FC Metz - PSG : Quand Paris va-t-il se comporter comme une grande équipe et rouler sur ses adversaires ?

FOOTBALL Ce n'était encore pas très beau à voir à Metz mercredi, malgré la victoire (2-1)

Thibaut Gagnepain
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Match FC Metz-PSG le 22 septembre 2021
Match FC Metz-PSG le 22 septembre 2021 — Christophe Ena/AP/SIPA
  • Le PSG a remporté son septième match en sept journées de Ligue 1, mercredi soir à Metz (2-1). Un bilan comptable parfait.
  • Et alors, on s’arrête aux chiffres ? Non car l’équipe parisienne n’a pas proposé grand-chose, à part dans les vingt premières minutes, et en s’arrachant dans les derniers instants.
  • Mauricio Pochettino a évidemment défendu ses joueurs. Tout juste a-t-il admis que son équipe « devrait être capable de maintenir le niveau de jeu » plus longtemps dans un match.

Au stade Saint-Symphorien à Metz,

7-0, 3-0, 4-1, 5-0. Non, ce ne sont les numéros gagnants du prochain tirage de l’Euromillions. Juste les scores des derniers matchs du Bayern Munich. Tous remportés sans souci. A l’image d’une équipe qui assume son statut d’ogre et distribue les torgnoles, en Allemagne et aussi en Europe.

Avec le PSG, rien de comparable pour l’instant. Simplement un perfect au niveau comptable, avec 7 victoires en 7 journées dont une dernière à l’arraché mercredi soir à Metz (2-1). Mais c’est tout. Pas de fessée digne de ce nom, même contre Clermont (4-0). Pas de démonstration éclatante de puissance. Peu d’actions dignes d’une formation qui accumule les stars. Non, le groupe de Mauricio Pochettino laisse régulièrement cette impression d’inabouti. Comme si elle pouvait toujours faire mieux… mais ne le faisait jamais.

En Lorraine pour la dernière sortie en date, la belle impression a duré vingt minutes. Le temps d’ouvrir le score par Hakimi (5e), d’étouffer l’adversaire, d’imposer son jeu et de se procurer d’autres occasions qui auraient dû permettre de tuer le match. Et puis plus rien. Neymar and co ont commencé à subir physiquement, à concéder des contre-attaques, l’égalisation (Kouyaté, 39e). Avant de frôler la correctionnelle juste avant la pause (merci Navas !) puis de pousser mollement en seconde période.

« Je suis content du caractère montré »

Et, comme face à Lyon dimanche, les Parisiens s’en sont finalement sortis sur la dernière action, grâce à un bel enchaînement signé Hakimi (90e+5). Au moins, cela démontre qu’ils ont une certaine volonté et refusent l’idée même de perdre le moindre point. Leur coach l’a évidemment souligné après la partie. « L’équipe n’a rien lâché, a continué de se battre jusqu’au bout. Je suis content du caractère montré », a salué le technicien argentin dans sa séance de satisfecit post-victoire.

Neymar qui a perdu ballon sur ballon en tentant des dribbles n’importe comment, avant, c’est vrai, de délivrer l’ultime passe décisive ? « On attend de la magie à chaque ballon qu’il touche, ce n’est pas évident. Je suis plus que satisfait de ce qu’il a produit », l’a défendu Pochettino. Son PSG qui a peiné jusqu’au bout pour s’imposer chez le dernier de Ligue 1 ? « On ne peut pas encore affirmer que Metz sera dernier à la fin. Il y a de très bonnes équipes dans ce championnat », a poursuivi l’entraîneur.

Tout juste a-t-il admis que son équipe « devrait être capable de maintenir le niveau de jeu » plus longtemps dans un match. En clair, pas se contenter d’être cohérente et dominante à peine plus d’une vingtaine de minutes. « Mais je suis content dans le contenu », s’est vite repris Mauricio Pochettino dans sa communication destinée à ne surtout froisser personne.

Mais c’est quoi le plan de jeu au fait ?

Pourtant, il y a de quoi l’être un peu quand on regarde les matchs de son groupe. Avec les recrues de l’été (Messi, Hakimi, Wijnaldum, Sergio Ramos, Donnarumma, Nuno Mendes), le public semble en droit d’attendre mieux de cet effectif sans pareil. Même quand certains grands noms en sont absents, comme les anciens barcelonais et madrilène à Metz hier soir.

Sauf que neuf mois après son arrivée, Pochettino n’a toujours pas donné d’identité claire au jeu de son équipe. Veut-elle presser haut ? Elle le fait par moments, vite rattrapée par le repli souvent fainéant de ses attaquants. Veut-elle aspirer son adversaire pour mieux le contrer ? Là encore, elle l’a déjà prouvé mais jamais sur la durée, et surtout pas en Ligue 1 où son aisance technique lui donne de fait la possession.

Certes, le coach peut se prévaloir de quelques excuses, entre méformes, promenades en sélections, blessures et ego à gérer. Mais en attendant, ce PSG-là, aux allures de Harlem Globetrotters en tournée ne séduit pas grand monde depuis le début de saison. Pour le moment, il gagne. C’est peut-être l’essentiel.