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Roland-Garros 2016: Comment se logent les petits budgets du tennis

Roland-Garros 2016: «Hop, mon appart sur Airbnb», bienvenue dans les plans logement des petits budgets du circuit

TENNISCertains joueurs choisissent une solution économique pour résider à Paris...
Romain Baheux

Romain Baheux

Un taxi à Roissy, on pose les bagages au palace et zou, on file s’entraîner. Voilà en gros comment Rafael Nadal, qui prend chaque année ses quartiers au très chic Mélia Royal Alma, vit ses premières heures à Paris lors de sa venue à Roland-Garros. Pour la plupart des engagés en qualifications (16-20 mai), dont les revenus sont très éloignés de ceux de l’Espagnol, on fera plus modeste et sans service de chambre aux petits soins. Témoignages, entre plans Airbnb de dernière minute et Appart-Hôtels partagés, de ces joueurs classés au-delà de la centième place mondiale.

Bon, on dort où ?

Un week-end entre potes à Budapest ? Vous écumez Internet à la recherche de l’appart niché entre-le-Danube-pour-la-vue-et-le-quartier-des-bars-pour-pouvoir-boire-des-coups-tranquillement. A Paris, les moins fortunés du circuit professionnel ont aussi leurs critères, à commencer par l’emplacement de la piaule. « Le but, c’est quand même d’éviter de passer trop de temps dans les transports, résume Margot Yerolymos, 478e joueuse mondiale. On essaie d’avoir quelque chose à proximité de la Porte d’Auteuil (dans le sud-ouest de Paris, où se dispute le tournoi). »

Un secteur déjà bien investi par l’organisation de Roland-Garros qui propose dix hôtels, entre deux et quatre étoiles, exclusivement dédiés aux joueurs. « Pour ceux qui passent par les qualifications, on a réussi à négocier des tarifs préférentiels », explique Christine Donnet, responsable du département gestion sportive à la Fédération française de tennis (FFT). Beaucoup préfèrent cependant dépenser leur indemnité quotidienne de 180 euros, accordée par le tournoi, dans un logement moins onéreux. « Je n’ai pas envie de mettre je ne sais combien dans une chambre d’hôtel froide, glisse David Guez (234e). Là, j’ai fait un petit tour sur Internet et allez hop, j’ai pris un Airbnb avec deux chambres pour mon coach, ma compagne et moi. »

Capture d'écran airbnb
Capture d'écran airbnb - capture d'écran

Et comment on y vit ?

Les shorts ? Dans l’armoire avec les chaussettes. Les raquettes ? Dans le sac posé devant la salle de bains. Reste maintenant à organiser le quotidien avec notamment la question cruciale de la popote. « Certains prennent des appart-hôtels pour des questions de budget. Ils savent qu’ils auront une kitchenette pour se faire à manger, et non aller au restaurant, et un canapé-lit pour faire dormir leur entraîneur », explique Christine Donnet.

Pour d’autres, lassés de dizaines de plats préparés avalés sans envie dans leur chambre durant un tournoi Future au Kazakhstan, la participation à l’antichambre à un tournoi du Grand Chelem est aussi synonyme d’une discipline budgétaire moins stricte. « Là, je n’ai pas hésité à prendre quelque chose de plus cher pour prendre un bon petit-déjeuner, décrit Maxime Chazal, 275e mondial qui s’est dégotté un hôtel via Booking.com. Mes parents viennent me voir, ce n’est pas un tournoi comme un autre, alors on en profite. » « On met en place notre petite vie parisienne, c’est assez sympa, poursuit David Guez. C’est petit-dej ensemble le matin, on file au tennis et le soir, on se fait un petit resto en commun. On pourrait se faire notre propre bouffe et un peu économiser mais ce n’est pas la philosophie du truc. »

Allez, salut Roland

C’est mathématique, la plupart des qualifiés ne verront pas le tableau final et son indemnité quotidienne de logement à 300 euros. Dans ce cas, il ne reste qu’à refaire bien tranquillement ses valises et quitter son appartement. Ah oui, c’est aussi le moment de faire un petit bilan financier du séjour parisien. « Dans les tournois classiques, on peut parfois se rendre compte en fin de semaine qu’on s’est mis dans le rouge en se faisant sortir trop vite, explique Maxime Chazal. A Roland-Garros, c’est moins le cas. »

S’il a été éliminé dès le premier tour des qualifications lundi, le jeune homme empochera quand même 3.000 euros. Mais pour ne pas gaspiller trop vite ses gains, mieux vaut éviter de jouer les touristes dans la capitale. En effet, l’organisation n’accorde un rab d’indemnité que pour une journée après celle de la défaite. Un problème auquel est désormais aussi confrontée Margot Yerolymos, battue dès son entrée en lice mardi. Clairement, il va falloir que Airbnb rajoute un onglet « éliminé de Roland-Garros ».