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Quels sont les bons gestes à adopter pour bien attacher les enfants en voiture ?

Près de deux enfants sur trois mal attachés en voiture… Quels sont les bons gestes à adopter ?

securite routiereSelon une récente étude de l’association Prévention routière, près de deux enfants sur trois sont mal attachés en voiture en France. Des négligences qui peuvent avoir des conséquences dramatiques
Le crash test des siéges bébés au Mondial de l'auto
Clio Weickert

Clio Weickert

L'essentiel

  • Près de deux enfants sur trois sont mal attachés en voiture en France, alerte l’association Prévention routière dans une étude dévoilée jeudi.
  • En 2024, 46 enfants ont perdu la vie sur les routes française, selon l’observatoire national interministériel de Sécurité routière (ONISR). Soit près d’un décès par semaine. 14.000 ont été blessés, dont 700 gravement.
  • Bien positionner le siège et les sangles, retirer le manteau… « 20 Minutes » vous propose de passer en revue les bons gestes à adopter pour la sécurité des enfants en voiture.

Près de deux enfants sur trois sont mal attachés en voiture en France. C’est ce que révèle la récente étude OURSE (Observer sur les Routes la Sécurité des Enfants) menée par l’association Prévention routière et dévoilée jeudi.

Des négligences qui peuvent avoir des conséquences dramatiques en cas d’accident et provoquer des blessures graves, les plus sévères concernant la tête (54 %), la colonne vertébrale (15 %) et le thorax (13 %).

Les erreurs fréquentes ? Un mauvais ajustement du harnais ou encore une ceinture vrillée ou insuffisamment serrée… Autant de paramètres dont les automobilistes n’ont pas forcément conscience. Ainsi, près de 78 % des accompagnateurs estimaient que leur enfant était correctement installé au moment de l’enquête menée par l’association. 20 Minutes vous propose de passer en revue les bons gestes à adopter (et les choses à éviter) pour la sécurité des enfants en voiture.

Choisir le bon siège adapté à l’enfant (et à sa taille)

A commencer par choisir le bon dispositif pour son enfant qui, jusqu’à l’âge 10 ans, « doit obligatoirement voyager dans un siège auto adapté à son âge et à sa morphologie », rappelle le site de la Sécurité routière. Passé cet âge, l’enfant doit être attaché, comme tous les autres passagers, par une ceinture de sécurité. Mais comment ça se choisit un siège ? S’agit-il d’une question d’âge, de poids ?

De la naissance à 15 mois – et 83 cm de taille minimum –, les tout-petits doivent être installés « impérativement » dos à la route, « préférentiellement » dans un siège à coque adapté à leur taille et à leur poids.

Ensuite, la taille du bambin devient un critère primordial. « C’est une question d’adéquation du siège avec l’enfant et avec le véhicule », précise ainsi Christophe Ramond, directeur des études et recherches de l’association Prévention routière. Par ailleurs, la dernière norme en vigueur R129, lancée en 2013, classe désormais les sièges selon la taille et non plus le poids.

De son côté, l’association Prévention routière recommande des sièges baquet (avec harnais ou bouclier) jusqu’aux 105 cm de l’enfant, puis des rehausseurs jusqu’à 135 cm.

Les préconisations de l'association Prévention routière.
Les préconisations de l'association Prévention routière.  - Association Prévention routière

Dans tous les cas, sièges et rehausseurs doivent obligatoirement être homologués. L’association rappelle également l’importance de bien lire les notices des sièges qui ne s’installent pas tous de la même façon (et qui rendent zinzin les parents).

Le dos à la route jusqu’à 15 mois, minimum

Pour les enfants de moins de 15 mois, la question ne doit pas se poser : leur siège doit être placé dos à la route (et de préférence à l’arrière du véhicule). En cause, une histoire de morphologie.

« Les enfants les plus jeunes ont une tête assez grosse proportionnellement au corps et toute la colonne vertébrale n’est pas encore dans sa structure définitive et sa résistance. Les enfants étant dos à la route, le siège va accueillir la tête en cas de décélération, explique Stéphane Buffat, directeur du Lab (Laboratoire d’accidentologie et de biomécanique). S’ils sont face à la route, la tête va potentiellement faire un mouvement de flexion et cela peut entraîner des lésions. Si en plus, les enfants sont mal attachés, ils vont pouvoir avancer et potentiellement heurter le siège. »

Votre enfant a plus de 15 mois ? N’abandonnez pas pour autant le dos à la route. En effet, l’association Prévention routière recommande de poursuivre cette position au-delà si possible, certains fabricants proposant des sièges adaptés aux plus grands.

