France-Uruguay : « On n'est pas là pour faire une démonstration »… Les Bleus s’en remettront, merci pour eux
rugby•Staff et joueurs n’étaient pas très inquiets après la copie plus que brouillonne rendue par le XV de France jeudi soir contre l’UruguayNicolas Camus
L'essentiel
- Le XV de France a difficilement battu l’Uruguay pour son deuxième match de poule de Coupe du monde, jeudi soir à Lille.
- Une rencontre pour le moins brouillonne, durant laquelle les Bleus ont inutilement souffert, mais qui n’inquiète pas outre mesure le staff et les joueurs.
- Même bousculée, cette équipe inexpérimentée et sans trop de repères collectifs a su assurer l’essentiel pour ne pas entraver l’élan qui accompagne le groupe dans cette Coupe du monde à la maison.
De notre envoyé spécial à Lille,
A en juger par le volume de la musique qui sortait du car des Bleus alors qu’à quelques mètres de là on tentait désespérément d’entendre ce que disaient les joueurs qui passaient en zone mixte, il n’y a pas trop de soucis à se faire pour le XV de France. La copie toute chiffonnée rendue face à l’Uruguay ne va pas empêcher les Bleus de dormir. Après tout, il y a la victoire au bout, après celle obtenue en ouverture face aux All Blacks, et encore de longues séances de travail avant d’entrer dans la phase critique de la compétition.
Ce n’est pas nous qui le disons, mais les intéressés. « On ne va pas se mettre la tête au fond du seau, lâche Paul Boudehent. C’était un match piège. On aurait pu faire mieux, bien sûr, il y a des regrets car on aurait voulu proposer un tout autre jeu, mais ça fait deux victoires et on avance. » Dit comme ça, évidemment, c’est limpide. Fabien Galthié assure, lui, aussi que la forme n’est pas un prérequis au bonheur. « Ce qui est important, c’est la victoire, martèle le sélectionneur. On n’est pas là pour faire une démonstration, pour rendre des copies propres. Notre ambition, c’est de gagner les matchs. Donc, l’objectif premier a été atteint. »
C’est marrant, quand même, on jurerait que le débrief du staff dans les prochains jours ne sera pas aussi magnanime. On n’est a priori pas les seuls. Aussi lucide au micro que quand il a libéré le ballon pour Antoine Hastoy sur le premier essai des Bleus, Maxime Lucu sait bien que les entraîneurs ne vont se contenter d’une petite tape de félicitations sur le dos et accorder une journée off à Aqualand pour fêter ça. « On va revoir tout ce qu’on a fait et des choses vont piquer un peu », se prépare le Bordelais. Mais pas de quoi non plus y aller en tremblotant des genoux. « On a manqué de discipline et de cohérence dans nos choix. Il faut corriger ça, mais ce sont des choses faciles à faire, il n’y a pas besoin de talent pour ça », observe le demi de mêlée.
La Namibie, deuxième match laboratoire
Le mot d’ordre après cette rencontre est clairement de rester positif. « Ça ne servirait à rien de pas l’être, ça n’aiderait personne », justifie le même Lucu. Il est vrai que la plupart des joueurs alignés jeudi soir découvraient ce qu’est un match de Coupe du monde et, Uruguay ou pas en face, c’est toujours un moment spécial à appréhender. Surtout sans les darons Dupont, Penaud, Alldritt, Ollivon et Fickou, qui n’étaient même pas sur la feuille de match. « Ça nous a permis de voir ce que c’était et de prendre du temps de jeu », apprécie Pierre Bourgarit, sur qui le staff compte beaucoup en attendant le retour de blessure de Julien Marchand.
Rayon satisfactions, le retour à la compétition d’Anthony Jelonch, justement, se pose là. Un peu plus de six mois après sa rupture des ligaments croisés, le Toulousain a joué 50 minutes, sans gêne apparente. « On surveille les temps de jeu, on remet en course les joueurs qui étaient blessés et qui reviennent, observe Galthié. Pour le prochain match on a tout l’effectif à disposition, sauf Julien Marchand. C’est une satisfaction. »
Joueurs et staff se projettent déjà vers la Namibie, le deuxième match qui doit servir de laboratoire avant que l’adversité ne remonte d’un cran face à l’Italie. Les habituels finisseurs auront encore de l’espace pour s’exprimer. Ils le feront mieux, ils en sont persuadés.
- Sekou Macalou : « Je pense qu’on a retenu pas mal de leçons avec ce match et qu’on va essayer de ne pas reproduire les mêmes erreurs. »
- Paul Boudehent : « Il faut tirer les leçons, et c’est bien aussi. Le groupe continue d’apprendre, on se construit. Il n’y pas d’affolement. »
Fabien Galthié, lui, va réfléchir aux options dont il dispose. Sa petite tambouille n’a pas bien pris contre l’Uruguay, il faudra veiller à ne pas se tromper à Marseille. La suite de la compétition en dépend. « Il va falloir bien arbitrer entre les deux matchs qui nous restent, à la fois pour maintenir les joueurs sous pression et pour faire tourner afin de rééquilibrer les temps de jeu », cogite-t-il. Attention quand même, au milieu de tout ça, à ne pas oublier le plan de jeu en route. On aimerait bien retrouver les Bleus qu'on aime, la semaine prochaine au Stade Vélodrome.


















