XV de France: Voici pourquoi les Bleus doivent vraiment se méfier du Japon

RUGBY Le rugby japonais reste méconnu en France. « 20 Minutes » a donc interrogé LE spécialiste francophone du sujet avant le test-match des Brave Blossoms contre la France, samedi…

Nicolas Stival

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L'ailier japonais Lomano Lemeki, auteur d'un doublé contre les Tonga, le 18 novembre 2017 au stade Ernest-Wallon de Toulouse.
L'ailier japonais Lomano Lemeki, auteur d'un doublé contre les Tonga, le 18 novembre 2017 au stade Ernest-Wallon de Toulouse. — B. Edme / AP / Sipa
  • S’ils ont des soucis en défense, les Japonais peuvent s’appuyer sur une belle troisième ligne et des trois-quarts véloces.
  • Encore en chantier, la sélection nippone prépare sa Coupe du monde, en 2019.

Une semaine après avoir écrasé les Tonga à Toulouse (39-6), le Japon a rendez-vous avec le XV de France samedi à la U Arena de Nanterre. En piteux état, les Bleus feraient bien de se méfier, comme l’indique Akimoto Hinato. Sous ce pseudo, se cache un Tarnais de 32 ans, créateur en 2012 de japonrugby.net, le site francophone de référence sur le sujet.

« Je suis passionné du rugby japonais depuis la Coupe du monde 2003, explique le Graulhétois. Leur jeu me plaisait et je kiffais Daisuke Ohata. » Le très éphémère Clermontois, en 2002, détient tout simplement le record mondial de nombre d’essais marqués, avec 69 réalisations.

Un vrai danger pour le XV de France. « Le Japon, qui compte beaucoup de blessés, est encore en chantier, mais il peut gagner samedi, cela dépendra aussi des compositions d’équipes », assure le spécialiste. La onzième nation au classement mondial (la France est huitième) a pourtant souffert cet été contre l’Irlande (22-50 et 13-35), puis le 4 novembre face à l’Australie (30-63). « Oui, mais quand on voit le rythme des matchs récents de la France, par rapport à ceux de l’Irlande et de l’Australie, on a l’impression de voir la télé au ralenti. »

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Puissance, vitesse et discipline. Les points forts des Brave Blossoms ? « La troisième ligne assez monstrueuse avec Himeno, Mafi et le capitaine Leich, la vitesse des trois-quarts, la discipline et le jeu millimétré, selon Akimoto Hinato. La pelouse synthétique de la U Arena de Nanterre pourrait les avantager. Un joueur comme l’ailier Kenki Fukuoka peut faire des dégâts. »

Toutefois, les Bleus peuvent espérer profiter des soucis d’effectif en deuxième ligne et d’une défense encore friable, qui a récemment changé de responsable. Le nouveau technicien (John Plumtree) n’est arrivé que début octobre dans le staff de l’entraîneur Jamie Joseph, qui lui-même n’a pris ses fonctions qu’en septembre 2016.


Objectif 2019. Avant la France en 2023, c’est le Japon qui organisera sa Coupe du monde. Quatre ans après l’exploit du siècle aux dépens de l’Afrique du Sud (34-32), lors du Mondial 2015, sous la houlette d’Eddie Jones, désormais à la tête de l’Angleterre.

« Il faut arrêter de regarder en arrière, l’équipe a énormément changé, le sélectionneur aussi », balaie Akimoto Hinato. Auteur d’un passage aussi bref que lucratif à Toulon, la « star » Ayumu Goromaru, revenue au pays cet été, chez Yamaha Jubilo, a ainsi disparu des radars internationaux.