de rêve, sans accepter les facteurs extérieurs de la vie…