XV de France : Après « l’intensité combattue », quelle formule va encore nous inventer Fabien Galthié ?
Rugby•Le sélectionneur des Bleus n’a pas son pareil pour inventer ou recycler dans le rugby des expressions qui empruntent autant au vocabulaire du sport qu’à celui de l’entrepriseN. S. et la rubrique Sport
L'essentiel
- Balayé à domicile par l’Irlande (17-38) lors de la première journée du Tournoi des VI Nations, le XV de France a beaucoup à se faire pardonner samedi en Ecosse.
- Les prochaines conférences de presse de Fabien Galthié seront peut-être l’occasion pour le sélectionneur de surprendre son auditoire avec de nouvelles formules chocs.
- 20 Minutes s’est amusé à voyager dans le futur, pour vous en ramener quelques-unes.
«Intensité combattue » vs « intensité courue ». La semaine dernière, avant la rencontre contre l’Irlande qui a tourné au vinaigre (17-38), Fabien Galthié avait de nouveau sorti de son « Dictionnaire des citations » personnel une formule comme il les affectionne. Une expression sportive à connotation managériale, dans la lignée des « finisseurs » (pour « remplaçants ») ou du « aller chercher le maillot » (pour « mériter sa place ») de son premier mandat. Comme on est un brin taquin à 20 Minutes, on a imaginé d’autres formules que le sélectionneur pourrait populariser en conférence de presse avant Ecosse-France samedi à Edimbourg.
« Des absences présentielles »
Alors oui, des cadres aussi essentiels qu’Antoine Dupont et Romain Ntamack à la charnière, Anthony Jelonch en 3e ligne ou Thibaud Flament en 2e ligne manquent beaucoup aux Bleus. Mais ils ont passé tellement de temps à Marcoussis que même si leur enveloppe charnelle est ailleurs, leur esprit accompagne notre équipe de France.
« L’agressivité ludique »
Ce n’est pas parce qu’on se rentre dedans à longueur de match qu’il ne faut pas garder sa bonne humeur. Surclassés dans les rucks face aux Irlandais, les Français ont intérêt à monter le curseur à Edimbourg. Sans oublier que faire reculer un adversaire et « nettoyer » un ballon pour le présenter tout propre (et rapidement si possible) ne doit surtout pas être une corvée. Plaisir d’offrir…
« L’en-avant premium »
Alors oui, « dégueuler » un ballon, c’est le rendre à l’adversaire, soit dans le jeu, soit sur une mêlée, voire sur une pénalité si un collègue a la mauvaise idée de s’en saisir. Mais il faut distinguer la beuchigue bêtement relâchée sur une chandelle sans opposition, du cuir mal contrôlé à la suite d’une prise de risque digne du chevalier Bayard, sur un offload par exemple.
« L’impact subi vs l’impact ressenti »
On l’a vu contre le XV du Trèfle. Selon la data, l’impact ressenti était supérieur à l’impact subi dans les zones de combat. Preuve que le groupe n’était pas à son potentiel de forme maximisé. On était à la rue, quoi…
« Les expected rucks »
Après avoir traversé l’Atlantique, les « expected goals » se sont rapidement invités dans les vestiaires de football et dans les commentaires des journalistes. On peut regretter l’époque où l’on ne quantifiait pas l’adresse d’un attaquant, mais que voulez-vous ma brav' dame, il faut bien vivre avec son temps. Et il n’est pas loin le moment où les statisticiens bleus plancheront sur les chances de réussite d’une mêlée ouverte, selon le positionnement du porteur du ballon et de ses soutiens.
« Privilégier l’alignement réfléchi à l’alignement pensé »
Le « réfléchi » s’applique aux touches travaillées pendant des heures à l’entraînement, ce qui n’a pas empêché les Irlandais de manger sur la tête des Français à Marseille. Le « pensé », c’est la prime à l’adaptation, lorsque le capitaine de touche a soudainement une idée géniale et l’applique sur-le-champ. Une variation de la fameuse « intelligence situationnelle », en fait.
« Le no-limit restreint »
Ce concept s’oppose au précédent. Il s’agit de désigner les moments du match où Matthieu Jalibert a carte blanche pour enclencher le mouvement de son choix. A condition qu’il corresponde à l’une des trois actions définies au préalable avec le staff.
« La willingness to play »
La formule repompe la « willingness to pay » chère aux écoles de commerce et aux accros à LinkedIn. C’est précisément ce qui a manqué lors du match d’ouverture au Vélodrome, avec trop de timidité dans l’utilisation du ballon (bon, les Bleus ne l’ont pas vu souvent, mais c’est un autre débat). Les Français doivent sensiblement augmenter leur propension à jouer pendant le reste du Tournoi. D’où la titularisation attendue en Ecosse du feu follet Louis Bielle-Biarrey sur une aile, à la place d’un Yoram Moefana plus solide mais moins virtuose.
« Il n’y a pas un XV de France, c’est le 1 de France »
Car le chiffre 1, c’est la place à laquelle tout le monde veut terminer, c’est par lui que tout commence. Sans le 1, il n’y a pas le reste, les 22 autres joueurs (finisseurs compris) plus ceux qui patientent en réserve, prêts à aller chercher le maillot dès que l’occasion se présente. Et puis, ça sonne comme « Hun », le peuple d’Attila, pas vraiment le plus commode à manœuvrer sur le champ de bataille auquel s’apparente un terrain de rugby.
« Il faut battre le combat »
Car un combat, c’est forcément deux adversaires, deux entités. Or, l’équipe de France doit être au-dessus. Seule, comme elle l’était en juillet 2022 lorsqu’elle a occupé pour la première fois le sommet du classement de World Rugby.



















