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JO: «Bande d'enculés», la natation française s'insurge pour Aurélie Muller

JO 2016: «Bande d'enculés» et larmes à Copacabana, la natation française s'insurge après la disqualification d'Aurélie Muller

JEUX OLYMPIQUESVice-championne olympique, la jeune femme a finalement été déclassée...
Romain Baheux

Romain Baheux

De notre envoyé spécial à Rio,

C’était la vingt-troisième médaille française, celle qui lançait la deuxième semaine des JO. Une médaille d’argent au bout de dix kilomètres d’effort devant la plage de Copacabana. Chance annoncée de titre, Aurélie Muller claque un énorme finish pour chiper la seconde place à l’Italienne Rachele Bruni. Joie dans les rangs de la Fédération, éreintée par une semaine de polémiques autour de la piscine. Philippe Lucas vient raconter aux médias à quel point sa protégée bosse. « Tu ne fais pas ça en enfilant des perles », se félicite-t-il, torse nu face à l’Atlantique..

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« Attends, je crois qu’elle est disqualifiée », nous lance un confrère. On vérifie, c’est bien le cas. Aurélie Muller out pour avoir gêné la Transalpine lors de la touche sur la plaque d’arrivée, Bruni reprend l’argent et la Brésilienne Poliana Okimoto monte sur le podium. Saluée bruyamment par le public carioca, la décision met Lucas hors de lui. « Si c’est le cas, c’est une bande d’enculés », crache-t-il, tournant les talons pour aller chercher sa nageuse.

Aurélie Muller a été disqualifiée après avoir pris la 2e place du 10km libre.
Aurélie Muller a été disqualifiée après avoir pris la 2e place du 10km libre.  - Capture d'écran/Twitter (Canal+)

Directeur des équipes de France de natation, Stéphane Lecat file en direction du bureau des officiels pour porter réclamation. Aurélie Muller, évite fort logiquement la zone mixte. Soutenue physiquement par le directeur technique national Jacques Favre, la jeune femme fuit le site, visage en larmes caché dans ses mains. Pendant ce temps, le podium du 10 km féminin se déroule normalement. Sous le soleil de midi, la Néerlandaise Sharon van Rouwendaal profite de son sacre.

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Apaisé, Lucas revient devant la presse pour une nouvelle interview. « Là, tu prends un parpaing dans la gueule, souffle-t-il, tout en reconnaissant ne pas avoir encore vu les ralentis de la scène incriminée. Ellle est effondrée. Et puis, elle a 26 ans, pas 18 ou 22. Dans quatre ans, elle aura trente ans. Donc là, c’est mort. »

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De longues minutes d’attente plus tard, Stéphane Lecat réapparaît, accompagné du président de la Fédération Francis Luyce. « Aurélie a été obligée de se déporter sur la droite parce que la corde du côté gauche du chenal est amarrée sur l’extérieur du boudin alors qu’elle devrait être au milieu. Elle a alors coulissé en direction de l’Italienne », détaille Lecat. Le boss des Bleus y va de sa critique de l’organisation, répond aux questions puis la gorge nouée, s’arrête avant les larmes

Le moment que choisit Francis Luyce pour attaquer. Au bazooka. « On va déposer un recours devant le CIO. On ira jusqu’au bout. Cette décision comporte des zones troubles, je la trouve honteuse et inqualifiable. Vous ne trouvez pas que ça en arranger certains ? Une médaille pour la Brésilienne ici, c’est magnifique non ? »

Oui, assure la concernée, convoquée à la protocolaire conférence de presse post-podium. Mais que pense-t-elle de la polémique lancée par la FFN ? « Ce qu’il s’est passé doit servir d’exemple aux autres athlètes, estime Poliana Okimoto. Si elle avait simplement nagé, elle aurait eu la médaille de bronze. »

« Cette décision est justifiée, confirme Rachele Bruni. La Française est venue sur moi et m’a touché l’épaule. Du coup, je n’étais pas capable d’appuyer sur la plaque. C’est la règle. » Visiblement, tout le monde ne l’interprète pas de la même manière.