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Géant de l’invincible Béziers, Alain Estève est décédé à 77 ans

Rugby : Alain Estève, légende de l’invincible Béziers, est décédé à 77 ans

Carnet noirAlain Estève fut l’un des plus grands joueurs de l’histoire du rugby français à son poste de deuxième ligne, symbole d’une équipe qui régna presque sans partage sur le ballon ovale de 1971 à 1984
Jérôme Diesnis

J.D. avec AFP

Il en imposait sur tous les terrains de France. Et résumait à lui seul le rugby d’avant. Celui du grand Béziers. Une équipe de tous les records, vainqueur de 95 matchs consécutifs dans son antre de Sauclières entre 1969 et 1981, onze fois champion de France entre 1971 et 1984. L’ancien deuxième ligne international Alain Estève aura participé à huit d’entre eux. Il est décédé à l’âge de 77 ans « des suites d’une longue maladie », a annoncé mardi le club de Béziers.

« Véritable légende du rugby français, mythique deuxième ligne au physique hors normes, celui qu’on surnommait Le Grand aura marqué de son empreinte le rugby hexagonal et international », lui a rendu hommage l’ASBH dans un communiqué. Capé à vingt reprises, il fut le premier international français à dépasser le double mètre.

Un joueur redoutable… et redouté

Ce monument du grand Béziers était un excellent manieur de ballons, malgré sa grande taille. Mais c’est son intransigeance sur le terrain qui a forgé sa réputation au-delà des frontières. Le 12 mars 2006, le Sunday Times a ainsi classé La bête de Béziers, l’un de ses surnoms, comme le deuxième joueur français le plus effrayant de l’histoire.

« C’est une légende du rugby tricolore qui s’est éteinte », a salué la Fédération française de rugby. « La disparition de l’international numéro 618 laissera un grand vide dans l’histoire du rugby tricolore. » Avec son physique hors norme et son visage émacié de Viking, Estève fut pressenti pour jouer le rôle de l’ogre dans Le Petit Poucet en 1972, rôle finalement tenu par Jean-Pierre Marielle.

Démêlés avec la justice

Bien après la fin de sa carrière, Estève fit parler de lui dans le milieu de la nuit, en tant que propriétaire de plusieurs boîtes de nuit à Béziers. Et en 2004 il fut condamné pour « proxénétisme aggravé » par la justice, coupable d’avoir exploité les services de jeunes femmes d’Europe de l’Est qu’il avait fait venir en France.

Alain Estève rejoint son capitaine Pierre Lacans, l’emblématique Armand Vaquerin ou encore le coach Raoul Barrière, autant de figures du Grand Béziers aujourd’hui disparues.