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Victime d’un Covid long, Gaël veut finir « le marathon de Paris même en marchant »

Marathon de Paris 2024 : Victime d’un Covid long, Gaël veut « terminer la course, même en marchant »

RUN WARRIORA 26 ans, Gaël Martin, étudiant à Grenoble et victime d’un Covid sévère, s’est promis de courir son premier marathon s’il recouvrait la santé
Caroline Girardon

Caroline Girardon

L'essentiel

  • Le marathon de Paris aura lieu le dimanche 7 avril. A cette occasion, 20 Minutes vous propose chaque semaine des portraits de participants et participantes.
  • Gaël Martin, étudiant grenoblois de 26 ans, a contracté un Covid long qui l’a terrassé pendant plus de deux ans et demi.
  • Le jeune homme s’était promis de courir symboliquement un marathon – son premier – s’il recouvrait la santé. Ce sera au Schneider Electric Marathon de Paris.

«Je m’étais juré que si j’arrivais à me débarrasser de cette fatigue, je n’aurais plus aucune excuse pour ne pas faire davantage de sport ». Le 7 avril prochain, Gaël Martin sera, seul, au départ du Schneider Electric Marathon de Paris. Peu importe le résultat à venir, sa participation est déjà un exploit en soi. Franchir la ligne d’arrivée sera « un beau symbole de guérison » et « un vrai soulagement », sourit-il, devant une tasse de café. A 26 ans, cet étudiant grenoblois émerge à peine d’un cauchemar qui a duré plus de deux ans et demi.

En février 2021, lui qui « tombe rarement malade » contracte une « grosse fièvre » l’obligeant à rester cloué au lit plusieurs jours. Mais « rien de plus ». Jusqu’à l’apparition de nouveaux symptômes, les semaines suivantes : une « fatigue extrême », des « troubles de la mémoire » et de la « concentration ».

« Brouillard mental » et « corps de 90 ans »

« Je me suis retrouvé dans un brouillard mental, avec cette impossibilité de connecter mon cerveau. J’avais perdu toutes mes capacités cognitives. Je n’arrivais plus à parler. Je ne parvenais plus à faire de liens logiques dans ma tête. Je me sentais complètement bête et vide », témoigne Gaël, alors complètement « déstabilisé ».

Impossible de participer ou tenir une discussion. Mais pas seulement. Chaque geste du quotidien relève du supplice. « Quarante minutes » en moyenne pour se lever. La « tête qui tourne » au moment de monter ou descendre des escaliers. L’absence de repères dans l’espace public. « Le moindre effort me demandait une énergie que je n’avais plus. J’avais l’impression d’être dans un corps de 90 ans », raconte l’étudiant qui n’avait pourtant « jamais loupé un entraînement » de basket. Et d’insister : « Je ne comprenais pas du tout ce qui m’arrivait. »

La « grande inconnue »

Les tests effectués pour détecter un manque de fer ou diagnostiquer une potentielle apnée du sommeil s’avèrent négatifs : « Rien n’expliquait cette fatigue-là, ni même mon prédécent médecin traitant. » Epuisé, démoralisé, le jeune homme va se mettre en quête de chercher des informations sur des forums de santé et trouve enfin des explications. « C’est là que j’ai compris que j’avais un covid long, souligne-t-il. Je suis tombé malade deux ou trois mois après la seconde dose de vaccins. »

Notre dossier sur le marathon de Paris

Commence alors une longue attente. « La grande inconnue est de savoir quand cela va se terminer et si un jour on va pouvoir en guérir car il n’y a pas de traitement », se souvient-il, à l’heure d’évoquer quelques tentatives de randonnées « tranquilles » pour se remettre en jambes et conserver le moral. « C’était vraiment difficile car j’étais pris d’étourdissements tous les dix mètres de dénivelé. Je sentais que j’allais tomber dans les pommes si je poussais plus loin, se remémore encore Gaël. Je m’étais juré de faire mon premier marathon si je m’en sortais. »

Aujourd’hui « rétabli », le jeune homme n’affiche que « trois mois d’entraînement » derrière lui. En février, il a pu se tester sur un semi-marathon à côté de Lyon. « Il y a encore six mois, je ne pensais pas que ça serait possible mais j’ai tenu la distance », s’encourage l’étudiant en école de management. A Paris, il faudra courir le double. Son défi : « Terminer cette course, même si c’est en marchant. » « Ça se jouera au mental mais j’ai assez nourri de frustration pour ne pas lâcher », poursuit-il à quelques semaines du grand rendez-vous. Et de partager son deuxième plus gros défi : partir quatre mois en Nouvelle-Zélande, « sac sur le dos » à l’automne 2025 quand il aura terminé ses études.