PSG – OM : Stade muet, hors-jeu et SOS Gigio… Le Classico, ce vaste cirque

FOOTBALL Le PSG a battu l’OM dans un classico que l’on qualifiera de peu glorieux pour rester poli

W.P.
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Neymar aura été une des rares satisfactions de ce Classico
Neymar aura été une des rares satisfactions de ce Classico — Francois Mori/AP/SIPA

Joies des fables racontées par les chauffeurs Uber sur le chemin du retour du stade, on ne sait jamais si on doit les gober naïvement ou s’en moquer en silence. Celle de notre homme nous arrange, donc croyons-y : des supporters anglais qui avaient articulé leur week-end à Paris autour du Classico​ et sont ressortis furax d’un match « sans ambiance » où « Messi et Mbappé n’ont rien fait ». On peut les comprendre. Pour nous aussi, ce PSG-OM aura été décevant jusqu’au bout. Une heure à attendre en zone mixte pour deux minutes d’Amine Harit à tout casser. Paris n’a même pas daigné donner de pain aux journalistes sur place, et a prévenu comme on largue lâchement une ex, à la va-vite par texto. Nul, quoi.

Marquinhos mécontent de la grève des Ultras

Le mutisme, sponsor officiel du Parc des Princes. Heureusement qu’il y a eu cet hommage à Pauleta et Katoto avant le coup d’envoi pour nous rassurer sur la santé du virage Auteuil, pour le reste, c’était silence radio. Le CUP boude toujours, les Marseillais n’étaient pas invités à la fête et, comme personne d’autre ou presque n’est capable de foutre un peu d’ambiance à la maison, le Paris-Marseille le plus important depuis l’extinction des dinosaures s’est joué dans une atmosphère évoquant plutôt un PSG-Lorient. Ce qu’a regretté Marquinhos après le match au micro de Prime Video.

« Je ne m’attendais pas à cette ambiance, a déclaré le Brésilien. Un ‘clasico’, il faut mettre tout de côté, ce n’était pas le moment de faire cela. On le comprend, ils ont leurs arguments, ils n’ont peut-être pas les réponses, mais il fallait mettre l’orgueil de côté pour ce moment-là. En tant que joueur je ne suis pas d’accord. »

Neymar, rayon de soleil dans l’obscurité

En tant qu’observateurs, on n’est pas d’accord du niveau de jeu proposé par les deux équipes qui s’affrontaient dans le match vitrine de la Ligue des talents alors que, dans le même temps, Séville et le Real proposaient une tout autre limonade. On remerciera tout de même Neymar d’avoir retrouvé son football juste à temps pour sauver les meubles. Il a été le seul à la hauteur de l’événement et pourrait finalement ne pas être perdu pour le football au vu de ses récentes performances. Aux statistiques (un but et un penalty gratté), l’attaquant a ajouté le style par la passe. L’un des rares trucs sympas de ce match.

Sampaoli, la possession défensive

Mais revenons plutôt à la source de notre mal-être, à commencer par la stratégie de Jorge Sampaoli. Certes, les Marseillais revenaient d’un épuisant déplacement dans la prestigieuse Ligue Europa Conference, mais est-ce suffisant pour justifier ce jeu de possession hyper stérile avec cinq mecs derrière (tout un concept) ? L’Argentin s’est justifié en conférence de presse.

« Si on perd le ballon ça peut aller très vite en contre, en face ce sont quand même les trois meilleurs joueurs du monde, c’est pour cela que le plan de jeu était de contrôler le jeu ce soir. Il fallait avoir la possession contre une équipe qui a devant trois joueurs qui peuvent marquer à tout moment, jouer autrement aurait été suicidaire. »

C’est pourtant quand les Marseillais se sont autorisé un peu de verticalité en fin de match qu’ils se sont faits plus menaçants, mais bon, vu qu’on pousse moins que Jorge au développé-couché, on va pas trop le contredire.

Le grand bal des hors-jeu

Et puis comme si ça ne suffisait pas, comme si les spectateurs n’avaient pas droit au bonheur, le peu de fois où le ballon entrait dans la cage, il y avait en réalité hors-jeu. Mention spéciale pour le but refusé à William Saliba, son aura devançait la ligne de défense parisienne donc pas but. C’est con, le service de Dimitri Payet avait bien sa place quelque part au musée d’art moderne de Paris. On vous passe les buts refusés à Messi, Mbappé et à peu près tous les joueurs du PSG, sinon on y est encore dans trois jours.

Donnarumma a besoin d’aide

Cirque Pinder, toujours. On garde le meilleur pour la fin. A la fois parce que c’est le meilleur du pire, et parce qu’on avait des scrupules à tirer sur l’ambulance Donnarumma. On pensait que l’Italien n’avait plus rien à offrir après son cadeau à Caleta-Car sur l’égalisation marseillaise, mais c’était sans compter sur la générosité infinie du gardien qui est passé de Manuel Neuer à Apoula Edel en 2,5 secondes. D’une sortie et d’un crochet pleins de sang-froid sont nés une crise de panique du style bug FIFA, dans lequel le pauvre Gigio a perdu l’usage pur et simple de son cerveau pour canarder le panneau publicitaire. Un renvoi en touche ridicule qu’il aura au moins su rattraper par l’antijeu. Bref, ce Classico nous aura bien fait rire, mais pas forcément pour les bonnes raisons.