Le nageur français Mehdy Metella concentré avant un 100 mètres nage libre.
Le nageur français Mehdy Metella concentré avant un 100 mètres nage libre. — A. McKenzie / REX / Shutterstock / SIPA

NATATION

Arbitrage de la nage libre: «Ils peuvent faire quasi n'importe quoi», glisse un juge

Huit nageurs français, dont trois Marseillais, disputent les championnats de monde de natation en petit bassin, du 11 au 16 décembre, à Hangzhou, en Chine. Comment seront-ils jugés ? 

  • En nage libre, les juges ont pour principale mission de vérifier si l'athlète sort de l'eau avant la ligne des quinze mètres, et qu'il touche correctement le bord à l'arrivée.
  • Pour les nageurs, cette règle est parfois difficile à respecter.

Des failles se cachent parfois dans les profondeurs. Des failles réglementaires​ : à la fin des années 1980, des petits malins ont découvert qu’un nageur bien entraîné va plus vite sous l’eau qu’à la surface. « Une longueur entière sous l’eau… Pour les télés et les spectateurs, ça devenait compliqué », se souvient Denis Cadon. Juge arbitre depuis près de 30 ans, il écume les grandes compétitions de natation avec un rôle finalement assez simple. C’est lui qui le dit : « Ils peuvent faire quasi n’importe quoi ! La nage libre est quand même relativement… libre. »

Si la brasse, par exemple, est extrêmement réglementée, le crawl s’organise autour d’une règle unique : les 15 mètres. Denis Cadon : « Les nageurs doivent avoir la tête qui coupe avant d’avoir parcouru 15 mètres, après le plongeon et après le virage. On est deux juges de chaque côté, on se positionne au niveau des 15 mètres : il y a des repères sur les bouchons de ligne et au bord du bassin. »

Contestations et disqualifications

Les nageurs, eux, se repèrent comme ils le peuvent : « Les sensations peuvent t’aider, mais l’idéal, c’est de compter les ondulations sous l’eau », explique l’ancien sprinteur marseillais Frédérick Bousquet, qui « préférait être sous l’eau ». Ce qui lui a valu quelques disqualifications dans des compétitions mineures, notamment à l’arrivée des combis en po­lyu­ré­tha­ne (interdites en 2009) : « On avait tellement de glisse, ça allait tellement fort qu’on sortait au-delà des 15 mètres ! »

La limite est parfois ténue… et peut donner lieu à des contestations. Pas de roulés-boulés comme Rudi Garcia, mais quelques accrochages tout de même (en claquettes Fila). En 2010, aux championnats du monde, Camille Lacourt avait été disqualifié, se souvient Romain Barnier, le manager du Cercle des nageurs de Marseille. On avait réussi à faire annuler la sanction pour un vice de forme… Mais franchement, c’était plus que limite ! »

Pas de souci pour Metella

Car en dos (où la règle est la même), « c’est plus difficile de se repérer sous l’eau », précise Romain Barnier. Il ne se fait pas de souci pour son poulain Mehdy Metella, dont les ondulations de dauphin sont impressionnantes, mais licites.

Mehdy Metella, parti disputer les championnats du monde en petit bassin à Hangzhou, en Chine, est « souple et explosif », selon son coach. « Mehdy est très aquatique, il a une très belle ondulation, s’emballe Frédérick Bousquet. Ça lui donne un gros atout en petit bassin, surtout après le virage… C’est souvent là qu’il passe devant ses adversaires. » Et sous le nez des arbitres.