Pourquoi il faut enlever les manteaux des enfants

Parce qu’on a peur qu’ils attrapent froid ou parce qu’on est parfois très pressé, on laisse souvent les enfants monter en voiture avec leur doudoune… Et c’est une erreur importante.

Il faut impérativement enlever les manteaux ou toute couche épaisse de vêtements avant d’installer les petits (ça vaut aussi pour les grands) dans les sièges auto. La raison est double : d’une part, l’épaisseur du tissu va empêcher de serrer le harnais ou de disposer la ceinture au plus près du corps. Cela crée du jeu et l’enfant est donc moins maintenu en cas de choc. D’autre part, il y a aussi la possibilité que le harnais glisse plus facilement sur les côtés des épaules et les découvre.

« Il y a un risque de projection en cas d’accident, le buste de l’enfant risque de partir », souligne Christophe Ramond de la Prévention routière. La tête de l’enfant peut ainsi heurter le siège de devant ou subir également des lésions abdominales.

Attention au placement du harnais et de la ceinture

Plus globalement, le mauvais positionnement des sangles sur l’enfant compte parmi les erreurs les plus fréquentes. « On peut voir beaucoup de harnais en dehors des épaules pour plein de raisons : parce qu’on l’a mal attaché et donc il passe complètement dans le dos. Ou alors on ne l’a pas du tout serré et l’enfant se dégage lui-même du harnais », observe Christophe Ramond.

Le harnais doit donc être toujours positionné sur les épaules et ajusté au plus près du corps de l’enfant. « Si on arrive à pincer la sangle ou à passer plusieurs doigts entre elle et le corps, c’est que ce n’est pas bon », insiste le directeur des études de l’association Prévention routière.

Un mannequin de jeune enfant dans un siège dos à la route.
Un mannequin de jeune enfant dans un siège dos à la route.  - Association Prévention routière

Si les sangles ne doivent pas non plus vriller, il en va de même pour les ceintures (avec rehausseurs ou non), souvent mal positionnées. Et là encore, les risques sont multiples… Par exemple, une ceinture placée trop haut sur le ventre peut provoquer des lésions internes graves.

Elle doit donc se situer au niveau du bassin et du haut des cuisses. Au niveau du buste, la ceinture doit passer, à plat, sur l’épaule de l’enfant, et non sur le cou. De même, attention à ne pas positionner la ceinture au-dessus des accoudoirs lorsque l’enfant est dans un rehausseur.

Une « vigilance de tous les instants »

Parfois un peu fastidieuses, mais primordiales, ces installations et vérifications doivent être faites avant chaque démarrage. Et si possible tout au long du trajet. « On regarde à l’arrière, on vérifie de temps en temps que l’enfant n’a pas bougé, qu’il n’a pas retiré les bras… C’est vraiment une vigilance de tous les instants », souligne la Prévention routière.

L’association conseille aussi vivement d’impliquer les enfants dans cet apprentissage de la sécurité, notamment ceux qui savent s’installer tout seuls. « Ce n’est pas inné de savoir s’attacher en voiture. Il faut donc expliquer à l’enfant pourquoi il faut le faire à chaque fois, même sur les petits trajets, et comment le faire correctement ».

Isofix ou pas Isofix ?

C’est le nom de la nouvelle fixation imposée par la norme R129 depuis 2013. Intégrés aux sièges auto, des clips métalliques viennent se clipser directement dans la banquette du véhicule. En France, ce système est obligatoire depuis 2005 sur les nouveaux modèles de voitures et depuis 2011 sur tous les véhicules qui sortent de l’usine.

Mais pourquoi ce système est-il recommandé ? Parce qu’il réduit les erreurs d’installation. « Ce qu’on a vu dans les enquêtes précédentes, c’est que lorsqu’on avait des sièges qui s’installent uniquement avec la ceinture, il y avait énormément d’erreurs avec des ceintures qui ne passent pas au bon endroit. Il y a donc des risques de bascule importants et même des éjections du siège auto avec l’enfant à l’intérieur », explique Christophe Ramond de l’association Prévention routière.

Attention toutefois au 3e point d’ancrage de la fixation Isofix que les automobilistes oublient régulièrement. Il s’agit d’une jambe de force à l’avant du siège ou d’une sangle à fixer à l’arrière.