JO Paris 2024 : « On m’a tapé trois fois sur l’épaule pour m'en prendre », les pin's rendent tout le monde fou
JO PARIS 2024•Derrière la course à la médaille des athlètes, d’autres préfèrent partir à la chasse aux pin's, une tradition des Jeux olympiques depuis 1896Adrien Max
L'essentiel
- Au-delà de la course à la médaille pour les athlètes des JO de Paris 2024, certains se concentrent sur la chasse aux pin's.
- Cette tradition de s’échanger des pin's remonte à 1896 et les Jeux olympiques d’Athènes.
- Ces échanges de pin's permettent aux athlètes de se rencontrer et de se parler.
Sur les traces des pin's, à la Marina olympique de Marseille,
Dans ces JO de Paris 2024, certains font la course à la médaille, pendant que d’autres chassent les pin's. Dans ce domaine, Marianna Pecciacacco n’a rien à envier à Léon Marchand, Torri Huske ou Simone Biles, et leurs récoltes de breloque, puisqu’elle comptabilise, laissez lui le temps de compter… 29 pin's ornent le tour de coup de son accréditation !
Celle qui a hérité du surnom de « Miss pin's » sur la Marina olympique de Marseille a découvert cette tradition lors de ses premiers Jeux olympiques, en tant que responsable des photographes à Rio, en 2016. « J’ai compris que c’était une grosse tradition aux JO, et j’ai commencé à en récolter. Et dès que tu en as un, les gens viennent te voir pour parler et t’en donner plus. J’y pensais avant de venir ici, je me suis dit "il faut que je chope plus de pin's qu’à Rio" », en rigole-t-elle.
Une tradition de 1896
L’échange de pin's date de 1896, à Athènes, d’après Ioannis Thomakos, qui a publié ses recherches en 2019 dans le Journal of Olympic History. Depuis, chaque délégation fournit ses athlètes en pin's. Et tous les lieux de compétition ont le leur. Celui de la Marina de Marseille est par exemple inspiré de Miami Vice, celui du stade de Marseille (le Vélodrome), du logo du groupe de rap IAM.
Le troc peut ensuite débuter, voire le business, comme pour cet agent de sécurité aperçu avec une sacrée guirlande autour du cou, qui profite de la tradition pour rentabiliser un peu plus ses dures heures de labeurs au soleil. « Une femme vient de m’en acheter 12 pour 50 euros, c’est un délire ! Par contre celui-ci, je le garde, il tue ! », indique-t-il discrètement en montrant le pin's du Mexique, une tête de mort scintillante aux couleurs du pays.
« Tous ont une histoire »
Ceux de Marianna lui ont tous été donnés ou échangé. Sauf un qu’elle a acheté, celui avec la tour Eiffel, surmonté par Phryge et les avions de la patrouille de France parce qu’il est « trop mignon ». Difficile d’ailleurs, pour elle de choisir son préféré. « Tous ont une histoire. Par exemple celui du Tour de France, j’aime le vélo même si je suis une navigatrice, et je suis allé à Nice pour l’arrivée. C’était mon jour de repos, et je l’ai gagné là-bas », se réjouit celle qui se fait alpaguer une bonne dizaine de fois par jour pour sa jolie collection.
L’histoire d’amour de Marianna avec ces breloques d’un autre temps part d’un « sac de pin's » qu’on lui a offert pour ses JO à domicile, à Rio. Mais attention à ne pas les offrir à n’importe qui, un pin's se mérite. « Je me suis rendu compte qu’il m’en restait trois qu’on m’avait donnés à Rio donc je les ai pris pour venir ici. Je les ai mis et j’ai commencé à en récupérer. J’en ai donné un à une volontaire qui est trop gentille. Mais l’autre, je regrette parce que je l’ai donné à quelqu’un qui n’est pas cool. »
Pin's de mariage
Chez les athlètes aussi, la chasse au pin's fait son petit effet. Au point de voir Alice Finot troquer la traditionnelle bague de fiançailles pour un pin's au moment de demander son compagnon en mariage : « Ce n’est pas "the ring", mais le pin's des jeux de Paris. Je pensais écrire sur mon dossard, et quand je suis allé chez mon sponsor j’ai vu ce pin's avec "l’amour est à Paris" et je me suis dit ouais c’est l’objet. Je me suis dit que ce ne serait pas trop compliqué, donc j’ai l’ai caché dans le transpondeur pour ne pas le perdre ».
Tim Mourniac, le concurrent français du Nacra 17, en reste pour le moment à l’usage traditionnel du pin's. Même s’il ne rencontre malheureusement pas beaucoup plus de succès que sur les flots. « En vrai je ne suis pas très bon, j’ai donné beaucoup de pin's et je me retrouve avec plus grand-chose. C’est une tradition assez importante des Jeux, je ne savais pas du tout. Je m’en suis rendu compte le premier jour quand je suis arrivé sur le parking. On m’a tapé au moins trois fois sur l’épaule pour récupérer un pin's, mais je n’avais pas encore déballé mon sac ce goodies », explique-t-il.
Le pin's Snopp Dogg, l’un des plus prisé
Et lui aussi semble se prendre au jeu. « J’ai troqué un pin's du Japon d’avant 2000 avec des Japonais qui ont fait le déplacement pour enrichir leur collection de pin's. Mon plus beau, c’est celui qu’on a eu pour la cérémonie. Celui-là, je l’échange contre au moins cinq ou six pin's », prévient-il.
Cette tradition permet surtout aux athlètes des différents pays de se rapprocher autour d’un moment d’échange, au-delà de partager le même sport. « Ça fait du bien, je reconnais les gens maintenant. On parle du pin's mais on ne le donne pas bêtement, on parle, on se revoit ensuite au petit déj, au dîner, c’est vraiment une super idée », kiffe Lou Berthomieu, la coéquipière de Tim en Nacra 17.
S’il y en a bien un que Marianna aimerait avoir, c’est celui de Snoop Dogg. L’autre star de ces Jeux olympiques s’est lui aussi fait contaminer par cette tradition, au point de faire faire son propre pin's. On le voit devant la tour Eiffel en train d’expirer les cinq anneaux olympiques de sa bouche. « J’aimerais trop l’avoir, il est tellement exclusif, tellement dur à avoir », en rêve Marianna.



















