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ll est Italien et il dégomme tous les joueurs français qu’il croise, pourquoi ?

Roland-Garros 2024 : « Je ne sais pas quoi vous dire », Matteo Arnaldi, la bête noire sympathique du tennis tricolore

TENNISL’Italien a confirmé son ascendant sur les joueurs français en s’imposant facilement face à Alexandre Muller au 2e tour (6-4, 6-2, 6-3)
Julien Laloye

Julien Laloye

De notre envoyé spécial,

Il est Italien, déjà 23 ans mine de rien, et une honnête place de 35e mondiale au dernier pointage. Peut-il faire mieux, au regard de son jeu de fond de court ultra solide et de qualité de déplacement ? Sans doute. Faut-il accepter pour autant qu’il se transforme en Djokovic prime dés qu’il voit un joueur français de l’autre côté du filet ? A 20 minutes, on s’y refuse.

8 victoires en 8 matchs

Pourtant, les faits sont têtus. En balayant Alexandre Muller en deux heures sur deux jours, Matteo Arnaldi a confirmé son statut officieux de bête noire du tennis tricolore : huit matchs sur le circuit principal, huit victoires. Et même en enlevant Arthur Fils, un cerveau dans lequel il possède désormais une propriété de plusieurs hectares (quatre victoires en quatre matchs), la liste des victimes a de quoi faire frissonner le pôle cold case du tribunal de Nanterre : Van Assche, Mayot, Barrère, auxquels on peut ajouter Paire et Humbert en challenger. Concernant Cazaux, la malédiction a même passé un cap supplémentaire. Le Toulousain s’est carrément pété la cheville en glissant sur la ligne de fond au tournoi de Barcelone, alors que les joueurs se tiraient la bourre.

De là à penser qu’Arnaldi a été élevé par une famille de francophobes qui n’a pas toujours pas digéré le but en or de Trezeguet, il n’y a qu’un pas que nous n’avons absolument pas osé franchir, gros lâches que nous sommes. En revanche, on est bien allés demander à l’Italien ce qu’il pensait de son bilan immaculé contre la glorieuse nation française.

« Oui j’ai appris ça après le match que j’ai joué contre Fils. Tous les sites disaient que j’étais à 7-0 contre les Français et comme j’allais jouer un autre joueur français… je ne saurais pas vous dire pourquoi, si ce n’est que ça ne me donne aucun avantage quand je rentre sur le court. Peut-être que j’aime jouer contre eux, je ne sais pas (rires) » »

Le tout balancé avec un grand sourire et une humilité sincère. Pour un type qu’on avait envie de détester, il n’y met vraiment pas du sien. D’ailleurs, on aurait pu penser qu’il allait rejoindre la team Goffin-Swiatek et se plaindre du public français puisque c’est la mode du moment, mais rien de tout ça. « Pour moi c’est normal. En Italie, tu joues devant ton public et ils te poussent, en France tu joues contre un Français, il a la foule avec lui. Pour être honnête je n’ai pas à me plaindre, ils n’ont jamais été irrespectueux avec moi sur les deux premiers tours. Ce n’était pas facile mais j’ai passé un bon moment, c’est une bonne chose de voir le court plein quand on joue ».

Muller était pourtant à 90% de réussite contre les joueurs italiens

Le court n°6 était en effet plein comme un œuf, et presque optimiste quand Muller et Arnaldi ont été arrêtés par la pluie à deux manches à rien pour l’Italien mais 2-0 et balle de double break pour le Français jeudi matin. Au retour ? Trois aces consécutifs et un cavalier seul jusqu’à la victoire d’Arnaldi. Pourtant, Alexandre Muller le sentait bien : « J’étais à 90 % de victoires contre les Italiens », en a souri le Français à la sortie du court. C’était avant de rencontrer la grande faucheuse du tennis tricolore.