PSG-Real Madrid: Quand les Espagnols peuvent embêter Benitez, ils ne se privent vraiment pas

FOOTBALL Son équipe marque beaucoup, mais le technicien espagnol est critiqué en Espagne...

Nicolas Camus

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Rafa Benitez sur le banc du Real Madrid lors du match contre Galatasaray, le 18 août 2015.
Rafa Benitez sur le banc du Real Madrid lors du match contre Galatasaray, le 18 août 2015. — Daniel Ochoa de Olza/AP/SIPA

Les journalistes espagnols n’attendaient que ça. Et Laurent Blanc leur a servi la matière dont ils avaient besoin sur un plateau. Certes, depuis le début de la saison, les suiveurs du Real Madrid ont vu l’équipe de Benitez massacrer le Betis (5-0), l’Espanol (6-0) ou le Shakthar (4-0), mais on sent que quelque chose les titille sévèrement. Un quelque chose que l’on pourrait résumer par « oui mais on s’ennuie un peu quand même ». Alors quand le coach parisien a fait savoir ce mardi en conférence de presse que selon lui, le Real avait « une philosophie défensive » depuis le début de saison, c’est comme s’il avait lancé un morceau de viande dans une cage de tigres qui n’avaient pas mangé depuis trois jours.

Dès qu’ils ont eu le droit de lui poser des questions, un peu plus tard, ils se sont presque battus pour avoir le micro. Alors, Rafa, qu’est-ce que tu as à répondre à Blanc (et aussi à Ancelotti, tant qu’on y est, qui a lui aussi donner son avis – négatif - sur la question) ? « Notre équipe est une équipe qui attaque, les statistiques le disent. Notre objectif est toujours de gagner en marquant des buts ». Voilà pour la réponse de Benitez à la première salve.

 

La seconde est venue environ cinquante secondes plus tard. Même question, même joueur joue encore. « Je ne sais pas… Les stats sont là, à Liverpool, à Naples, je crois que mes équipes jouaient. Et là au Real encore plus. On tire beaucoup, on marque beaucoup. Je suis pragmatique, s’il faut attaquer je le fais, s’il faut contre-attaquer je m’adapte. Mais le but est toujours de gagner en marquant le plus possible ».

On n’est pas loin d’avoir de la peine pour le coach espagnol, qui a l’air d’avoir très chaud dans son survêtement et qui rougit à vue d’œil. Alors comme ça, 18 buts en huit matchs de Liga et 6 en deux rencontres de Ligue des champions ne suffisent pas ? Mais autant battre le fer tant qu’il est chaud, alors allons-y pour la troisième flèche, signée d’un confrère de la Cadena Ser.

« On dit toujours que les résultats sont le plus important dans le foot, alors pourquoi pas là ? »

« Je le répète, nos statistiques sont excellentes. Il n’y a pas grand-chose à dire de plus. On ne peut pas réfuter les chiffres, reprend Benitez. On dit toujours que les résultats sont le plus important dans le foot, alors pourquoi pas là ? » Un point pour Rafa. Mais ça ne décourage pas ses assaillants qui décident de changer un peu de technique en lui demandant ensuite s’il pense que son équipe « est plaisante à voir jouer ». « Je crois, oui », ne se démonte pas celui dont le palmarès est plutôt sympathique à regarder.

Vu de l’extérieur, nous on a plutôt envie de lui demander s’il n’est pas un peu agacé par tout ça. Un collègue se lance. L’Espagnol sourit, puis convient : « Cette équipe, pendant certaines phases de match, joue très bien. Et ce sera tout le temps comme ça, il y a de tels grands joueurs. Et on va encore progresser. Après, si on me pose cinq fois la même question, je vais répondre cinq fois la même chose. Je ne suis pas agacé, juste heureux d’entraîner une grande équipe avec de grands joueurs. Et puis les bilans se font en fin de saison ». On ne sait pas pourquoi, mais on serait tenté de dire que le sien a intérêt à être béton.