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Aurélie Muller, nageuse disqualifiée aux JO de Rio, déjà en mode Tokyo 2020

Natation: «Il ne faut pas l'oublier», Aurélie Muller, disqualifiée aux JO de Rio, déjà en mode Tokyo 2020

NATATIONAprès une folle course dans un fleuve argentin et une année d’études, Aurélie Muller, la nageuse disqualifiée après son arrivée aux JO de Rio « est encore là ». Avec les Jeux de 2020 en tête…
Bruno Poussard

Bruno Poussard

L'essentiel

  • Aux yeux du grand public, Aurélie Muller restera peut-être celle qui s’est vue retirer sa médaille d’argent vingt minutes après son arrivée à Rio.
  • Mais deux ans plus tard, la nageuse de Sarreguemines (Moselle) s’est remise en mode médaille olympique en compétition internationale début novembre.
  • Entre-temps, la jeune femme de 28 ans, s’est lancée dans deux aventures : une folle course de 57 km dans un fleuve argentin et une année d’études.

Aux yeux du grand public, elle restera peut-être encore longtemps celle qui s’est vue retirer sa médaille d’argent vingt minutes après son arrivée aux JO de Rio. « Certains me reconnaissent plus que si j’avais vraiment fait la médaille », constate Aurélie Muller. Pourtant, la carrière de la nageuse d’eau libre est loin de se résumer à cette folle désillusion brésilienne.

Et ses aventures aquatiques sont loin d’être terminées. Sans être à 100 %, la Mosellane de 28 ans vient de franchir une première marche dans la course à Tokyo 2020. Où elle visera au moins une médaille pour ses troisièmes Jeux. C’est encore loin, mais elle est déjà rentrée dedans. Et bien, lors de la finale de la Coupe du monde sur 10 kilomètres le 9 novembre à Abu Dhabi.

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Pour sa première compét' internationale depuis 16 mois aux côtés des toutes meilleures, elle s’est accrochée dans l’emballage final pour obtenir (à 5 secondes de la gagne) une cinquième place synonyme de pré-qualification pour les Mondiaux de 2019 - où un Top 10 offrira directement un ticket olympique. A l’expérience. De retour dans l’Hérault où elle est installée, elle a le sourire.

La tristesse et le malheur de Rio récemment remontés

Pourtant, au moment de retrouver concurrence, équipe de France et adrénaline dans les Emirats, la tristesse de Rio 2016 lui est remontée d’un coup. Aurélie Muller raconte : « En descendant prendre le petit-déjeuner dans notre hôtel, je suis tombée nez à nez sur le juge qui m’a disqualifiée. C’était la première fois que je le revoyais. C’était un face-à-face pas simple… »

Evoquer ce souvenir « malheureux » et « négatif » lui est encore difficile. Même entourée, la nageuse de Sarreguemines a mis du temps à s’en remettre : « Je me suis entraînée tellement dur pour cette médaille, pour la perdre sur la décision d’une seule personne… » Deux ans plus tard, la protégée de Philippe Lucas cherche encore à prendre du recul, tente de l’utiliser.

« « C’est ce qui fait que j’en suis là encore aujourd’hui. Quand c’est compliqué, que je n’ai pas envie de me lever, je m’en sers comme une force, je me dis que ce n’est pas possible. » »

La nageuse Aurélie Muller lors de son premier titre mondial à Kazan, en Russie, en 2015.
La nageuse Aurélie Muller lors de son premier titre mondial à Kazan, en Russie, en 2015. - S. Grits / Sipa.

Longue distance puis études depuis les derniers Jeux

Depuis Rio, Aurélie Muller est aussi sortie de sa routine. Devant le manque d’un objectif motivant après ses vacances post-olympiques, elle s’est tournée vers une course de dingues en Argentine, encouragée par Stéphane Lecat, le boss de l’eau libre à la Fédération française de natation. Un 57 bornes dans un fleuve fini à la 3e place, sans entraînement spécifique.

Une épreuve hors du commun pour le dépassement, mettre fin à sa façon à l’issue subie de son rêve olympique quelques mois plus tôt, et apprendre sur elle-même en cas de fin de course très difficile sur son habituel 10 kilomètres. « Aux Mondiaux de Budapest (en 2017) à 2-3 bornes de la fin quand ça devenait dur, je me disais ''ce n’est rien t’as fait 57 !'' », sourit-elle.

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Après son deuxième titre mondial, la Lorraine a lancé un autre projet : un BTS diététique dans une école privée à Montpellier. Sans aucun aménagement. Avec séances en bassin le matin, cours dès 11h en moyenne. Aurélie Muller a cravaché, mais elle a validé ses premiers stages (au Creps et en Institut médico-éducatif) pour pouvoir boucler sa formation en 2021.

« Vous ne l’avez pas vue un an, mais il ne faut pas l’oublier »

Après cette année scolaire difficile, elle n’est repassée à deux sessions dans l’eau par jour qu’en septembre. D’où un retour encore plus louable à Abu Dhabi deux mois après. Même si elle a dû serrer les dents, le message d’Aurélie Muller à ses adversaires est clair : « Vous ne l’avez pas vue pendant un an, mais elle est encore là, il ne faut pas l’oublier. » Mais pour elle, il y a encore du boulot.

« Les premières semaines ont été très dures pour récupérer et enchaîner, insiste-t-elle. Après, avec Philippe [Lucas], il faut vite se remettre dans le rythme (sourire). J’en ai chié mais j’ai retrouvé l’endurance. Pour l’intensité et la vitesse, c’est plus compliqué. » Ce week-end, elle a bossé ça aux France en petit bassin. Oui, Aurélie Muller est bien de retour. Mais avec une vision du sport bien différente depuis Rio.