ATP : Zverev échappe (étrangement) à une grosse sanction après son coup de sang à Acapulco

LUCKY LOSER Alexander Zverev s’en sort très, très bien en n’écopant "que" d’une suspension de huit semaines avec sursis après son coup de sang hallucinant à Acapulco

A.L.G. avec AFP
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Zverev écope de huit semaines de suspension avec sursis après son pétage de câble à Acapulco.
Zverev écope de huit semaines de suspension avec sursis après son pétage de câble à Acapulco. — Marcos DOMINGUEZ / Abierto Mexicano de Tenis / AFP

Il n’a pas pris du ferme. Exclu du tournoi d'Acapulco pour avoir frappé à plusieurs reprises la chaise de l’arbitre avec sa raquette lors d’un match de double, le N. 3 mondial Alexander Zverev a écopé de deux mois de suspension avec sursis par l’ATP, mardi. Clairement, l’Allemand s’en sort (très, très) bien.

« Le vice-président en charge du règlement et des compétitions de l’ATP, Miro Bratoev, a terminé son examen approfondi de la conduite antisportive d’Alexander Zverev à Acapulco et jugé qu’il avait eu un comportement aggravé, selon les termes du code disciplinaire » que doivent respecter les joueurs, introduit le communiqué de l’instance.

Zverev va devoir se faire discret

Dans un premier temps, le circuit masculin avait sanctionné l’Allemand d’une amende de 40.000 dollars (35.600 d’euros) et l’avait privé de ses gains au Mexique (31.570 dollars soit 28.160 euros) ainsi que des points acquis au classement pour les simples et les doubles disputés.

Depuis, Zverev s’est vu infliger une amende supplémentaire de 25.000 dollars (23.000 euros) et une suspension de huit semaines de toute compétition organisée par l’ATP, deux sanctions toutefois données avec sursis, avec une période de probation se terminant le 22 février 2023, soit un an après l’incident survenu à Acapulco, précise l’ATP. S’il évite pendant un an toute nouvelle conduite antisportive, Zverev verra ses sanctions levées, sans quoi elles s’appliqueront après épuisement de toute procédure d’appel, conclut l’instance.

Un sursis qui passe mal

Au terme du match de double perdu avec le Brésilien Marcelo Melo, contre le Britannique Lloyd Glasspool et le Finlandais Harri Heliövaara, il était sorti de ses gonds, frappant à trois reprises la chaise de l’arbitre, avant de s’asseoir puis de se relever pour l’insulter et donner un dernier coup de raquette.

Exclu du tournoi, le médaillé d’or olympique à Tokyo avait « demandé pardon », affirmant sur Instagram avoir « présenté ses excuses en privé à l’arbitre de chaise » après son accès de colère « inacceptable ». Son comportement avait été notamment condamné par Rafael Nadal, Novak Djokovic et Andy Murray.

« Je serais probablement en prison, si je faisais ça », a de son côté lancé samedi sur CNN Serena Williams, rappelant qu’en 2009 à l’US Open, elle avait dû payer une amende de 175.000 dollars et subir une mise à l’épreuve de deux ans après avoir menacé une juge de ligne. La sanction de l’ATP annoncée mardi ne devrait pas être de nature à la satisfaire, pas plus que l’ancienne joueuse Pam Shriver, une des premières à réagir.


« Nommez un autre sport qui ne protégerait pas ses officiels, physiquement attaqués et intimidés par un sportif, en lui infligeant un sursis plutôt qu’une suspension ferme ? Qu’est-ce qui m’échappe ? », a tweeté cette dernière. La plus grosse sanction disciplinaire de l’ATP avait été infligée en 2019 à l’Australien Nick Kyrgios, qui avait écopé de 16 semaines de suspension avec sursis après s’en être pris verbalement à un arbitre et avoir fracassé deux raquettes au Masters de Cincinnati. Comment dit-on « deux poids, deux mesures » en Allemand, déjà ?