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Coupe Davis: Richard Gasquet, tout sauf «une roue de secours»?

Coupe Davis: Richard Gasquet, tout sauf «une roue de secours»?

TENNISLe Biterrois, en retrait cette saison, a l’occasion de se révéler face à la République tchèque à Roland-Garros dans une épreuve où il n’a jamais brillé…
Julien Laloye

Julien Laloye

Cette fois, il ne pourra pas se contenter d’envoyer des textos depuis le bord du terrain. Ni se cacher derrière une blessure diplomatique pour esquiver la corvée en douce. Richard Gasquet a été envoyé au feu dès vendredi pour se coltiner Tomas Berdych, avant d’enchaîner probablement avec le double, et soyons fous, un cinquième match décisif dimanche. Il paraît même qu’il en a envie. Une «envie débordante», précise Arnaud Clément, comme pour convaincre les sceptiques. Plus envie en tout cas que Gaël Monfils. «Je le sentais pas trop de jouer vendredi, plaide le récent quart de finaliste de l’US Open. Ca me laisse plus de temps pour me sentir mieux. On a réfléchi en équipe, et on s’est dit que c’était mieux Si Richard y allait».

«Pensez-vous que je le considère comme une roue de secours?»

Comprendre qu’Arnaud Clément n’a pas eu le choix et que Gasquet, toujours entre deux blessures cette saison, ira à reculons? «Il a très bien travaillé pendant dix jours et il a un bilan positif face à Berdych, s’énerve le capitaine des Bleus. Pensez-vous sérieusement que je considère Gasquet comme une roue de secours dans cette équipe?» Peut-être pas tout à fait comme une roue motrice quand même. Depuis ses débuts dans l’épreuve… en 2005, le Biterrois n’a jamais semblé habité par l’évènement, c’est un euphémisme. Les duels au couteau suisse n’ont pas souvent tourné de son côté et les renoncements se sont accumulés. Le dernier, l’an passé, en Argentine: demi-finaliste à Miami, Gasquet arrive à Buenos Aires en jouant «chaleur»… avant de prétexter une cheville douloureuse pour laisser Gilles Simon endosser la responsabilité de la défaite.

Mais ça, c’était avant, jure Arnaud Di Pasquale, le DTN. «Aux Jeux de Londres, il a vécu ce jour-là une émotion qu’il n’avait peut-être jamais ressentie en portant le maillot bleu. S’il joue, c’est peut-être qu’il a fait le forcing, c’est intéressant». Le déclic a paraît-il eu lieu à l’US Open 2013. Après avoir fait tomber Raonic en cinq manches, «Ritchie» fait venir Clément et Lionel Roux pour leur dire qu’il est prêt à s’investir à fond en Coupe Davis, jusqu’à rentrer à 2-2 s’il le faut. Le capitaine confirme: «Richard a envie d’aider encore plus l’équipe que par le passé, quitte à se mettre en danger. Je peux vous dire qu’il veut y aller».

«Richard a envie de se mettre en danger pour l’équipe»

Ca n’a pas transpiré dans ses propos «tarte à la crème d’avant-match» -«Berdych est un super joueur, Il faudra que je sorte un grand match pour gagner», mais il ne faut jamais juger Gasquet sur les mots. Simplement, contre le 6e mondial, un adversaire qu’il adore torturer avec son revers, le Français n’aura plus le droit de jouer au petit garçon, ce moment où il se met à limer à quatre mètres de sa ligne de fond avant de faire le coup de la panne physique. «Richard sait qu’il ne gagnera pas ce match s’il ne tente pas des choses, démine Clément. Il faudra varier au maximum et ne pas laisser Berdych jouer sur le même rythme en permanence. Mais je vous assure qu’il est prêt pour un long week-end de Coupe Davis». Il n’est jamais trop tard.