Stade Toulousain: Et si c'était enfin le printemps pour Gillian Galan, percutant mais souvent absent?

RUGBY Entre blessures à répétition et concurrence féroce, Gillian Galan n’a toujours pas confirmé son énorme potentiel. A 26 ans, le troisième ligne centre toulousain n’a plus de temps à perdre…

Nicolas Stival

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Le troisième ligne du Stade Toulousain Gillian Galan lors d'un match de Top 14 à Montpellier, le 18 novembre 2017.
Le troisième ligne du Stade Toulousain Gillian Galan lors d'un match de Top 14 à Montpellier, le 18 novembre 2017. — P. Guyot / AFP
  • Après trois mois sans jouer, Gillian Galan enchaîne une deuxième titularisation d'affilée, ce samedi face au Stade Français.
  • Pour son entraîneur Ugo Mola, il reste le « numéro 8 à plus fort potentiel du championnat ».

Le 16 avril, Gillian Galan fêtera les sept ans de sa première apparition en Top 14 : dix minutes grattées lors d’une défaite toulousaine à Toulon (21-9). Dès le début de la saison suivante, en 2011-2012, le surpuissant troisième ligne centre ( 1,93 m, 130 kg selon le site du club) s’affirmait comme l’un des grands espoirs du rugby français. Mais à 26 ans, le Montalbanais formé au club n’a toujours pas franchi la marche qui en ferait un incontournable cadre des Rouge et Noir.

La faute notamment à des blessures à répétition, comme cette pubalgie qui l’a contraint à trois mois de repos (deux mois d’arrêt, un de récupération) avant un retour réussi dimanche contre Montpellier (22-14), lorsqu’il a dominé son vis-à-vis et ex-coéquipier, la référence Louis Picamoles.

La chasse aux kilos superflus

« Cela a été long à soigner, lâche l’intéressé, qui enchaîne ce samedi à Paris une deuxième titularisation d'affilée face à un Stade Français moribond. Mais cette fois, j’ai fait le travail que je n’avais pas eu le temps de réaliser après mes blessures précédentes. Quand on vous refait jouer de suite après, et même si vous n’avez plus mal, il y a des compensations qui au fil du temps causent d’autres blessures. Mais je n’incrimine personne, c’est peut-être moi qui aurais dû mieux me gérer. »

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Toutefois, selon Ugo Mola, les soucis physiques n’expliquent pas à eux seuls la progression ralentie du Tarn-et-Garonnais. « Au-delà des blessures, Gillian a été freiné par la concurrence, par des garçons qui ont fait des performances bien meilleures que les siennes », lâche l’entraîneur du troisième du Top 14, au sujet d’un poste où François Cros, Talalelei Gray ou Carl Axtens peuvent aussi évoluer dans l’effectif actuel, comme Picamoles ou Imanol Harinordoquy par le passé.

Espéré comme le successeur de «King Louis» après le départ de ce dernier pour Northampton en 2016, Galan n’a pas répondu aux attentes de ses dirigeants, malgré un talent évident, reconnu par Mola.

Quand il est dans de bonnes dispositions, Gillian reste le numéro 8 à plus fort potentiel du championnat. Après, il y a les blessures, la préparation physique, l’émulation du groupe. Mais on aura bien évidemment besoin d’un gros huit pour être performant, dans les moments clé. Et je parle de gros huit en termes de performances. »

Depuis ses débuts, Galan doit faire la chasse aux kilos superflus. Autre constante : un franc-parler qui fait la joie des journalistes, toujours friands de « bons clients » dans un milieu où le langage s’est standardisé (certains diront « footballisé ») au fil des années.

Les paris de Galan

Comme lorsqu’on évoque avec lui son souhait de devenir (enfin) international. « On a tous envie de jouer pour son pays, surtout en France où on est très chauvins. Et moi le premier ! » Ou alors ses ambitions pour le club. « Cela fait sept ans que je suis là et chaque début de saison, c’est bête à dire, mais je prends le pari qu’on sera champions », lâche celui qui compte deux Boucliers de Brennus à son palmarès (2011 et 2012).

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Toutefois, arrivé dans le « money time », ou presque, Galan se rappelle du vilain épilogue du printemps dernier et se fait plus prudent : « le premier objectif, c’est de finir dans les six premiers, et de se qualifier pour la prochaine Coupe d’Europe ». Avec un numéro 8 perforant, et donc performant, ce serait plus facile.