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Le poison Alexis, le double… Pourquoi la France peut embêter la Chine

JO 2024 : La kryptonite Alexis Lebrun, le double en ouverture… Petit guide pour y croire (un peu) contre la Chine

TENNIS DE TABLEL’équipe de France (H) s’est facilement imposée contre le Brésil en quarts de finale du tournoi par équipes de tennis de table aux JO de Paris 2024. Félix et Alexis Lebrun ainsi que Simon Gauzy voient se dresser devant eux une montagne : la Chine
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • L’équipe de France de tennis de table s’est qualifiée pour les demi-finales des JO 2024 en battant facilement le Brésil (3-0). Les Français retrouveront la Chine, jeudi.
  • Il s’agit pour les frères Lebrun et Simon Gauzy du défi ultime. Lors de la finale des championnats du monde 2024, ils s’étaient inclinés 3-0
  • Mais tout n’est pas perdu pour les Français. Il existe des raisons d’y croire. Alexis Lebrun et Simon Gauzy ont déjà battu des adversaires chinois et Félix est dans la forme de sa vie

A l’Arena Sud,

Petit moment de frisson Porte de Versailles, alors que l’équipe de France de tennis de table, sortie facilement victorieuse de son match contre le Brésil (3-0), se dirige vers nous en zone mixte. Il existe un (léger) contentieux entre le plus âgé des membres du trio mené par les frères Lebrun, alias Simon Gauzy, et nous. L’accrochage remonte aux JO de Tokyo 2021 et une brillante qualification des Bleus en 8es de finale qui précédait un match sans espoir contre la Chine, comme le laissait entendre un post de l’un de nos lives olympiques, il y a trois ans. On vous le remet tel quel.

« « 09h14 : ça passe pour la France en tennis de table ! Les Français joueront (et perdront) au prochain tour contre la Chine. » »

Une blague parmi 4.667 autres si on exclut qu’elle n’avait pas échappé à Gauzy, lequel s’était fendu d’un tweet lapidaire en découvrant la chose.

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Le badbuzz continuant d’être une référence dans la profession, un ancien de 20 Minutes, depuis transféré dans la grande presse, nous pose la question légitime : « vous allez refaire la même vanne ? », alors que se profile une demi-finale quasi insurmontable face aux Chinois. Effectivement, on s’est longtemps demandé s’il fallait ou non jouer dessus pour lancer les hostilités en zone mixte. Pas de bol, nos attributs génétiques masculins se sont fait la malle au moment où Gauzy approchait la barrière en compagnie d’Alexis Lebrun, causant extinction de voix et dissimulation d’accréditation. Plus lâche, tu meurs.

Sans regrets cependant : le 31e joueur mondial a abordé le premier la question de la difficulté de la rencontre qui les attend, jeudi à 10 heures, contre la meilleure nation du monde, composée de l’équivalent de « Djokovic, Federer et Nadal » pour reprendre la formule très imagée de l’entraîneur français, Nathanaël Molin.

« Demain, ça va être autre chose », prédit donc Simon Gauzy. Autre chose, c’est joliment dit. Molin parle de « muraille ». Moins original, mais vous saisissez l’idée. Affronter la Chine au tennis de table fait partie des défis ultimes du sport, à mettre au niveau de la Corée du Sud au tir à l’arc ou de Rafael Nadal à son apogée à Roland-Garros. Et alors ? On baisse les bras avant d’avoir joué ? Non. Le football il a changé, et 20 Minutes aussi. Trois ans plus tard, on a décidé d’y croire. Et on a des raisons de croire que cette équipe de France peut emmerder la Chine.

Le double en ouverture, une occasion à saisir

Bon, soyons clairs sur un point. Contre les Chinois, il n’y a pas de tactique particulière, juste souhaiter d’être touché par la grâce. « La stratégie, c’est essayer de faire le meilleur match possible, résume Molin. Si on peut au bout d’un moment avoir une petite ouverture, une brèche, il faut y aller à 100 %. » Cette brèche peut tout à fait être le double, mené par la paire A.Lebrun – Gauzy. « C’est le premier match, donc ça lance une dynamique, explique l’aîné des frères. Je pense qu’avec Simon, on s’est pas mal entraînés ensemble, on a fait des bonnes performances cette année en WTT, donc on a assez confiance. » Face aux Brésiliens, le tandem français a donné une impression de maîtrise qui laisse entrevoir un match accroché face aux Chinois. En cas d’exploit, qui sait de quoi pourrait être capable Félix en deuxième lame ?

Alexis Lebrun, la kryptonite du ping chinois ?

S’il faut compter sur un exploit des frères Lebrun, et en dépit du nouveau statut de médaillé olympique du cadet, c’est plutôt sur Alexis. Vainqueur au tournoi de Macao, en avril 2023, du dernier homme à avoir battu Félix, à savoir Fan Zhendong, il était passé à une balle de match de le vaincre une deuxième fois, cette fois en finale des championnats du monde, en février dernier. « Alexis a une capacité à allier créativité et puissance qui est quasiment unique au monde, estime Nathanaël Molin. Je pense que c’est cette capacité-là qui les dérange. Il faut capitaliser là-dessus. » Et sur sa défense en titane, qui a encore fait lever deux, trois supporteurs de leur siège, mercredi, et manqué de son propre aveu à Félix, parfois trop entreprenant lors de son (non) match contre Fan.

Le Suédois l’a fait, alors pourquoi pas Félix ?

Un succès contre une figure majeure du tennis de table chinois est peut-être ce qu’il manque au prodige pour basculer dans une dimension encore supérieure. « Simon Gauzy a déjà battu un numéro 1 mondial dans une grande compétition chinoise, rappelle Molin. Et Félix, je pense qu’il aime ce défi. Il sait très bien que pour lui, c’est le dernier grand défi. Une occasion de plus se présente à lui demain. » L’intéressé y croit, et compte sur le soutien du public. « Je pense que la petite différence aussi, c’est que d’habitude, on les joue souvent en Asie ou en Chine avec leur public. Là, il y aura quand même notre public, ça sera un avantage. »

Il serait néanmoins prétentieux de croire que la seule ferveur de l’Arena Sud puisse perturber les meilleurs joueurs du monde, qui au demeurant sont loin d’être les seuls Chinois à avoir posé leurs valises, Porte de Versailles. L’écart reste grand, mais il a vocation à se réduire au gré des affrontements. A ce titre, Nahanaël Molin est heureux de pouvoir retrouver les Chinois, même un match trop tôt. « On veut les jouer parce qu’on sait que si on veut les battre, c’est en les affrontant. C’est ce qui manque dans cette équipe, c’est de s’y confronter encore plus pour trouver la solution. C’est le cas dans tous les sports. Je me souviens de la carrière de Novak Djokovic. Ay début, il perdait contre Nadal et Federer. Tout au début, il perdait, il perdait, puis au bout d’un moment, il n’a plus perdu, plus du tout. » On signe tout de suite pour que cette équipe devienne la Djokovic de la Chine. Des deux mains. Et encore plus si ça commence par une victoire surprise, jeudi.