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Alcaraz et Nadal prêts à jouer le Netflix Slam sur une jambe, de qui se moque-t-on ?

Netflix Slam : Alcaraz et Nadal prêts à jouer le match exhibition sur une jambe, de qui se moque-t-on ?

PAS CONTENTA peine sorti du tournoi de Rio sur blessure, Carlos Alcaraz pense déjà au match d’exhibition contre Rafael Nadal. Idem pour Rafa, qui se remet d’une blessure à la hanche et semble accorder de l’importance à cette affiche sans intérêt sportif
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Carlos Alcaraz a déclaré forfait sur blessure à Rio de Janeiro au bout de deux jeux contre Thiago Monteiro. L’Espagnol attend de passer des examens et espère s’en sortir avec une blessure mineure
  • L’Espagnol entend jouer le Netflix Slam contre Nadal, le 3 mars, un match d’exhibition auquel les deux hommes semblent accorder une importance exagérée dans un calendrier déjà bien garni, surtout compte tenu de leurs situations physiques respectives
  • Carlos Alcaraz avait terminé 2023 usé physiquement et mentalement, et brille par son incohérence : friand d’exhibitions, il se plaint du calendrier chargé de l’ATP

Le Netflix Slam entre Carlos Alcaraz et Rafael Nadal, prévu le 5 mars à Las Vegas, va-t-il se transformer en exhibition de tennis fauteuil ? Le numéro 2 mondial est sorti sur blessure du tournoi de Rio de Janeiro ce mardi sur une adaptation très fidèle du blocage de pied de Zverev à Roland-Garros, dès le troisième point de son match contre Thiago Monteiro. « J’ai senti une douleur, en tombant, et je savais que ça serait difficile de reprendre, a déclaré Alcaraz en conférence de presse. Le kiné m’a encouragé à reprendre pour voir quelles étaient mes sensations. Mais j’avais mal. C’était impossible de continuer et ça allait empirer si j’insistais. »

Le double-vainqueur en Grand Chelem a donc déclaré forfait à 1-1. Le kiné de l’ATP l’a rassuré, pariant sur un pépin physique mineur. Le joueur « attend de passer des examens pour voir si c’est sérieux ou pas. » Et espère être sur pied pour l’exhibition à Vegas, qui sonne comme une priorité à ses yeux alors que le Masters 1000 d’Indian Wells ouvrira ses portes une poignée de jours plus tard.

Un peu gênant et dans la droite lignée du tweet de Rafael Nadal pour annoncer son forfait au tournoi de Doha. Le 652e mondial s’était excusé de ne pas s’être remis à temps de sa déchirure à la hanche tout en affichant un enthousiasme pour les prochaines échéances : « l’exhibition à Las Vegas et l’incroyable tournoi d’Indian Wells », événements d’importance égale si on en croit ce message. Après tout, Indian Wells n’est qu’un pauvre Masters 1000 avec une mince dotation de 19 millions de dollars, dont 1,1 pour le vainqueur. Pas de quoi arrondir une fin de mois.

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Mais dis Jamy, c’est quoi ce Netflix Slam ?

Comme son nom l’indique, un gala organisé et diffusé par la plateforme de streaming. Le match se jouera à 21h heure française, au sein de la Michelob Ultra Arena, sise dans le Mandalay Bay Resort de Las Vegas. Un numéro de cirque présenté comme l’occasion de réunir les deux meilleurs Espagnols, qui n’ont jusqu’ici pu s’affronter que trois fois (2-1 pour Rafa), mais surtout une nouvelle occasion pour Netflix de s’affirmer sur le marché du sport de haut niveau. A ne pas confondre avec le 6 Kings Slams organisé en Arabie saoudite et où Nadal et Alcaraz sont également têtes d’affiche (au côté de Novak Djokovic, notamment). Un tournoi pour du beurre, et l’argent du beurre : six millions de dollars pour le vainqueur.

Se plaindre du calendrier mais jouer des exhibitions, le paradoxe Alcaraz

Ces évènements, aussi rémunérateurs soient-ils, entrent directement en collision avec les agendas des deux hommes. A moins que Nadal appréhende son nouveau job – très discutable d’un point de vue moral – d’ambassadeur sportif de l’Arabie saoudite comme partie intégrante de sa tournée d’adieu 2024. Un point de vue que ne partagent pas à coup sûr les aficionados du tennis qui lui imaginaient plutôt une fin en apothéose à Roland et aux JO, ses deux objectifs majeurs. Le chant du cygne de Nadal devait suer la passion pour la balle jaune, loin des distractions nourries par son académie et des opérations sponsors, auxquelles viennent donc s’ajouter des exhib à la noix.

La déprime d'Alcaraz, allégorie
La déprime d'Alcaraz, allégorie - Gustavo Garello/AP/SIPA

Alcaraz, lui, est d’autant plus impardonnable dans l’approche de son calendrier qu’il paraît au bord du burn-out. Il l’avait confessé après sa défaite contre Zverev lors du Masters de Turin, « je suis fatigué mentalement » après une « saison très fatigante ». Plus récemment, il a vivement critiqué les rythmes imposés aux joueurs par l’ATP. « Le calendrier ATP est trop exigeant. Si vous commencez votre saison par le premier tournoi de l’année, vous partez déjà le 25 ou 26 décembre. Et vous ne terminez qu’au début du mois de décembre suivant. C’est presque un an de tournois et de voyages non-stop. C’est trop exigeant. Je ne sais pas s’il y a une solution, peut-être ne pas rendre autant de tournois obligatoires. » Une requête légitime qui perd du poids à mesure que Carlitos participe à des tournois en bois.