Disparition de Peng Shuai : La WTA demande une enquête « équitable et sans censure »

TENNIS La joueuse chinoise a disparu après avoir accusé de viol un ancien haut dirigeant chinois

W.P, avec AFP
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Shuai Peng
Shuai Peng — EPN/Newscom/SIPA

Dans l’affaire Peng Shuai, la WTA sort enfin du silence. Alors que le monde du tennis s’inquiète du sort de la joueuse chinoise, qui a disparu après avoir accusé un dirigeant de viol, la WTA a réagi dimanche dans un communiqué et par la voix de son patron, Steve Simon. Ce dernier demande à la Chine de traiter avec le plus grand sérieux « les accusations de l’ancienne numéro 1 mondiale en double » et « que justice soit faite ».

« Nous attendons que cette question soit traitée correctement, ce qui signifie que les allégations doivent faire l’objet d’une enquête complète, équitable, transparente et sans censure », a insisté Steve Simon, sans toutefois faire référence au fait que la joueuse n’avait pas réagi ou fait d’apparition publique depuis une dizaine de jours. Cité par le NY Times, le patron de la WTA croit savoir que Peng Shuai se trouve à Pékin « en sécurité », sans toutefois pouvoir confirmer l’information de membres de la fédération chinoise, n’ayant pas « parlé directement » avec la joueuse.

Le monde du tennis inquiet

« Oui, ces accusations sont très inquiétantes. Je connais Peng depuis qu’elle a 14 ans, nous devrions tous être inquiets, c’est grave, où est-elle ? Est-elle en sécurité ? Toute information serait appréciée », a réagi dimanche l’ex-championne américaine Chris Evert sur Twitter.

La Française Alizé Cornet a également relayé samedi sur son compte Twitter le message #WhereIsPengShuai («Où est Peng Shuai ? »), en ajoutant « ne restons pas silencieux ». « Je ne peux pas croire que ce genre de choses arrive au XXIe siècle », a aussi déploré le Britannique Liam Broady, derrière le même mot-dièse #WhereIsPengShuai.

« Le fait que Peng Shuai ait disparu n’est pas seulement le problème de la WTA », a ajouté de son côté, toujours sur Twitter, le Français Nicolas Mahut : « Nous sommes tous concernés ».

Un message rapidement censuré

Des centaines d’anonymes ont aussi repris le hashtag #WhereIsPengShuai, notamment pour blâmer le silence de la Fédération internationale (ITF). L’ancienne N.1 mondiale en double Peng Shuai, 35 ans, a accusé sur les réseaux sociaux un ancien haut dirigeant communiste de l’avoir contrainte à une relation sexuelle, avant d’en faire sa maîtresse.

Cette accusation explosive avait été brièvement postée le 2 novembre sur le compte Weibo (un équivalent de Twitter) officiel de la joueuse spécialiste du double. Dans un long texte, Peng Shuai affirmait avoir eu, il y a trois ans, un rapport sexuel forcé avec l’ancien vice-Premier ministre Zhang Gaoli, qui a été de 2013 à 2018 l’un des hommes politiques les plus puissants de Chine.

Si la censure avait rapidement fait disparaître le message de l’internet chinois, des captures d’écran s’étaient néanmoins répandues comme une traînée de poudre. Depuis la joueuse n’a pas communiqué ou fait d’apparition publique, et Zhang Gaoli n’a pour sa part jamais réagi publiquement à ses accusations.