JO 2024 : « Montrer quelque chose de nouveau »… On a parlé à Raygun, Australienne doctorante en break qui a perdu 54-0
Jeux olympiques•L'Australienne a défendu son style assez peu académique, disant vouloir montrer au monde du break autre chose que les éternelles pirouettesJean-Loup Delmas
L'essentiel
- A l’occasion de la première fournée de breakdance de l’histoire des Jeux olympiques, le public de la Concorde a pu assister aux danses de Raygun.
- L’Australienne a plus que surpris avec un style atypique, sans convaincre les juges. Elle n’a récolté aucun point en trois passages.
- Pourtant, la danseuse maîtrise un minimum son sujet, puisqu’elle est doctorante dans le domaine.
De notre envoyé spécial dans l’étrangeté la plus totale,
La prestation restera, bien malgré elle, dans la légende du breakdance. En trois battles en phases qualificatives, l’Australienne « Raygun » a perdu trois fois 18-0 (chaque battle se compose de deux tours, chacun noté neuf points pour les neuf juges présents). Un zéro pointé unique dans l’histoire de la discipline olympique, puisque le break ne figurera pas à Los Angeles 2028. Et que la marocaine Elmamouny, elle aussi menacée d’une triple bulle, a réussi à gagner quand même 2 points en trois manches. Une défaite « seulement » 52-2 pour sauver l’honneur de la patrie.
Mais au-delà de ce score particulièrement ingrat pour Raygun, son style assez peu académique, et disons-le franchement pas très impressionnant pour un niveau supposément olympique, s’est pas mal fait remarquer, dans le public et sur les réseaux sociaux.
« Je ne pouvais pas battre ces filles sur les mouvements dynamiques »
En zone mixte, l’Australienne justifiait sa manière atypique de danser : « Je voulais faire quelque chose de nouveau, d’artistique et de créatif. C’est ça ma force : ma créativité. Je ne pourrai jamais battre ces filles sur ce qu’elles font de mieux, les mouvements puissants et dynamiques. Je voulais changer et faire quelque chose d’artistique. »
Autre raison un peu moins dans le déni, la pression de l’ambiance : « Sur ma première performance, j’étais assez intimidée par la foule. Je me suis lâchée au fur et à mesure des battles. »
« Pas venue ici pour gagner »
Sévèrement défaite, elle gardait pourtant le sourire et expliquait « ne pas être venue ici pour gagner. Je ne suis pas très connue, j’affrontais Sissy, qui sait faire des pirouettes arrières quand moi j’ai 36 ans… »
Si son style n’a pas convaincu le jury, elle l’explique également par une différence culturelle : « En Australie, nous n’avons pas le même break. Il n’y a pas de juges, pas de DJ, donc vraiment tout était différent pour moi. Mais justement, c’était bien de montrer qu’il n’y avait pas qu’une façon de danser, pas qu’une manière de faire du break, même en sachant que la compétition favorise un style qui n’est pas le mien. »
« C’était important pour moi »
Le plus fou ? Raygun est doctorante et PhD en étude de breakdance et autres danses de rue. La preuve que la théorie ne remplace pas la pratique, mais aussi l’occasion pour elle d’étudier le terrain ? « Je n’ai pas mon masque académique ici, je suis venue en tant qu’athlète. Je ne peux pas à la fois performer et étudier ce qui se passe ici. Mais maintenant que je suis libre, après avoir récupéré, je vais sûrement écrire à ce propos. »
Une expérience donc loin d’être inutile malgré deux trois railleries sur X. L’Australienne était loin d’être déçue : « C’était important pour moi. Parce que combien de chances tu as de faire ça dans ta vie à l’international ? » Un point pour elle. Enfin !


















