Top 14 : « Ils ne sont pas imbattables », l'UBB veut y croire face au Stade Toulousain

RUGBY Vainqueurs de Clermont en barrage (25-16), les Bordelais retrouveront leur bête noire en demi-finale du Top 14 

Clément Carpentier

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L'UBB a passe l'obstacle clermontois.
L'UBB a passe l'obstacle clermontois. — THIBAUD MORITZ / AFP
  • L’Union Bordeaux-Bègles s’est qualifiée pour les demi-finales du Top 14 en battant l’ASM Clermont en barrage dans un stade Chaban-Delmas en ébullition (25-16).
  • L'UBB va maintenant retrouver le Stade Toulousain à Lille samedi prochain. Un adversaire contre qui les Bordelais restent sur trois défaites en trois matchs cette saison.
  • Malgré tout, Christophe Urios et ses joueurs veulent y croire et comptent bien trouver la solution pour faire tomber le champion d’Europe dans le Nord.

Parfois, il n’y a pas besoin d’un stade plein à craquer (même si c’est mieux) pour faire un énorme barouf ! Demandez aux joueurs de l’Union Bordeaux-Bègles ce qu’ils ont pensé de l’ambiance mise par les 5.000 spectateurs du stade Chaban-Delmas ce samedi soir lors du barrage face à Clermont : « C’était incroyable », avoue Matthieu Jalibert alors que l’expérimenté Rémi Lamerat qui en a vu d’autres a eu « frissons » lors de l’accueil du bus. « C’était énorme, un engouement de fou », ajoute le centre bordelais. Christophe Urios, le manager de l’UBB, « n’a pas souvenir d’une telle ambiance tout au long d’un match » de son équipe.

En effet, les 5.000 spectateurs d’un soir ont tenu leur rôle jusqu’au bout pour permettre à l’Union Bordeaux-Bègles de remporter le premier match de phases finales de Top 14 de son histoire face à l’ASM (25-16). Au terme d’une rencontre très physique, il fallait bien qu’un supplément d’âme vienne des tribunes pour pousser le talonneur Clément Maynadier derrière la ligne et les coups de pied de Matthieu Jalibert entre les perches. Ce soutien a sûrement permis à l’UBB de ne pas couler à pic en première mi-temps. Inhibés, les coéquipiers de l’ouvreur international ont mis une demi-heure à se réveiller pour prendre les commandes d’une partie mal engagée. « On était un peu dans le dur, reconnaît Rémi Lamerat, mais on ne s’est pas affolé, on a collé au score. »

Les 5.000 supporteurs du stade Chaban-Delmas ont mis une ambiance de feu.
Les 5.000 supporteurs du stade Chaban-Delmas ont mis une ambiance de feu. - THIBAUD MORITZ / AFP

« Plus costaud que la saison dernière » ?

Finalement, les Bordelais ont fini « par maîtriser leur sujet » comme le rappelle Jalibert, grâce à son pack et son banc comme souvent cette saison. D’ailleurs, Christophe Urios « n’a jamais eu peur de perdre » ce barrage et après cette première qualification pour les demi-finales du Top 14, il « ressent beaucoup de fierté ». La fierté d’emmener son équipe une deuxième fois dans le dernier carré en quelques semaines après la demi-finale de Champions Cup perdue face à Toulouse. Beaucoup « plus consistante » et surtout, encore « plus costaud que la saison dernière » dixit le patron du vestiaire bordelais, l’UBB continue d’écrire son histoire cette saison.

Maintenant, il est peut-être l’heure pour les Girondins de réécrire un chapitre de celle-ci, pour qu’il ne se termine pas encore par une victoire du Stade Toulousain. Pour la quatrième fois de la saison, l’Union va retrouver son meilleur ennemi et voisin. Pour l’instant, les coéquipiers d’Antoine Dupont mènent trois à zéro dans leur face-à-face. Alors cette demi-finale est-elle déjà perdue d’avance pour l’UBB ? « On sait à quoi s’attendre et dans le sport, rien n’est écrit à l’avance », tonne le philosophe Matthieu Jalibert. Pas faux. Le demi d’ouverture s’accroche aussi au fait que son équipe a pas mal chatouillé les Toulousains lors de leurs deux derniers affrontements.

« Ils ne sont pas imbattables, j’en suis persuadé ! »

Les Bordelais s’appuient notamment sur cette demi-finale européenne où l’Union « avait rivalisé dans l’intensité » se remémore l’international français, auteur encore d’un match majuscule face à Clermont (20 points). Pour lui, « il faudra avant tout être plus réaliste » samedi prochain à Lille face aux voisins. Si Rémi Lamerat espère « que les Toulousains vont en laisser un peu aux autres », il reconnaît que l’UBB « n’est pas favorite et devra réaliser le match parfait » pour décrocher une première finale en Top 14. Il va falloir « trouver la clé » pour Christophe Urios qui essaie de son côté de désacraliser cette équipe toulousaine : « Ils ne sont pas imbattables, j’en suis persuadé ! », lance-t-il.

Un message pour ses joueurs quand on sait à quel point l’aspect psychologique est important dans ce genre de sport et à ce niveau. Hors de question de partir battu pour lui. Le champion de France 2018 avec Castres connaît trop bien la musique et surtout le chemin vers le Brennus. Peut-être que dans une semaine, l’Union Bordeaux-Bègles n’aura pas 5.000 supporteurs en feu derrière (la jauge est limitée pour les demi-finales) pour la porter mais elle aura toujours son guide sur le bord de la touche.