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« Il est fan du Real », Lebrun n’en veut pas à Zhendong pour le « calma »

JO 2024 : « J’aurais fait pareil si j’avais gagné », Lebrun n’en veut pas au Chinois Fan pour son chambrage à la fin

machineVainqueur de Félix Lebrun en demi-finale du tournoi de tennis de table des JO 2024, Fan Zhendong, dernier représentant chinois dans le tableau simple (H), a exulté sur la balle de match. Une histoire de personnalité et d’amour pour le Real
William Pereira

William Pereira

L'essentiel

  • Fan Zhendong a écrasé Félix Lebrun en demi-finale du tournoi de tennis de table des JO de Paris 2024, s’autorisant une célébration « calma, calma » à la Cristiano Ronaldo époque Real Madrid.
  • Complètement dépassé dans tousles compartiments du jeu, le Français ne lui en tient pas rigueur. « C’est normal, je ne l’en veux pas du tout. »
  • Fan Zhendong est dans une position délicate car il est le dernier représentant de son pays dans le tableau masculin suite à l’élimination surprise de son compatriote Wang Chuqin. Il a la pression d’un pays sur ses épaules. Le champion du monde a déjà subi les effets néfastes de la célébrité, dénonçant sur les réseaux sociaux le harcèlement de certains fans.

De notre envoyé spécial au rayon air conditionné de Castorama,

Un peu plus, et il nous lâchait un grand « suuuuuuuuuuuuu » devant le mur rouge de supporters chinois installés dans l’Arena Sud pour témoigner de son écrasante victoire. Fan Zhendong n’a fait qu’une bouchée de Félix Lebrun en demi-finale du tableau simple du tournoi de tennis de table des JO de Paris 2024 (4 manches à 0) et s’est autorisé une célébration « calma, calma » à vous rendre nostalgique des plus belles heures de Cristiano Ronaldo au Real Madrid.

Club dont le Chinois est un grand fan, comme l’a rappelé Félix en zone mixte après sa défaite. « Comme il est fan du Real Madrid, il fait aussi souvent la célébration de Bellingham. Je pense qu’il aime bien célébrer sa victoire, et il a le droit. Moi, j’aurais aussi fait une célébration si j’avais gagné. C’est normal, je ne lui en veux pas du tout. »

Au vu de la manière dont le jeune Français de 17 ans a joué avec le public tout au long de son parcours, il aurait été bien ingrat de se plaindre de la jubilation de son bourreau, qui a d’ailleurs toujours été plutôt du genre à extérioriser. « Par rapport aux autres joueurs chinois, c’est vrai qu’il montre ses émotions. » Peut-être qu’il faut aussi y voir l’empreinte d’un contexte relativement tendu : l’ancien numéro 1 mondial (pendant 60 mois cumulés) est le dernier représentant de son pays dans le tableau simple masculin. Sa qualification en finale relevait aussi de l’honneur national après l’élimination de son compatriote et meilleur joueur mondial, Wang Chuqin, dont la raquette avait été cassée par un photographe avant sa surprenante défaite contre le Suédois Truls Möregårdh (2-4) aux JO.

Victime d’idolâtrie toxique, Fan avait dû faire une pause

Double-champion du monde en individuel, Fan Zhendong connaît bien la pression des hauteurs du sport, comme il sait aussi les rejeter. Prophète dans son pays, il a récemment dénoncé les effets pervers de l’idolâtrie sur les réseaux chinois. Il s’était notamment plaint sur son compte Weibo que quelqu’un aurait diffusé son numéro d’identification personnel sur Internet, portant gravement atteinte à son droit à la vie privée et à sa réputation de citoyen.

Une histoire parmi tant d’autres. En 2023, Fan avait dénoncé à la police une femme qui l’avait traqué jusqu’à sa chambre d’hôtel, où elle avait fini par s’introduire, alors qu’il se préparait pour un tournoi mondial. Fan avait dû faire une pause après cet épisode. Il en est revenu fort. Trop fort. « On est tombé sur un Fan Zhendong des grandes journées » analyse sans regret le capitaine de l’équipe de France, Nathanaël Molin. Ça valait bien une petite célébration CR7.