JO 2024 : « L’héritage des Jeux, c’est ça »… Manon Apithy-Brunet au contact des collégiens pour la semaine olympique
au tableau•A l’occasion de la semaine olympique et paralympique, de ce lundi à vendredi, Manon Apithy-Brunet a joué le jeu des questions-réponses à la cité scolaire Buffon, à ParisAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Pour la semaine olympique et paralympique, Manon Apithy-Brunet, marraine de l’événement, qui s’étend jusqu’au 4 avril, était présente au collège-lycée Buffon, dans le 15e arrondissement parisien.
- La championne olympique du sabre a été questionnée pendant une petite heure par des collégiens sur son parcours, et notamment les JO de Paris, avant d’échanger quelques balles de tennis de table.
- « Si j’ai pu, avec mes réponses, donner envie à quelques-uns de faire de l’escrime ou du sport, on a tout gagné », explique la sabreuse, enceinte de son premier enfant.
Ils ne s’étaient pas assis depuis plus d’une minute que les bavardages avaient déjà commencé, l’âge sans doute. Mais ils ont vite cessé et c’est la bouche grande ouverte que les collégiens de la cité scolaire Buffon à Paris (15e) ont bu les paroles de Manon Apithy-Brunet, présente dans l’auditorium de l’établissement pendant une petite heure à l’occasion de la semaine olympique et paralympique, qui a pour objectif de mobiliser les élèves et les étudiants autour de la pratique sportive et des valeurs olympiques.
Veste de l’équipe de France olympique sur le dos, la marraine de l’événement a répondu aux nombreuses questions de l’assistance, répartie autour de quatre thèmes (enfance/adolescence, sport de haut niveau, JO 2024 et être une femme dans l’escrime). Comme sur une piste d’escrime, la médaillée d’or au sabre à Paris l’été dernier, seule sur la scène, avait un peu de stress. « Ça met un peu la pression, avoue-t-elle après la conférence. J’espère que j’ai réussi à donner envie et à partager mon plaisir pour le sport en général et ma passion. »
La médaille d’or en bonus
« C’est important pour les élèves de toucher, de voir, d’écouter en vrai les personnes qu’ils ont pu voir à la télé pendant l’été, et puis d’avoir un peu peut-être l’arrière-plan et le ressenti d’un sportif face à la façon dont tout ça se gère », indique à 20 Minutes Bruno Bobkiewicz, proviseur de la cité scolaire Buffon. Et il fallait voir l’excitation et les yeux brillants des gamins quand leur a été annoncé qu’ils pouvaient sortir leur téléphone pour prendre des photos avec la médaillée olympique. Selfie, demandes de dédicaces en vidéo pour la famille, autographe… Tout y est passé.
Et la cerise sur le gâteau, la médaille d’or ramenée par la championne olympique, qui a autorisé certains à se la mettre autour du cou. « J’ai l’impression de porter un peu la fierté d’une athlète championne olympique, nous explique timidement Maryam (12 ans), qui a eu la chance de pouvoir porter le Précieux. Elle est impressionnante, c’était un honneur de la voir. C’est inspirant ce qu’elle a dit, ça peut donner des idées, et j’aimerais bien essayer l’escrime. »
De ses débuts sur les pistes de tir dans la banlieue lyonnaise à son émotion d’être portée par son mari sur la piste du Grand Palais après son titre olympique, Manon Apithy-Brunet n’a balayé aucun sujet, pas gênée non plus par le « Un, dos, tres, un pasito p’alante Maria » de Ricky Martin pour signifier la fin des cours. Discrimination liée au sexe, pression avant d’entrer en piste, problèmes avec les arbitres, difficulté d’affronter une Française en finale des JO, rémunération ou régime alimentaire, l’escrimeuse a répondu a tout. « Est-ce que vous mangez bien cinq fruits et légumes par jour », a même demandé un collégien.
« Je mange des légumes, des fruits et des féculents tous les jours avec un peu de viande et de protéines, lui a répondu la sabreuse dans un grand sourire. J’ai vraiment besoin de mon corps pour qu’il soit performant tout le temps. Donc je fais attention à lui un peu tout le temps. Mais je mange des gâteaux de temps en temps, ne t’inquiète pas. »
« Encore beaucoup de travail à faire »
Cette petite heure passée en compagnie des collégiens, conclue par quelques balles de tennis de table (prenez garde, les frères Lebrun) avec des élèves ravis, était surtout l’occasion de raviver le feu sacré pour les Jeux. Alors que toutes les institutions n’ont cessé de rabâcher le terme d’héritage, rien ne semble avoir bougé depuis qu’Aurélie Aubert a éteint la flamme paralympique le 9 septembre. « L’héritage, c’est ça, estime Apithy-Brunet en montrant l’assistance. Si j’ai pu, avec mes réponses, donner envie à quelques-uns de faire de l’escrime ou du sport, on a tout gagné. »
« ll y a très peu de choses qui se sont faites depuis les Jeux. Je pense que la semaine olympique et paralympique, c'est le plus gros héritage qu'on a des JO. Donc, c'est le moment de relancer, de reparler des Jeux olympiques, de reparler de tout cet amour qu'on a pour le sport, tous ces liens. Et ces liens, ça passe par des échanges avec des enfants. Il y a encore beaucoup de travail et il va falloir qu'on continue à faire ce genre de choses, à parler du sport et qu'on dise qu'il nous en faut plus. Parce que, le sport, ça crée du lien, ça crée de l'égalité, ça crée beaucoup de respect. »
Cosignataire d’une tribune parue dans le quotidien L’Équipe mi-janvier pour dénoncer la baisse drastique des moyens alloués aux Sports, Manon Apithy-Brunet a répété devant les quelques médias présents dans l’établissement parisien la nécessité de maintenir un budget élevé : « Pour moi, le sport, c’est ce qui fait qu’on va bien ou pas. C’est une énorme aide. Je pense que c’est pour ça qu’il faut le promouvoir. Il faut que ce soit l’un des budgets les plus importants à mes yeux. »
Enceinte de près de six mois, la Lyonnaise, qui est revenue s’entraîner à l’Insep après une olympiade passée à Orléans en compagnie de son mari Boladé Apithy, s’est donnée comme objectif d’être championne du monde pour la première fois et de conserver son titre olympique. Loin de ce qu’elle imaginait enfant. « Quand j’étais petite, j’allais à l’escrime pour m’amuser, a-t-elle répondu à une question. Quand je faisais des compétitions, je n’aimais pas perdre, je voulais gagner des médailles, mais je ne pensais pas être un jour aux Jeux olympiques. » Ni même devoir en assurer le service après-vente par la suite.



















