Le pays de Galles a renvoyé son entraîneur adjoint, Rob Howley, soupçonné de paris illégaux, à quelques jours de la Coupe du monde de rugby.
Le pays de Galles a renvoyé son entraîneur adjoint, Rob Howley, soupçonné de paris illégaux, à quelques jours de la Coupe du monde de rugby. — Ben Evans/Huw Evans/REX/SIPA

RUGBY

Coupe du monde de rugby: Le pays de Galles contraint de renvoyer son entraîneur adjoint

Un changement dont les Gallois se seraient bien passé, à quelques jours de leur entrée dans la compétition

Le sélectionneur et les joueurs se disent «choqués»: le renvoi de l'entraîneur adjoint Rob Howley, soupçonné de paris illégaux, secoue l'équipe du pays de Galles, à quelques jours de son entrée dans la Coupe du monde. «J'ai connu de meilleurs anniversaires, c'est sûr!» Au moins, Warren Gatland, fait preuve d'humour dans les moments difficiles. Mardi, alors qu'il fêtait ses 56 ans, le sélectionneur a dû annoncer à ses joueurs le départ de Rob Howley, une figure du rugby gallois et son bras droit depuis 2008. Il l'avait même remplacé lorsqu'il était en charge des Lions britanniques et irlandais, en 2013 et 2017.

Howley, âgé de 48 ans, n'est pas n'importe quel adjoint: ancien demi de mêlée de la sélection, il en a été le capitaine et à eu l'honneur de participer à la tournée des Lions en 2001. Comme entraîneur, son intérim de 2013 a été couronné de succès, Tournoi des six nations en poche. Mais l'entraîneur de l'attaque galloise est «dévasté», selon Gatland, depuis qu'il a dû quitter lundi le Japon, ciblé par une enquête pour avoir «parié sur des matchs de rugby», a indiqué sa Fédération (WRU). Chose interdite aux joueurs, entraîneurs et officiels.

L'encadrement gallois a eu connaissance de ces soupçons une semaine auparavant alors qu'il posait le pied sur le sol japonais. La WRU a été alertée par les services de contrôle d'une société de paris, a précisé son directeur Martyn Phillips, pour lequel les soupçons sont «sérieux». C'est la Fédération qui mènera l'enquête, mais un jury indépendant pourrait être impliqué, a admis le dirigeant.

Le staff et les joueurs «sous le choc»

Gatland n'a pas caché l'état de ses troupes après ce départ brutal: «Il a fallu un peu de temps pour l'évacuer». «Nous étions choqués», a-t-il ajouté à cinq jours du premier match contre la Géorgie, prévu lundi à Toyota. «Des fois, il faut faire face à l'adversité et c'est comme cela qu'on s'en sort. Je dois dire que les joueurs ont beaucoup progressé au cours des dernières 24 heures. Ils ont été incroyablement responsables et résilients», a-t-il positivé.

Pour éteindre l'incendie, Gatland a appelé le pompier Stephen Jones à la rescousse. L'ancien ouvreur de la sélection galloise, âgé de 41 ans et qui possède une carte de visite de joueur tout aussi prestigieuse (104 sélections, plus 6 avec les Lions), devait succéder à Howley après le Mondial en tant qu'adjoint chargé de l'attaque. Il prend cette fonction plus tôt que prévu et en catastrophe, rejoignant le Japon avant la fin de la semaine.

Le témoignage de certains joueurs requis ? 

Mais Gatland, qui vit sa dernière compétition à la tête des Gallois après 12 ans de route commune, sait que les joueurs devront dissiper eux-mêmes le malaise. «Des fois, l'adversité peut permettre aux équipes de se rapprocher, espère-t-il. C'est une ligne rouge que nous devons fixer afin de nous concentrer vraiment sur la préparation de l'équipe pour les cinq prochains jours.» Oublier celui qui a participé à trois Grands Chelems (2008, 2012, 2019) alors qu'il se trouve au centre d'une enquête n'a pourtant rien d'évident, et il n'est pas exclu que le témoignage de certains joueurs soit requis.

«Entraîneurs et joueurs se sont fait du souci pour Rob. Nous devons laisser la procédure légale suivre son cours en espérant que cela se fasse à l'extérieur de notre préparation», a souligné Gatland. D'autant que l'équipe du capitaine Alun Wyn Jones, euphorique après son sacre européen en mars, a perdu un peu de sa superbe cet été avec trois défaites dans ses matches de préparation, qui lui ont coûté son éphémère place de N.1 mondiale, occupée pendant deux semaines.