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Et si les judokas Boukli et surtout Mkheidze avaient raté le coche ?

JO 2024 - Judo : « Les gens sont quand même fiers de moi »… Et si Boukli et surtout Mkheidze avaient raté le coche ?

MEDAILLES AMERES ?Les judokas Shirine Boukli et Luka Mkheidze, respectivement médaillés de bronze (en - 48 kg) et d’argent (en - 60 kg), samedi à l’Arena Champ-de-Mars, sont peut-être passés d’une consécration encore plus grande aux JO de Paris 2024
JO 2024 : « On va kiffer » racontent Shirine Boukli et Luka Mkheidze après leurs médailles
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Les judokas Luka Mkheidze (en argent) et Shirine Boukli (en bronze) ont offert ce samedi à l’équipe de France ses deux premières médailles lors des JO de Paris 2024.
  • Impressionnant tout au long de la journée, Luka Mkheidze n’a pas caché ses regrets, après avoir subi un contre fatal en finale.
  • Attendu comme l’une des disciplines majeures de ces Jeux olympiques à la maison, le judo avait peut-être même les moyens de conquérir deux médailles d’or sur cette première journée de compétition.

A l’Arena Champ-de-Mars,

Lorsque Shirine Boukli a été foudroyée en seulement 58 secondes par une maudite nouvelle planchette japonaise de la triple championne du monde Natsumi Tsunoda, ce samedi midi dès les quarts de finale, on a redouté la clim absolue pour l’entame de JO de Paris 2024 du judo tricolore. Extrêmement chaude jusque-là, la nouvelle Arena Champ-de-Mars s’est d’ailleurs totalement éteinte d’un coup.

Perçue comme un pourvoyeur en puissance des deux premières médailles d’or françaises de ces Jeux, la discipline allait-elle brutalement devenir le flop annonciateur d’une cuvée de la lose à la maison ? C’était mal connaître Shirine Boukli (- 48 kg) mais aussi Luka Mkheidze (- 60 kg), déjà auteur d’un acte fondateur pour la patrie aux Jeux olympiques de Tokyo 2021, avec la première médaille (en bronze) de la quinzaine autour de son cou.

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Piégé après avoir tenté trois fois la même attaque

Originaire de Géorgie et arrivé en région parisienne en 2010 avec le statut de réfugié politique, le judoka de 28 ans a longtemps été bluffant dans sa maîtrise de l’événement. Impérial pour rejoindre le dernier carré, il s’est sorti de son âpre bataille face au Turc Salih Yildiz après 5'25'', en attrapant le bras de son adversaire au sol et en faisant parler sa vivacité d’appuis. Lui aussi bronzé à Tokyo (et médaillé d’argent à Rio en 2016), le Kazakh Yeldos Smetov (31 ans) n’a rien montré de terrifiant en finale, ce samedi dans une salle de nouveau bouillante pour porter Luka Mkheidze sur le toit du monde.

Mais le natif de Tbilissi s’est malheureusement fait piéger sur une attaque qu’il avait déjà tentée à deux reprises. De quoi nourrir de grands regrets, malgré l’argent autour du cou ? « Forcément, en sortant de mon combat, j’étais vraiment déçu, admet-il, le visage fermé en conférence de presse. J’ai eu des opportunités pour l’emporter mais ce n’est malheureusement pas passé. Et puis j’ai regardé autour de moi et j’ai vu que les gens étaient quand même fiers de moi. »

« La pression d’ouvrir le bal a été compliquée à gérer »

Au vu du scénario de sa journée, et de son finish sur deux belles victoires dans l’aprem pour arracher le bronze, Shirine Boukli n’avait pas besoin des 8.365 spectateurs de l’Arena Champ-de-Mars pour bondir dans tous les sens et savourer sa première médaille… aux côtés de Zinédine Zidane et d’Emmanuel Macron. Ceci dit, malgré son statut hautement symbolique de première médaillée française de ces JO à la maison, l’accomplissement ultime n’était-il pas là aussi accessible ?

Luka Mkheidze (en argent) et Shirine Boukli (en bronze) ont offert à l'équipe de France ses deux premières médailles lors des JO de Paris 2024.
Luka Mkheidze (en argent) et Shirine Boukli (en bronze) ont offert à l'équipe de France ses deux premières médailles lors des JO de Paris 2024. - L. Robayo / AFP

« La pression d’ouvrir le bal a été compliquée à gérer pour Shirine le matin, raconte l’entraîneuse de l’équipe de France féminine Séverine Vandenhende. Il y avait aussi l’appréhension de l’échec de Tokyo [élimination au premier tour]. Elle a été beaucoup plus libérée après sa défaite. Sur ce match, elle a les mains sur Tsunoda et elle ne démarre pas. C’est risqué d’attendre que ce soit elle qui démarre… » Voire inconscient face à une telle « ovni » (dixit Shirine Boukli).

« J’ai besoin de savourer cette médaille d’argent »

La jeune judokate ne cache pas qu’elle n’était pas au mieux dans sa gestion des Jeux à la maison : « J’avais du mal à me mettre en route. Je voulais bien faire. Et quand on veut trop bien faire, on se restreint un peu, on fait juste ce qu’il faut pour gagner ses matchs. Tsunoda était peut-être plus prête que moi aujourd’hui. C’est comme ça, c’est le game, et c’est après que je me suis rappelé qu’il fallait y aller à 200 % pour aller chercher une médaille ». Une prise de conscience trop tardive pour chasser l’or, et propice à des regrets, mine de rien. Un sentiment désagréable qui pourrait vite s’intensifier dans l’esprit de Luka Mkheidze.

« Il y aura forcément de la déception plus tard quand je vais vraiment réaliser que je suis passé à côté d’une belle médaille d’or, insiste-t-il. Après le bronze, il y a l’argent, et dans le futur, pourquoi pas l’or… Pour l’instant, j’ai besoin de savourer cette médaille d’argent. C’est quand même très bien pour moi. » Car « quand même » oui, il suffisait ce samedi de voir la Kazakhe Abiba Abuzhakynova (5e) effondrée, au moment de traverser l’interminable couloir de la zone d’interview, pour apprécier comme il se doit ce doublé de médailles tricolore.