Ski Freestyle : « Désastre écologique » et absence des femmes, une compétition en Arabie saoudite fait polémique
sportwashing•La « SnowBlast KSA Cup », compétition de ski et snow freestyle organisée au cœur de Riyad en cette fin février, n’est pas sans poser de questions dans la communautéN.C.
Alors que les X Games, compétition de référence pour les sports extrêmes, avancent à marche forcée vers la parité, un nouveau rendez-vous de ski freestyle se tenant en Arabie saoudite fin février ébranle la communauté du ski. La « SnowBlast KSA Cup », compétition de ski et snow freestyle au cœur de Riyad, n’est pas du goût de tout le monde, entre son impact environnemental alarmant et le fait qu’elle soit réservée aux hommes.
Pour ce tout premier rendez-vous ski dans l’histoire du Golfe, l’Arabie saoudite a évidemment dû construire un site de sport d’hiver totalement artificiel (et temporaire) au cœur de Riyad, les températures fluctuant autour des 25°C à cette époque de l’année. Un gouffre écologique avec les 500 tonnes de neige nécessaires, qui n’est qu’un avant-goût de ce que l’on pourra voir au Royaume lorsque Trojena, une station de ski construite dans le cadre du tentaculaire projet de ville artificielle appelée Neom (pour la modique somme de 500 milliards de dollars), verra le jour pour l’organisation des Jeux asiatiques d’hiver en 2029.
« C’est un désastre écologique, déplore un manager de la discipline auprès de L’Equipe. Déjà que le milieu doit logiquement se remettre en questions et s’adapter au quotidien par rapport au réchauffement climatique (…). Comme d’habitude, c’est le business qui gagne. »
Car bien sûr, le succès de cet événement est garanti par les primes délirantes promises aux athlètes : 100.000 dollars au vainqueur, 50.000 au deuxième, 20.000 au troisième, « soit plus du double de ce que touche actuellement le vainqueur des X Games », indique le quotidien sportif. Pour ne rien gâcher, le déplacement est entièrement pris en charge par l’organisation, et chaque sportif recevra 2.000 dollars pour sa présence.
Du beau linge a répondu présent pour cette première, comme l’Américain Tanner Hall, les médaillés olympiques de Pékin Colby Stevenson et Henrik Harlaut, ou le Français Antoine Adelisse, vainqueur des X Games d’Oslo en 2020. Aucune femme n’a en revanche été invitée, ce qui fait tache et irrite au plus haut point le média américain New Schoolers, qui fait autorité dans le milieu. Pour lui, participer à cette compétition équivaut à se rendre « complice ou soutien d’un régime où les femmes n’ont aucun droit important (…) et qui prévoit toujours la peine de mort pour l’homosexualité ou la consommation de drogue ».
Le même dilemme dans tous les sports
« Bien sûr que ce n’est pas idéal, mais les athlètes ont aussi besoin de financer leur saison, explique Grégory Guenet, entraîneur historique du freeski français, dans L’Equipe. Ils ne peuvent pas se permettre de refuser. Ce prize money, c’est un billet d’avion pour aller participer à une Coupe du monde et représenter la France plus tard dans la saison, et donc pour gagner des points pour espérer participer aux JO. »
Le dilemme est finalement toujours le même avec l’Arabie saoudite, depuis qu’elle s’est lancée dans un vaste programme de développement par l’organisation de compétition sportive à grands coups de pétrodollars. Après le football, le golf ou la course automobile, le ski est désormais lui aussi concerné.


















