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Alors, on retient quoi du grand test de Marchand sur 200m brasse et papillon ?

JO de Paris 2024 : Que retient-on de l’enchaînement Fast & Furious de Léon Marchand sur 200m papillon et brasse ?

Championnats de FranceMission accomplie pour Léon Marchand pour son grand test aux championnats de France. Titré mercredi sur 200m papillon et brasse avec minimas à la clé, il a prouvé que l’enchaînement était possible, malgré des détails à ajuster
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Léon Marchand s’est qualifié aux championnats de France pour les JO de Paris 2024 sur le 200 m papillon et le 200 m brasse, en l’espace de trois quarts d’heures, malgré la fatigue.
  • Le plan prévoyait pour Marchand de ne pas trop forcer sur les séries et de maximiser la récupération entre les courses, notamment avec des prises régulières de lactates.
  • Marchand est satisfait de sa journée, lors de laquelle il a pris beaucoup de plaisir malgré la difficulté du challenge. L’enchaînement aux JO n’est pas acté mais les signaux son positifs

De notre envoyé spécial,

Joies de la perception du temps qui passe. Pour les spectateurs venus camper après l’heure du déjeuner devant l’Odyssée de Chartres pour s’assurer les meilleures places en tribune, les 2-3 heures précédant les finales de Léon Marchand ont dû paraître infiniment longues. Pour le nageur français, c’est l’inverse : engagé dans une double journée aux championnats de France de natation, où il enchaînait mercredi les épreuves du 200m papillon et brasse, les minutes s’égrainaient si vite qu’il a fallu les optimiser.

Si l’on s’en tient aux résultats et aux qualifications olympiques décrochées par la star de la natation française, le plan s’est déroulé sans accroc. Léon Marchand a remporté les titres nationaux sur les deux épreuves en l’espace de trois quarts d’heures, malgré un « troisième 50m [brasse] où il a un peu de mal, il termine à l’énergie » d’après son entraîneur toulousain, Nicolas Castel, lequel se montre toutefois optimiste.

Si l’enchaînement brasse-papillon aux JO attend encore d’être officialisé par le clan du prodige, pas grand monde dans son entourage ne semble douter de sa faisabilité dans un mois. Surtout pas Marchand, avide de défis et tout amusé d’avoir survécu à l’océan d’acide lactique. « C’était cool, j’ai kiffé. J’ai pris beaucoup de plaisir aujourd’hui. » « La moralité, c’est qu’il faut s’en tenir au plan, et qu’il doit être rigoureux », sourit Castel.

Une matinée en mode gestion (de 10h à 12h)

Le plan, parlons-en justement. Après la mini-déception de lundi sur le 400m 4 nages, Léon Marchand a profité de la journée de mardi pour continuer de rattraper son sommeil. L’inconfort lié au décalage horaire avec les Etats-Unis est tenace, mais l’embellie palpable. « Chaque jour il va de mieux en mieux, souligne son entraîneur toulousain. J’imagine que vendredi ça sera encore mieux. »

Les séries du matin étaient tranquilles. Deux victoires sans forcer, avec à chaque fois des premiers 100m en mode gestion pour ne pas trop taper dans les réserves. Aux JO, il faudra néanmoins faire mieux dès les séries, prévient Denis Auguin, entraîneur en chef des équipes de France de natation. « Il faudra nager beaucoup plus vite dès le matin sur les deux courses. Ça sera un exercice encore plus compliqué. »

Le protocole de récupération est rodé

Contrairement au lundi, où il s’était arrêté devant la presse après sa série sur 400 4 nages, il a été convenu que le bonhomme ne s’arrêterait pas en zone mixte avant la fin de journée. Les 57 minutes séparant les deux courses matinales – dix de moins le soir entre chaque finale – étaient trop précieuses pour être gâchées devant les caméras. Idem en fin de matinée. A peine sorti de sa seconde série, déjà en mode récupération. « J’y vais directement », lâche-t-il à Michel Coloma, directeur du club de Toulouse et son chaperon pour l’occasion, en désignant le bassin extérieur, où il passera une vingtaine de minutes pour se dégourdir les pattes. Il est 11h20. A 11h43, il repartait de la piscine escorté par ses deux entraîneurs toulousains pour poursuivre sa routine à l’abri des regards.

Afin de jauger la fatigue de Marchand et la marche à suivre, le nageur subit une prise de lactate régulière. Pas de panique, Auguin a accepté de jouer les vulgarisateurs doctissimo. « En gros, on prélève une goutte de sang au niveau du doigt ou de l’oreille et ça nous donne le taux d’acide lactique dans le sang. Ça se calcule en millimoles. Globalement, ça nous permet de voir si c’est bon, si le nageur a récupéré ou s’il doit encore un peu continuer la récupération. C’est l’outil le plus simple dont on dispose. »

L’or olympique se jouera-t-il à une barre énergétique ?

Aussi impressionnants soient-ils, les rouages de l’horloge Marchand ne sont cependant pas tout à fait infaillibles. 18h, première finale, le 200m papillon. 1'54''08, deux secondes de moins que son dauphin. Un chrono venu récompenser une course engagée, sans le moindre calcul. Sortie de bassin, nouvelle prise de lactate, nouvelle récup dans le bain extérieur. A peine le temps de renfiler son jogging qu’il est l’heure de remettre le couvert. 200m brasse. Plus poussif. Il faut un bon 100m pour le voir prendre les commandes de la course. Victoire avec une seconde d’avance sur son dauphin en 2'08''95. Entre les deux, de la fatigue physique et mentale. « J’étais un peu anesthésié, j’avais comme l’impression d’être endormi à la chambre d’appel. Je pense que j’ai pas assez mangé avant le 200 brasse. J’aurais dû avoir une petite barre, un truc entre les deux courses. » Et si le secret des deux médailles d’or olympiques à l’heure tenait dans un Mars ?