Passer au contenu principalPasser à l'en-têtePasser au pied de page
Malgré « un bilan décevant », l’athlé français sauvé par Samba-Mayela

JO 2024 – Athlétisme : Malgré « un bilan décevant », l’athlé français sauvé sur le gong par Cyréna Samba-Mayela

Sur le gongCyréna Samba-Mayela, deuxième du 100 mètres haies, a apporté, ce samedi, la seule médaille à l’athlétisme français
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Alors que l’athlétisme français se dirigeait vers un zéro pointé, Cyréna Samba-Mayela a remporté la médaille d’argent sur le 100 mètres haies, ce samedi, pour le dernier jour au Stade de France.
  • Avec cette médaille de la hurdleuse, passée à un centième de la médaille d’or, l’athlétisme n’égale pas son pire record depuis Sydney.

Au Stade de France,

Les couteaux étaient aiguisés, les dents rayaient le parquet, le peloton d’exécution se formait… On était prêts. Prêts à vivre une nouvelle et dernière soirée catastrophique pour l’athlétisme français aux Jeux olympiques, qui s’en allait vers un zéro pointé lors de ses JO à domicile. Il y avait eu la frustration d’assister à la quatrième place de Clément Ducos sur le 400 mètres haies, la déception de voir Mélina Robert-Michon rater sa finale et la tristesse d’être témoin de l’élimination précoce de Thibaut Collet.

Alors, ce samedi, en arrivant dans l’enceinte dyonisienne, encore baigné par un magnifique soleil qui illuminait un public déjà très beau, on ne se faisait pas trop d’espoirs. Oui, il y avait bien Gabriel Tual en finale du 800 mètres ou Cyréna Samba-Mayela à celle du 100 mètres haies, mais on n’y croyait pas trop. Et la sixième place du spécialiste du demi-fond nous avait donné raison, malgré un très gros temps.

« Elle a une chance incroyable »

Et puis, alors qu’on attendait Tual en zone mixte, Cyréna Samba-Mayela est arrivée. Couloir deux, sans personne à sa gauche, la Française a réalisé une course incroyable, finissant à la deuxième place à seulement un petit, ridicule, minuscule, infime centième de l’Américaine Masai Russell. Sur le coup, la France entière a même vu sa protégée franchir la ligne en premier. Et les quelques secondes d’attente avant d’avoir le résultat final nous laisser espérer un dénouement doré. En vain.

L’accès à ce contenu a été bloqué afin de respecter votre choix de consentement

En cliquant sur« J’accepte », vous acceptez le dépôt de cookies par des services externes et aurez ainsi accès aux contenus de nos partenaires.

Plus d’informations sur la pagePolitique de gestion des cookies

Une médaille d’argent, mais une médaille quand même. « Pfff à un centième de la médaille d’or, soufflait l’héroïne du soir. Mais cette médaille d’argent vaut de l’or. » Et, par les temps qui courent, n’importe quel métal aurait fait notre bonheur. « Elle ne s’en rend peut-être pas compte, mais elle a une chance incroyable de porter le drapeau et de faire son tour d’honneur, se réjouissait Gabriel Tual. Ce n’est pas moi qui ai fait deuxième, mais j’en avais les larmes aux yeux, parce que c’était exceptionnel, il y a tout le stade qui s’est mis à crier. C’est magique et j’espère qu’elle sait qu’il y en a plein qui convoitent ces moments-là et qui aimeraient être à sa place. »

Dans l’euphorie, on s’est même mis à rêver d’une nouvelle récompense, quelques minutes plus tard, avec le 4x400 hommes, qui réalisait une remontée fantastique avant qu’un criminel sud-africain qui devrait pourrir en prison jusqu’à la fin de ses jours ne pousse Fabrisio Saidy et empêche les Bleus de décrocher la médaille de bronze. Tant pis, mais l’honneur était sauf, grâce à Cyréna Samba-Mayela.

« Des Jeux compliqués »

« Je suis heureuse d’avoir pu honorer [l’athlé français], nous a expliqué Cyréna Samba-Mayela. Après, là où je regarde, c’est que ça peut encourager le futur de l’athlétisme français. J’en ai toujours eu conscience, que je pouvais éviter qu’on termine à zéro médaille, mais ce n’est pas quelque chose que j’utilise pour courir. Je me concentre sur moi-même. » Alors, on s’emballe, on s’emballe (sans mauvais jeu de mots avec la hurdleuse), mais si la France ne termine pas fanny, le bilan n’est quand même pas savoureux.

« Ce sont des Jeux compliqués quand tu vois les perfs qu’il faut faire pour être sur la boîte, et qu’il faut faire des PB (records personnels) dans tous les sens, tentait de relativiser Gabriel Tual. On ne peut rien se reprocher, » sincèrement. A l’image des relayeuses du 4x400 mètres, dernières athlètes à fouler la piste violette du Stade de France, qui ont explosé leur record de France, mais n’ont pas pu lutter pour la médaille.

« Le bilan est décevant »

« Oui, c’est un bilan décevant, concède Romain Barras, le directeur de la haute performance. On avait des athlètes qui étaient, on le savait, capables d’aller chercher des médailles, ça se jouait souvent entre la troisième place et la cinquième, sixième place, ça n’a jamais basculé sur la médaille. Ils se sont heurtés à un niveau mondial qui est encore un petit peu haut. »

Si les Français ont ramené autant de médailles qu’à Tokyo, l’ancien heptatlète estime que le rendu est un peu meilleur. Il se base notamment sur le « placing table », qui additionne les places de finalistes : « On avait 26 points à Tokyo, on en fait 38 aujourd’hui, donc on a plus de finalistes, on a plus d’athlètes classés, ça ne suffit pas encore, parce que le niveau est vraiment très très bon. »

Mais les Français pourront-ils un jour atteindre ce fameux niveau, celui qui fait exploser le compteur de médailles d’or, celui qui fait lever les foules, celui qui fait venir Emmanuel Macron et Amélie Oudéa-Castera sur le bord de piste plus régulièrement ? « On a une dynamique collective, une dynamique qui est mise en place depuis quelque temps, note Romain Barras. On doit continuer à travailler dans ce sens-là, et on est encore, on est tout proche, on est tout proche, mais il faut encore continuer le travail qui est fait, et ça, ça demande encore un peu de temps. »

« Tout ce qui a été mis en place par les athlètes, le travail acharné qu’ils ont pu faire avec leur entraîneur, mais aussi ce que, nous, on met en place sur l’optimisation de la performance, sur le suivi médical, etc., ça n’a pas encore été suffisant, mais on sent qu’il y a vraiment quelque chose qui est enclenché, quelque chose qui est en train d’arriver », conclut le directeur de la haute performance. On dirait presque : « Hâte d’être aux JO de Los Angeles », mais on a déjà peur d’être déçus.