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Roland-Garros 2025 : « Elle va pouvoir rêver encore plus grand »… Pour Loïs Boisson, ce n'est que le début
Tennis•Après un parcours incroyable, Loïs Boisson a été sortie en demi-finale de Roland-Garros. Elle va désormais basculer dans un autre mondeAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Loïs Boisson, joueuse française méconnue, a réalisé un parcours exceptionnel à Roland-Garros en atteignant la demi-finale, ce qui va lui permettre de faire un bond de 300 places au classement mondial et de découvrir de nouveaux tournois prestigieux.
- La joueuse va devoir s'adapter rapidement à de nouvelles surfaces comme le gazon de Wimbledon, mais son entourage reste confiant sur ses capacités d'adaptation, son entraîneur Florian Reynet déclarant : « Elle a le potentiel pour vraiment bien jouer sur le gazon, même si elle n'a jamais joué dessus. »
- Cette nouvelle notoriété va apporter son lot de changements dans la vie de Loïs Boisson, avec des sollicitations médiatiques et de sponsors, mais Amélie Mauresmo reste optimiste : « Je n'ai pas l'impression que ça va changer beaucoup de choses pour elle. J'ai plutôt la sensation qu'elle reste les pieds sur terre. »
De notre envoyé spécial à Roland-Garros,
La France s’y voyait déjà, samedi, en train de fêter la nouvelle reine de la terre battue. Vingt-cinq ans d’attente pour voir une quasi-inconnue terrasser l’ensemble du circuit féminin pour décrocher, dès son premier Roland-Garros, le titre suprême. Le pays a rangé les bouteilles de champagne et repoussé d’au moins un an le défilé sur les Champs-Elysées. Après avoir humilié certaines des meilleures joueuses du monde, Loïs Boisson s’est arrêtée en demi-finale jeudi soir face à l’Américaine Coco Gauff.
La fin d’un rêve, mais le début d’une magnifique nouvelle histoire. Classée au-delà de la 360e place mondiale avant d’entamer ces Internationaux de France, la Dijonnaise va effectuer un bon saisissant de 300 places, s’ouvrir la porte des meilleurs tournois, recevoir un énorme chèque, s’offrir une belle notoriété et découvrir un nouveau monde, loin des tournois de Saint-Gaudens, Sabadell ou Larnaca qu’elle fréquentait jusqu’alors.
Une première sur gazon
« Pour l’instant, on n’a pas du tout pensé à la suite, parce qu’on était dans le tournoi, a confié la nouvelle chouchoute du public français après sa défaite. La programmation va changer, ce ne sera pas celle qui était prévue au départ au vu du classement. » Loin de là même. Car Loïs Boisson, après quelques jours de repos, aussi bien mentalement que physiquement, va découvrir un deuxième tournoi du Grand Chelem, Wimbledon, à des années-lumière du soleil chypriote ou espagnol.
Si elle a demandé une invitation aux organisateurs anglais, elle pourrait, en cas de refus de nos perfides voisins, devoir se fader les qualifs, sans aucun tournoi de préparation sur herbe auparavant. Une première sur gazon qui n’effraie pas son coach Florian Reynet : « C’est sûr qu’elle ne pourra pas faire des glissades, mais son jeu s’y prête. Elle sert, elle a un super slice, elle est agressive en coup droit… Elle a le potentiel pour vraiment bien jouer sur le gazon, même si elle n’a jamais joué dessus. »
Même si elle est aussi optimiste que le technicien, Amélie Mauresmo, la directrice de Roland-Garros, préférait se montrer prudente : « Le jeu sur herbe, ce sont les adaptations, les petits ajustements, l’expérience, ce n’est pas simple. Si ça sourit, si ça marche, si elle surfe sur cette confiance, c’est top. C’est spécial, l’herbe. Mais c’est rigolo, du coup, il y a beaucoup de choses qu’elle va découvrir. »
Tournée et grands tableaux
Mais qui imaginait à l’époque Rafael Nadal, l’idole de Loïs Boisson et roi incontesté de la terre battue, venir garnir sa salle des trophées de deux Gentlemen’s Singles Trophy. « Maintenant, on voit bien que ce qu’on appelait des spécialistes de terre sont capables de jouer sur d’autres surfaces avec d’autres qualités, commente l’ancienne n°8 mondiale Nathalie Dechy. Laissez-la savourer, on verra après comment elle s’adapte aux autres surfaces, mais moi, je n’ai aucune inquiétude. »
Elle devra aussi s’adapter sur les surfaces dures extérieures, notamment lors de la tournée américaine, sur lesquelles elle n’a pas non plus ses habitudes. « Elle va découvrir plein de nouvelles choses, un peu tous les grands rendez-vous, les grands tableaux, les grosses tournées sur les gros tournois, se réjouit Pauline Parmentier, en charge des joueuses de plus de 15 ans à la FFT. Mais c’est pour ça qu’elle s’entraîne dur depuis toute petite. Elle a franchi un cap pour arriver à jouer ça. Elle va pouvoir rêver encore plus grand. Il y a vraiment tout à faire maintenant, c’est cool. »
Sans aucun point à défendre, en raison de sa grave blessure l’an passé, Loïs Boisson va ainsi pouvoir encore grimper tranquillement au classement, tout en s’habituant à affronter des joueuses très bien classées sur les meilleurs tournois du monde, comme celles qu’elle a battues durant cette épopée à Roland-Garros. « Chaque semaine, elle va jouer des filles tops, se félicite son entraîneur. Je n’ai pas de doute sur son niveau de jeu. Ça va lui permettre encore de travailler plein de choses. La confrontation au très haut niveau, elle rivalise, elle est dans le game. Après, il y a des points tactiques, des points techniques [à améliorer]. »
« C’est la vie qu’elle veut »
Florian Reynet abordera tout ça avec sa protégée dans quelques jours, histoire de la laisser retomber de cette quinzaine exceptionnelle. Car, dès ce vendredi, les sollicitations ne vont pas manquer. Elle devrait ainsi enchaîner les plateaux TV, sans oublier les sponsors qui vont s’intéresser de près à son potentiel. Deux sponsors l’ont d’ailleurs déjà rejoint en cours de route pendant ces Internationaux de France.
Toute l'actu de Roland-Garros« Je n’ai pas l’impression que ça va changer beaucoup de choses pour elle, prédit Amélie Mauresmo. J’ai plutôt la sensation qu’elle reste les pieds sur terre. Je pense qu’elle ne va pas trop s’éparpiller, car le risque, c’est ça. » A voir comment son coach et sa famille, qui n’ont répondu à aucune sollicitation médiatique pendant toute la quinzaine, l’ont protégée, il ne devrait pas y avoir de problème pour la suite de la carrière de la jeune française.
« Je pense que non, elle ne réalise pas tout à fait, expliquait Florian Reynet. Demain [ce vendredi], ça sera peut-être autre chose. Elle sera contente, c’est ce qu’elle veut aussi, c’est la vie qu’elle veut. Elle a tout fait pour en arriver là. C’est un côté qu’il va falloir aussi qu’elle apprenne. » Car il faudra bien être préparée de la tempête médiatique qui s’abattra sur elle lors de sa victoire à Roland-Garros en 2026.



















