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Tony Hawk prime pourrait-il lutter aujourd’hui pour une médaille aux JO ?

JO 2024 : « Il ne serait même pas qualifié »… Tony Hawk « prime » pourrait-il lutter pour une médaille aux Jeux ?

900° grabA bientôt 60 ans, Tony Hawk reste, dans l’inconscient collectif et surtout le nôtre, l’ambassadeur ultime du skate. Mais, à son prime, aurait-il pu prétendre à une médaille olympique ?
Antoine Huot de Saint Albin

Antoine Huot de Saint Albin

L'essentiel

  • Après sa première aux Jeux olympiques de Tokyo, il y a trois ans, le skate est de nouveau discipline olympique pour les JO de Paris.
  • Légende de la discipline, Tony Hawk, âgé aujourd’hui de 56 ans, a participé à l’expansion du skate dans le monde.
  • Mais, à son prime, aurait-il pu prétendre à une médaille aux Jeux aujourd’hui ?

Lorsqu’on nous parle de skate, les boomers que nous sommes n’avons qu’un seul nom en tête : Tony Hawk. Et le souvenir, au début des années 2000, d’après-midi passés chez notre copain d’enfance qui, en plus d’avoir la chance d’avoir une piscine dans son jardin, possédait la dernière console et le jeu qu’on a tous saigné à cette époque, Tony Hawk’s Pro Skater. Epoque où mettre un 360 Varial McTwist virtuel sous les « waouuuh » des potes était l’une des plus belles joies au monde.

Pourtant, il faut le reconnaître, la petite planche à roulettes ne nous a jamais vraiment émoustillés. Mais, le temps a eu beau filer, le skate changer, jusqu’à devenir un sport olympique, le nom de l’Américain est quand même resté, pour nous, la référence ultime. « Tony reste une légende, il a eu un énorme impact, nous pardonne presque Edouard Damestoy, double champion du monde de Vert'. C’est grâce à lui que le skate a été lancé dans le grand public. C’est quelqu’un qui a vraiment marqué son temps. »

Hawk aurait dû lâcher la rampe

Alors, notre cerveau malade s’est demandé si un Tony Hawk (aujourd’hui âgé de 56 ans) prime, avec ses figures signatures aperçues dans les jeux vidéo, pourrait venir bouleverser l’ordre mondial aujourd’hui et chercher une médaille olympique à La Concorde. Ne tournons pas autour du skatepark, la réponse est formelle et brutale pour tous les experts que nous avons contactés : aucune chance.

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Notamment parce que TH n’est pas un grand adepte des deux disciplines olympiques : le street (imitation d’un environnement urbain) et le park ou bowl (un bassin creux avec des courbes permettant de faire des figures aériennes). « Si on met Tony Hawk dans un bowl, forcément il n’a aucune chance de médaille, ce n’est pas ce qu’il a pratiqué toute sa vie, explique Edouard Damestoy. Il est vraiment spécialiste de la rampe. Les figures qu’il faisait lui et les figures qui sont faites en park, c’est deux mondes à part. On n’aurait pas pu le mettre dans un park, il ne serait pas compétitif. »

Pour ce qui concerne le street, et contrairement à ce que l’on pouvait voir dans les jeux vidéo, Tony Hawk prime ne serait, là non plus, pas très à son aise et donc incapable de lutter pour le podium. « Les jeunes sont bien meilleurs aujourd’hui que lui à l’époque et, pour le street, les gens ne vont pas regarder Tony Hawk, mais des Aurélien Giraud [elle est là, notre rédemption Aurélien], Chris Joslin, ceux qui sont plus dans cette discipline », assure Pierre-André Senizergues, ancien champion du monde, fondateur de la marque Etnies.

« Tony, ça reste un bon skater, pas mon favori, mais forcément un pilier du skate et quelqu’un d’admirable, on va dire, ajoute Jean Pantaleo, vice-champion de France de bowl en 2021. Le talent, ça reste assez vague, c’est comme si on parlait de musique, il y en a qui vont préférer le jazz et d’autres la soul. Il reste un pilier, il n’y en avait pas 15 comme lui, mais je pense que ça aurait été compliqué pour lui aujourd’hui, même s’il était à son prime. »

« Le petit lion va manger le grand lion »

Notre petit coeur d’adolescent saigne devant cette triste réalité. Et on a beau évoquer les plus belles figures de notre chouchou californien, à la plus belle époque, rien n’y fait. Pas de podium. Même pas de médaille en chocolat, même pas de finale. Même pas de JO ? « Je ne suis même pas sûr qu’il aurait pu se qualifier, il faut faire bien plus que ses figures pour être champion olympique aujourd’hui, reprend Senizergues, qui, à 61 ans, a fini la traversée de Paris en skate pour venir à notre rencontre. Il y a beaucoup de skateurs qui font de plus grosses figures que lui. Il y a même un Japonais de 7 ans qui fait des 900 (9.000 points sur Tony Hawk’s Pro Skater). »

Le 900 (deux tours et demi dans les airs) était devenu la marque de fabrique de Tony Hawk, premier skateur à avoir réalisé cette figure en juin 1999 aux X Games de San Francisco. Mais même cette prouesse semble être devenue qu’un lointain souvenir. « Tony Hawk est un génie dans le skate car il a inventé plein de figures, jour et nuit, notamment dans les rampes, ajoute le sexagénaire. Et, ces figures qu’il a inventées, elles sont devenues des bases pour tout le monde. Toutes les générations font évoluer les figures. »

Des jeunes générations qui, comme nous, ont pu également bosser à fond sur Tony Hawk’s Pro Skater, s’inspirer de ce qu’elles voyaient pour mieux anticiper, mieux transformer, être meilleur tout simplement. « Le petit lion, il va forcément manger le grand lion un jour, illustre Jean Pantaleo. Là, les gars, ils font ça toute l’année, tous les jours, ils ont 20 ans, ils sont au top. Même à son prime, il ne serait pas au-dessus des skateurs d’aujourd’hui. »

Il n’empêche. Quand on voit le Britannique Andy MacDonald (50 ans), autre légende de ce sport, ou de cet art de rue diront les puristes, s’être qualifié pour ces Jeux olympiques de Paris, on se dit qu’une petite wild card du CIO pour notre Tony Hawk international aurait été un bien bel hommage. Allez, on va rappeler le pote d’enfance pour reparler du bon temps. Et de ce Misty flip qu’on n’arrivait pas à passer.