« Produire, c’est imaginer… jouer, c’est le moment de vérité »… Mosimann, sur tous les fronts
variété•Mosimann enchaîne les projets variés. Sur la scène, en studio ou au micro de France Inter, il revendique une manière instinctive de créerVictoria Berne
L'essentiel
- Mosimann refuse d’opposer studio et scène, qu’il considère comme deux moments complémentaires de la création.
- Avec ses « Dream Tracks », il transforme des contraintes improbables en moteur créatif.
- Malgré le succès, il reste marqué par le lien au public et insiste sur l’importance de créer sans trop se freiner.
DJ, producteur, chroniqueur… Mosimann multiplie les casquettes sans jamais vraiment choisir. À 38 ans, l’artiste franco-suisse s’impose comme une figure à part dans la scène électro française, capable de passer du studio à la scène, des réseaux sociaux à la radio.
Sa méthode est faite d’expérimentations, de contraintes et de remises en question permanentes. « Je repars toujours d’une feuille blanche et j’essaie de me dire que tout est possible », confie-t-il. 18 ans après avoir remporté la Star Academy 7, il revient cette année avec une actualité riche. C’est d’ailleurs dans ce contexte que 20 Minutes a eu l’occasion de le rencontrer, il y a quelques semaines, à l’Alpe d’Huez, lors de Tomorrowland Winter.
« Produire et jouer, c’est comme faire un date »
Chez Mosimann, il n’y a pas de hiérarchie entre studio et scène. L’artiste préfère parler de complémentarité. « Je mettrais les deux égaux sur une balance. Produire, c’est imaginer… jouer, c’est le moment de vérité », explique-t-il. D’un côté, la production, où tout est encore possible. De l’autre, la scène, où tout se joue. « Produire, c’est se projeter, se dire que ça pourrait marcher, que ça pourrait être cool. »
Mais c’est face au public que la musique prend vie. « Je compare souvent la musique à l’amour. C’est comme faire un date… Tu espères que ça va bien se passer, qu’on va s’entendre, qu’on va rigoler. Et après, tu rencontres les gens. » Une manière très instinctive d’envisager son métier, où la technique laisse toujours une place à l’émotion.
Et c’est ce qu’il a senti face au public de Tomorrowland Winter : « C’était magique. Il y avait une ambiance spéciale. Spéciale parce que j’étais partagé entre le chauvinisme et l’excitation », répond-il, sourire aux lèvres. « C’est mon premier vrai Tomorrowland. Je suis extrêmement heureux et puis extrêmement reconnaissant des gens qui sont venus me voir jouer. »
Faire rentrer des carrés dans des ronds
Ces dernières années, Mosimann s’est imposé avec ses « Dream Tracks », un concept simple en apparence (demander aux personnalités leur titre de rêve), mais exigeant dans sa réalisation. « Je rencontre des gens d’univers très différents qui me demandent des trucs un peu fous », raconte-t-il. De ces échanges naissent des collaborations inattendues, comme avec Alain Chabat, Alexandre Astier ou plus récemment Artus.
Mais derrière l’exercice ludique se cache une vraie philosophie de création. « Se forcer à faire rentrer des carrés dans des ronds… tu te dis que ça ne va pas marcher, mais il faut croire que ça va marcher ». Et plus récemment, il a même pu sortir sur les plateformes deux nouveaux remix inédits. « J’ai fait un Dream Track avec Tribz sur le titre "Halo", explique-t-il. « Et juste après, j’y ai rencontré Skip The Youth qui ont été complètement fous. Mad Bastard m’a dit "j’aimerais bien que tu remixes un vieux titre à nous", il a dit oui pour faire une nouvelle version. Il m’a dit "fais ce que tu veux" et c’est devenu ce fameux titre "Ghost". »
« Voir des gens payer pour venir me voir, c’est fou »
Malgré les années de carrière, Mosimann garde un regard presque étonné sur son succès. « Le plus fou pour moi aujourd’hui, c’est de me dire qu’il y a des gens qui achètent des tickets pour venir me voir ». Et des billets, il en a vendu. Après avoir sold out un premier Zénith de Paris qui aura lieu le 17 octobre prochain, l’artiste a annoncé une nouvelle date le 18, sold out aussi.
Derrière chaque billet, il imagine tout ce que cela implique. « Moi, je sais ce que ça me coûte d’aller sur un site, de prendre un ticket, de réserver une date. Parfois, les gens doivent faire garder leurs enfants ».


















