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Comment repérer de futurs comportements violents sur une appli de rencontre
prévention

Comment repérer les comportements violents et problématiques sur les applis de rencontre ?

L’application de rencontre Happn s’associe à l’application d’entraide THE SORORITY pour une campagne de sensibilisation aux violences relationnelles auprès des célibataires
Victoria  Berne

Victoria Berne

L'essentiel

  • L’application de rencontre Happn s’associe à l’association THE SORORITY pour lancer la campagne de sensibilisation « SafeCrush ».
  • La campagne intègre des écrans de sensibilisation dans l’application avec des messages sur le respect, le consentement et les comportements toxiques.
  • Cette initiative vise à décloisonner le sujet des violences relationnelles et rappeler que dans 80 % des cas, la personne qui commet les violences est quelqu’un que l’on connaît.

Ce 25 novembre, journée internationale de l’élimination des violences à l’égard des femmes, l’application de rencontre Happn s’associe à l’association THE SORORITY et dévoile une campagne de sensibilisation aux violences relationnelles. Une initiative qui s’appuie sur une enquête et des chiffres qui révèlent une réalité encore trop ignorée : les signes de violences sont remarquables des fois dès le début de relation - dès les premières discussions - et les applications de rencontre ne sont pas en dehors du sujet.

Avec ce partenariat « SafeCrush », lancé au sein d’Happn, les deux organisations veulent apprendre aux célibataires à repérer les signaux d’alerte : ces comportements qui paraissent anodins mais qui peuvent mener à des relations dangereuses. Et surtout rappeler qu’en matière de protection, personne ne doit être seul.

Ce que disent les chiffres : entre méconnaissance et zone grise

Selon une étude Happn menée auprès des célibataires, les conclusions sont sans appel : près d’un célibataire sur deux (45 %) a conscience que des signes de violence peuvent apparaître dès le début d’une relation. Pourtant, 29 % ne sauraient pas les reconnaître. Le paradoxe est révélateur d’une confusion générale. Pour 45 % des célibataires, il est difficile d’identifier les premiers signes car cela commence souvent de manière subtile, et pour 26 %, la frontière entre séduction et toxicité demeure floue.

Face à cette zone grise, parler de comportements ou signes évocateurs de violence lors d’une nouvelle rencontre est difficile. Pour 28 % des célibataires, cela reste encore trop tabou, et plus d’un sur deux (52 %) n’ose pas parler à son entourage de peur d’être influencés et de mettre fin à la relation. Ce silence est d’autant plus marqué chez la GenZ : seules 4 % des femmes de 18 à 25 ans trouvent facile d’aborder ces sujets avec leur entourage, contre 30 % des femmes de plus de 36 ans. Pour Claire Rénier, directrice communication chez Happn, cela révèle « un vrai décalage entre les conversations sociétales qui s’ouvrent et la réalité vécue par les utilisateurs ». Les applis voient passer des millions de rencontres, mais aussi des personnes vulnérables, et « ne peuvent plus être aveugles ni sourdes sur ces sujets ».

Priscillia Routier Trillard fondatrice de THE SORORITY, témoigne d’une donnée essentielle : « Dans 80 % des cas, la personne qui commet les violences est quelqu’un que l’on connaît. Dans une relation intime, c’est encore plus difficile d’en parler, parce que tout le monde autour semble minimiser ce qui se passe ». Il paraît d’autant plus important de percevoir les comportements très tôt (intrusion, isolement, menaces, jalousie), qui bout à bout, dessinent une mécanique d’emprise et de violence.

Un partenariat inédit pour la prévention

Si l’association peut de prime abord surprendre, elle prend tout son sens. L’enquête témoigne en effet que 59 % des célibataires affirment qu’ils aimeraient que les applications de rencontre sensibilisent mieux à ces sujets. Happn s’en est saisi depuis plusieurs années : formations de leur équipe, campagne sur le consentement, campagne sur le droit de vote des femmes, cours de rattrapage à la vie affective et sexuelle… Et avec l’association THE SORORITY, travailler ensemble a été une évidence.

Pour cette campagne, les utilisateurs d’Happn voient apparaître, depuis déjà une semaine, des écrans de sensibilisation intégrés dans la timeline avec des phrases fortes autour du respect, du consentement et des comportements toxiques. « Il y a aussi un profil sponsorisé. Quand les gens interagissent avec, ils reçoivent automatiquement un petit message qui explique pourquoi on leur parle de ce sujet. Et si elles souhaitent en savoir plus ? Elles peuvent alors consulter une page Web entièrement consacrée à ce sujet. » explique Claire Rénier.

Message s'affiche directement lorsqu'un utilisateur est sur Happn.
Message s'affiche directement lorsqu'un utilisateur est sur Happn.  - Happn

Ce que souhaite Priscillia Routier-Trillard : « Décloisonner totalement le sujet. Arrêter de faire peser sur la victime la responsabilité d’identifier, de comprendre, de réagir. C’est à la société entière de se mobiliser. » Avec cette première campagne, préambule d’un partenariat à long terme, THE SORORITY vient apporter son expertise en matière d'identification, de prévention et de réaction face aux violences. Cette application rassemble une communauté de 304.000 personnes prêtes à intervenir en cas de violence, d’isolement ou de harcèlement.

Déjouer les violences dès le début : un enjeu collectif

Car oui : une relation violente ne commence pas quand on emménage ensemble ou lors du mariage rappelle Priscillia Routier-Trillard : « Les comportements d’emprise naissent souvent dès les premières discussions, dès les premiers rendez-vous. ». Elles sont là, dès fois dès le début, dès les premières conversations, dès les premiers rendez-vous et touchent aussi les plus jeunes. Si Happn rappelle qu’une application ne peut pas protéger entièrement ses utilisateurs, elle peut néanmoins prendre toutes les précautions possibles pour les prévenir, les rendre visibles et lutter contre les violences lorsqu’elles surviennent.

Côté sécurité, la plateforme a déjà mis en place : la certification vidéo, pour vérifier l’identité d’un profil ; le signalement renforcé, même sans match ; un service client formé aux violences sexistes et sexuelles ; une coopération directe avec la police en cas de réquisition. « Notre rôle, c’est d’ouvrir le dialogue, de rappeler ce qu’est une relation saine, et de ne jamais se dire que le travail est terminé », souligne Claire Rénier.

En s’associant dans cette campagne de prévention, les deux applications pointent du doigt le fait que les violences faites aux femmes sont présentes dans tous les moments de leur vie. Elle concerne aussi la façon dont on rencontre, dont on se parle, dont on s’attache. Et surtout, elle concerne tout le monde.