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Comment Clément Ducos a failli être le sauveur de l’athlétisme français

JO 2024 – Athlétisme : « Il nous faut une médaille »… Clément Ducos est l’une des rares révélations tricolores des Jeux

400 m haiesAlors qu’on attendait surtout Wilfried Happio sur 400 m haies, le Bordelais de 23 ans a fini à une prometteuse quatrième place, vendredi lors de la finale du 400 m haies aux JO de Paris 2024
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Perçu comme le possible premier médaillé de l’athlétisme français sur ces JO de Paris 2024, Clément Ducos a bouclé vendredi soir sa finale du 400 m haies en 4e position.
  • « Déçu » de cette issue, le Bordelais de 23 ans reste la principale révélation de l’athlé tricolore cette semaine, puisque personne ne l’imaginait médaillable cette saison.

Au Stade de France,

Il était là, le Joan-Benjamin Gaba d’un athlétisme français en souffrance sur ces JO de Paris 2024. A savoir la touche de fraîcheur et d’espoir qu’on n’avait pas réellement vu venir. Jamais champion de France, carrément 8e des France Elite l’an passé, Clément Ducos était pourtant bien en finale olympique du 400 m haies vendredi soir. Il était même devenu l’un des principaux/derniers espoirs tricolores pour éviter d’être fanny sur les onze jours de compétition à la maison.

C’est pourquoi le Stade de France s’est mis à gronder d’un coup, vers 21h45 vendredi, lorsque l’athlète de 23 ans a pris place pour l’ultime rendez-vous des huit finales au programme. Deuxième meilleur temps des demi-finales (47,85 s), devant le champion du monde 2022 Alison Dos Santos, le hurdleur avait déclenché d’immenses espoirs.

« Je suis resté dans le coup, ça veut dire beaucoup »

Dans le coup jusqu’au bout de cette finale « avec peu d’erreurs » de sa part, Clément Ducos se trouve au pied du podium, avec un temps de 47,76 s, à cinq dixièmes du Brésilien Alison Dos Santos, et à plus d’une seconde de l’impressionnant vainqueur américain Rai Benjamin. Quel allait donc être le sentiment d’un athlète que personne ou presque n’imaginait en finale olympique quelques semaines plus tôt ?

Il a fallu attendre quelques minutes pour le savoir, tant Clément Ducos a d’abord été submergé par les émotions au moment de se présenter face aux médias. « Je suis déçu, je visais vraiment la médaille, c’est très dur, mais ils étaient plus forts que moi, a fini par indiquer la révélation française. Oui, je suis très fier, je suis resté dans le coup avec tous ces gars, ça veut dire beaucoup. Mais la première émotion, c’est d’être déçu. La deuxième prendra le dessus un peu plus tard. »

Le meilleur résultat français individuel sur ces Jeux

Le Bordelais ne ressent en tout cas « aucun regret » quant à sa course, et il refuse la théorie d’une pression néfaste liée à l’absence totale de médailles de l’athlé français. « Non, je n’avais pas de pression, j’étais un peu l’outsider, assure-t-il. Le public était super avec moi, il m’a permis de gratter un peu plus d’énergie, mais les gars devant étaient plus forts que moi ce soir. Je reviendrai. »

Deux jours plus tôt, celui qui s’est entraîné toute la saison dans le Tennessee, où « ce qui est mis en place pour l’athlé là-bas est juste immense », ne cachait pas ses ambitions après sa belle demie : « Les Français commencent peut-être à voir que je peux faire une médaille. Moi j’y crois, je vais me donner à fond ». Si elle ne fait évidemment pas son bonheur, cette quatrième place reste jusque-là le meilleur résultat français de la semaine en athlétisme, au même titre qu’Alice Finot sur 3.000 m steeple et que le relais 4x100 m féminin.

Comptez en tout cas sur lui pour donner de la voix ce samedi afin de faire décoller ce si crispant bilan comptable collectif : « Je vais encourager tous les relais, plus « Gabi » [Tual] sur 800 m et Cyréna [Samba-Mayela] sur 100 m haies. Je vais être avec eux pour essayer de les pousser. Il faut qu’ils aient une médaille, il faut une médaille ».

Wilfried Happio très élogieux à son égard

L’après-JO passera par une tentative de record personnel pour Clément Ducos, le 25 août lors d’un meeting en Pologne, puis par une coupure après « une très longue saison aux Etats-Unis ». Nul doute qu’on entendra à nouveau parler de lui dans les mois suivants. Son arrivée surprise au premier plan lui avait d’ailleurs valu une marque de soutien très appuyée de Wilfried Happio (25 ans), tout juste demi-finaliste dévasté sur 400 m haies à ce moment-là.

« Franchement, je suis trop content pour lui, c’est un petit jeune et ça fait du bien, racontait-il. Je l’ai pas mal suivi cette année, il fait quelques erreurs de jeunesse, mais il a encore pas mal de marge et une bonne mentalité, il va monter. Il y a quelques jours, il m’a dit : "J’en reviens pas, je suis dans ta chambre et tu es là à me donner des conseils alors qu’avant je te regardais à la télé" ». Cet ancien… lanceur de javelot lors de sa première sélection internationale, à 17 ans au Festival olympique de la Jeunesse européenne à Györ, a changé de monde sur ces JO.