Roland-Garros: Jo-Wilfried Tsonga, des sifllets en Coupe Davis à «Je t'aime Roland»
TENNIS•Le meilleur joueur français est de nouveau en demi-finale du Grand Chelem parisien vendredi…B.V.
Est-ce que c’est parce qu’il ne paye pas ses impôts en France ? Parce qu’il ne lui a jamais offert la Coupe Davis ? Parce qu’il porte sur son dos plus de 30 ans d’errance sans le moindre titre du Grand Chelem ? Parce que son pays n’y connaît rien au sport ? La raison importe finalement peu. Meilleur joueur de tennis français depuis près d’une décennie, Jo-Wilfried Tsonga vit avec le public français une relation capricieuse que seule Roland pourrait définitivement pacifier.
Car ceux qui l’ont acclamé après sa victoire sur Nishikori en quarts – et son poignant « Je t’aime Roland » dessiné sur la terre – sont aussi ceux qui l’avaient allumé après la défaite en finale de la Coupe Davis et ceux qui ne le louperont pas vendredi s’il rate sa demi-finale face à Stan Wawrinka. « On va dire que c’est à moi de changer la donne, acquiesce-t-il. Forcément, on n’aime pas trop les critiques. Je ne connais personne qui aime bien les critiques… Il y a des petits moments où c’est plus difficile que d’autres. En fonction de tes résultats, tu es amené à être critiqué, tu es amené finalement à être encensé…. Quand, tout d’un coup tu es en demi-finale à Roland Garros, c’est comme si tu avais gagné déjà le tournoi… ! ».
« Roland je t’aime. Watch this beautiful message from @tsonga7. #RG15 #RolandJetaime https ://t.co/Q4YZtflGWt — Roland Garros (@rolandgarros) June 2, 2015 »
Alors que six mois plus tôt, il se faisait piétiner médiatiquement pour avoir joué une exhibition une semaine après avoir déclaré forfait sur blessure pour le match décisif en finale Coupe Davis. Finale où il s’était d’ailleurs fait siffler par le public lillois. Tout ça parait bien loin. « Par rapport à ces choses-là, depuis "les derniers épisodes", je prends énormément de recul. J’essaie tout simplement de ne pas faire attention à tout ça. Tout ce que je fais, finalement, c’est pour moi. Ce Roland, c’est, entre guillemets, mon rêve à moi. Alors celui des autres, ce n’est pas le mien, et j’essaie de rester sur ma route à moi. »
(Jo-Wilfried Tsonga sur l’exhibition en Asie après sa blessure, source Le Monde)
Il a expliqué sa blessure, une tendinite à l’entrecroisement du coude, et s’est éloigné un peu du circuit le temps de la soigner autant que de se vider le cerveau. « Je me suis rendu compte que tout ce qui se dit dans les journaux n’est pas ce que les gens pensent réellement, expliquait-il avant le tournoi dans une interview à GQ. Cela m’a fait du bien car j’étais chahuté dans la presse. La presse est forte pour les amener à penser que, à influer leur raisonnement. »
Et si son parcours à Roland-Garros n’est pas une revanche, ça y ressemble quand même un peu. En vieil habitué du circuit, Tsonga est trop malin pour l’avouer. Il sait aussi qu’une méchante défaite face à Wawrinka remettrait tout en cause. Comme toujours. « Notre image correspond en majorité à ce que l’on fait sur le terrain, poursuit-il dans GQ. Et tant que je ne joue pas bien, mon image peut être correcte mais elle ne sera jamais incroyable. […] Il faut toujours gagner, partout, en Coupe Davis aussi. C’est comme ça, ça fait partie de mon métier. »


















