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Et si Léon Marchand parvenait à être encore plus « irréel » qu’aux JO ?

Mondiaux de natation 2025 : Et si Léon Marchand parvenait à être encore plus « irréel » qu’aux JO de Paris 2024 ?

King (of) LeonEn état de grâce dès les demi-finales du 200 m 4 nages, ce mercredi à Singapour, le quadruple champion olympique est parvenu à pulvériser le record du monde de Ryan Lochte (1'52''69 contre 1'54''). Un exploit déjà à la hauteur de son récital aux JO ?
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Léon Marchand a établi ce mercredi un nouveau record du monde en demi-finale du 200 m quatre nages des Championnats du monde de natation à Singapour.
  • Et de quelle manière, puisque le Toulousain a bouclé la distance en 1'52''69, pulvérisant la marque de Ryan Lochte (1'54''00) qui tenait bon depuis quatorze ans.
  • A 23 ans, le quadruple champion olympique s’est montré bluffé par sa folle performance : « J’ai quand même du mal à croire à 1'52'' en 200 m quatre nages. Je vais essayer de comprendre ce que je viens de faire, ça va peut-être me prendre quelques mois. » Et si Léon Marchand était bel et bien encore plus intouchable aux Mondiaux 2025 qu’aux JO de Paris 2024 ?

En devançant son compère d’entraînement sur le premier 50 m en papillon, Shaine Casas a pu rêver de s’offrir ce mercredi le scalp de Léon Marchand sur la deuxième demi-finale du 200 m quatre nages, lors des Championnats du monde de natation 2025 à Singapour. Sauf que l’histoire retiendra simplement que l’Américain n’a pu être qu’un témoin privilégié de la légendaire course du quadruple champion olympique. Une de plus, nous direz-vous, tant le Français de 23 ans les collectionne depuis 2022.

Sauf que cette fois, Léon Marchand s’est offert son deuxième record du monde en grand bassin, après celui du 400 m quatre nages raflé en finale des précédents Mondiaux, en 2023 à Fukuoka (Japon). Après avoir sans complexe pulvérisé à cette occasion la marque de Michael Phelps sur la distance, qui remontait à 2008 (4'02''50 contre 4'03"84), il a fait encore plus fort ce mercredi.

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Nouveau record du monde à venir sur 400 m 4 nages ?

Car le record du monde de Ryan Lochte, intouchable depuis quatorze ans (1′54''00), même pour un Léon Marchand on fire sur « ses » JO de Paris 2024 (1'54''06), a volé en éclats dans une séquence de grâce ultime à Singapour. Rendez-vous compte, le golden boy tricolore est carrément passé sous la barre des 1'53'', en 1'52''69, soit très exactement 1 seconde et 31 centièmes de moins que Lochte.

Après une mise en route tout en maîtrise lors des séries (1'57"63) quelques heures plus tôt, l’onde de choc est totale dès le premier jour de compétition de King (of) Leon. De quoi nous pousser à une folle question : et si Léon Marchand était tout simplement encore plus monstrueux qu’aux JO, malgré sa collection de quatre sacres olympiques en individuel et d’une médaille de bronze par équipe ?

On le sait, en accord avec ses entraîneurs Bob Bowman et Nicolas Castel, le nageur français a choisi de se lancer sur un menu bien moins copieux à Singapour, ce qui peut de fait atténuer le nombre d’images iconiques et cette sensation de surdomination sur différents formats. Mais là, dès une demi-finale où on le pensait jouer la carte de la gestion, le phénomène a sorti de ses coulées un ahurissant record du monde. Et il lui reste la finale du 200 m quatre nages jeudi, plus le 400 m quatre nages (nouveau record du monde à la clé ?) pour marquer encore davantage les esprits du monde entier.

« Je vais essayer de comprendre »

En attendant, l’intéressé ne s’en cache pas ce mercredi : il est le premier sous le choc. « Là, ce n’est même pas un record… 1'52'', ça me paraît un peu irréel », constatait-il dans un rire contenu, à chaud au micro de France Télévisions. Un peu plus tard, en zone d’interview, Léon Marchand n’avait pas davantage pris conscience de sa performance : « J’ai quand même du mal à croire à 1′52'' en 200 m quatre nages. Je vais essayer de comprendre ce que je viens de faire, ça va peut-être me prendre quelques mois. »

Ce qui est le plus désarmant ce mercredi, c’est ce cocktail gagnant entre record du monde programmé avec ses coachs, progrès toujours plus bluffants, et concrétisation au-delà de ses espoirs.

« Je suis trop content parce que je voulais l’avoir, ce record. Je l’ai dans la tête depuis déjà deux ou trois ans. Je ne pensais simplement pas que ça allait arriver aussi tôt. Entre les séries et la demie, je me suis senti vraiment bien à l’échauffement, très léger dans l’eau, et techniquement c’était vraiment bien. J’en ai un peu parlé à Bob Bowman et on s’est dit que c’était peut-être le moment de le faire, pour être plus relâché afin d'essayer de gagner demain [en finale]. »

Léon Marchand

« Je ne savais pas que j’étais aussi rapide »

Une fois le rendez-vous pris, Léon Marchand a montré son meilleur visage, « hyper relâché », et capable de compter déjà 6 dixièmes de seconde d’avance au bout de 50 m par rapport à son temps en finale des JO de Paris 2024. « Je ne savais pas que j’étais aussi rapide », a-t-il carrément glissé, tout en rappelant « tout le travail de puissance fait cette année », qui a notamment porté ses fruits en papillon.

Notre dossier sur Léon Marchand

« J’essaie vraiment de tourner les bras au maximum pour arriver au mur. En dos, c’est devenu ma force alors qu’avant, c’était ma pire nage », révèle-t-il ensuite. De quoi savourer un bonheur intense, « une explosion », célébrée comme une médaille d’or. « J’ai de la surprise et de la joie de me dire que tous les choix que j’ai faits cette année étaient les bons », note le jeune Toulousain. Shaine Casas et tous ses adversaires se trouvent face à cette fatalité : attendre en vain une erreur dans la carrière de jeune glouton qu’est en train de se construire Léon Marchand, de Budapest à Singapour en passant par Fukuoka et Paris.