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Coupe Davis : Has been, trop loin du tennis ou des joueurs, Yannick Noah répond aux critiques
TENNIS•Le nouveau capitaine de l’équipe de France de Coupe Davis s’est longuement expliqué devant la presse mardi…Julien Laloye
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
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Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
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Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
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« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
>> A lire - Travailler avec Yannick Noah ? Gilles Simon en est « impatient »
Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».
Le silence était respectueux. L’attente presque solennelle. Même quand on n’avait pas l’âge d’avoir vu Yannick Noah battre Mats Wilander quelques mètres plus bas, il y avait un peu d’une apparition messianique dans la salle de presse du court central de Roland Garros. Quelque chose de Zidane reprenant l’équipe de France de foot au bord du gouffre dans quelques années, certainement. Le dernier recours du tennis français pour faire gagner quelque chose à ses quatre mousquetaires a plané au-dessus de l’assemblée, délivrant ses préceptes à une foule qui avait l’impression de rajeunir avec lui. Il a pris le temps, beaucoup de temps, pour répondre aux critiques qui entourent son retour.
Il ne connaît plus rien au tennis
« Trop loin du circuit », « là sans être là », « pas intéressé par le jeu », voilà ce qu’on dit de Noah dés qu’il remet son grain de selle dans l’affaire. Le coach de Lucas Pouille, à qui il donne un coup de main de temps en temps, avait cafté en mai : « Yannick n’arrête pas dire qu’il est nul en technique, on n’attend pas de lui cette compétence ». Le nouveau capitaine des Bleus a tenté de prouver qu’il suivait encore le jeu. « J’ai passé beaucoup de temps avec Becker à parler de Djokovic, j’ai parlé à Chang, à Edberg, je me régale à échanger avec Mc Enroe… Je pense connaître le tennis, vraiment ».
C’était moyennement convaincant, pour tout dire, mais l’homme a rappelé qu’il ne connaissait rien au tennis féminin avant de faire gagner la Fed Cup à la France en 97. Et il ne cache pas que pour lui, ce n’est pas une affaire de puissance au service et de technique en coup droit : « Je vais pas dire à Gilles "pense à plier tes jambes sur une 2e balle" c’est pas mon truc ça ». Incidemment, ça nous a fait repenser à Guy Forget en train de dire à Paul Henri Mathieu de jouer lifter lors de la finale 2002 contre Youzhny. L’ex-capitaine ne comptait peut-être pas en arriver là non plus.
On l’a imposé aux joueurs
« Ce qui s’est passé est au mieux maladroit, au pire vraiment irrespectueux. » Voilà comment les joueurs, représentés par Simon, ont commenté le renvoi d’Arnaud Clément. Cela ne veut pas dire qu’ils ne voulaient pas de Noah. Ce dernier a d’ailleurs lourdement insisté sur la position du sauveur : il ne revenait que pour faire l’unanimité, « et même plus que ça ». « Je suis ressorti très motivé parce qu’après les différentes conversations, j’ai le sentiment qu’on peut s’améliorer. J’ai cet espoir fou de réorganiser un certain nombre de choses. Je n’aurais pas pu vous répondre de la même manière si je n’avais pas parlé aux joueurs ».
Ceux-ci, après des années à rentrer sur le court plus ou moins quand ils voulaient, auraient accepté de bonne grâce de rentrer dans le cadre beaucoup plus strict de Noah, où son charisme doit suffire à en faire le général en chef. «On a fixé un cadre, et le joueur qui en sort sera exclu du groupe. Cette génération est en train de passer, il y a une urgence. Ce sont des joueurs qui n’ont jamais connu d’autres modes de fonctionnement. Je pense que l’autorité a manqué ».
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Son discours est has been
Yannick Noah et son aura presque magnétique de manager sont nés d’un malentendu. Celui de 91, de la soirée dans les bouchons lyonnais à prendre les ondes positives avec Henri Leconte alors qu’il y avait match le lendemain, et du Saga Africa du dimanche dans un palais des sports de Gerland embrasé. Depuis, Noah a l’image d’une sorte de sorcier africain hypnotisant ses troupes pour les mener à la victoire où à la catastrophe.
Lui a tenu à s’éloigner de cette réputation de gourou: «Au début, j’avais un ascendant sur les joueurs parce que je les battais tous, j’étais leur grand frère, leur ami, c’était beaucoup basé sur l’affectif, c’est vrai. Mais en 96 c’était différent : Je ne connaissais pas les joueurs (Pioline, Boetsch), mais je me suis adapté et on a battu des équipes nettement plus fortes. Au début on a des convictions, mais il faut faire attention aux certitudes, je me remets en question. Les joueurs sont des champions, ils ont un ego hypersensible, il faut gérer ça, mettre ces egos au service de notre objectif ».
Il est trop occupé pour le poste
On apprécie – ou pas – le Noah chanteur, on connaît le Noah américain, capable de prendre l’avion sur coup de tête pour aller voir son fils Joakim jouer avec Chicago, mais on a perdu l’habitude du Noah concerné par le tennis, en dehors de 2/3 jours pendant Roland-Garros. Bon, le dernier vainqueur français en Grand Chelem n’a pas fait semblant de nous faire croire qu’il allait passer sa vie sur l’appli ATP à suivre les résultats des Français au tournoi de Bangkok.
« J’ai toujours eu pour priorité de garder mon discours pour la semaine de la Coupe Davis, pour qu’il soit plus intense. Attendre que les joueurs sortent du massage dans le players lounge, ce n’est pas moi. Il y aura dans mon staff des gens qui me rendront compte sur les résultats et leur état physique ». Au moins a-t-il garanti qu’il ne serait pas pris par un concert le soir du premier tour, en mars prochain. « Dans mon autre vie, il y a la préparation d’un album, la promotion, ça me prend 6 mois, ensuite la tournée. Là j’ai terminé ce cycle avant-hier. Pendant la phase qui vient, ça peut être 1 an, 2 ans, 3 ans, je suis tennis à 100 % ».


















