JO 2024 – Equitation : Dressage ou saut d’obstacles, dans quelle discipline Louis XIV aurait pu gagner une médaille ?
Royauté•Au château de Versailles, il n’y avait pas un jour, ou presque, où Louis XIV ne sortait pas avec son chevalAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- Les épreuves d’équitation des Jeux olympiques se déroulent au château de Versailles, domaine de Louis XIV.
- L’ancien roi de France, mis sur un cheval très jeune de par son statut, et aurait pu avoir sa place dans l’épreuve de dressage.
- « Louis XIV avait une certaine technique, une familiarité, une dextérité équestre qui est très bonne », nous explique un historien.
Il faudra y penser le jour où l’équitation ne ramènera plus de médailles à la délégation française lors des Jeux olympiques. Un petit changement de régime (et on ne parle pas de l’alimentation de nos chevaux et de nos cavaliers), le retour de la monarchie de droit divin et les cavaliers tricolores, la noblesse surtout, devraient retrouver leur standing d’antan. Remballez vos centres de formation et vos filières d’excellence.
Loin de nous l’idée d’être plus royalistes que le roi, mais, que voulez-vous, le système a déjà fait ses preuves. Notamment chez Louis XIV, dont le domaine de Versailles qui accueille les épreuves d’équitation aux Jeux olympiques. « Comme tous les rois, il a eu une éducation qui comprend une éducation noble, qui fait que l’équitation fait partie des choses à absolument maîtriser dès l’enfance, nous explique Stéphane Guerre, historien spécialiste de Louis XIV, mais pas des équidés. Dès le plus jeune âge, ils sont formés à la maîtrise de l’art équestre. C’est l’une des vertus nobles. »
« Un des derniers rois chevaliers »
Le Lamine Yamal du canasson s’est en plus entraîné comme un damné, à coups de parties de chasse et de petites guerres à droite à gauche. « C’est l’un des derniers souverains qui monte à cheval à la tête de ses troupes », explique Hélène Delalex, conservatrice au château, co-commissaire de l’exposition Cheval en Majesté qui se déroule actuellement au château de Versailles. Et il se dit même, dans les milieux autorisés, que le goût pour la chasse de Loulou du 14 serait l’une des explications secondaires de son installation à Versailles, où se trouvent des forêts giboyeuses.
Un cavalier qui chasse dans la forêt plusieurs fois par semaine ne serait-il pas prédestiné au saut d’obstacles ? Pas franchement la plus grande qualité du Roi Soleil. Disons qu’on aurait eu plus de chances de médailles au dressage. « Le dressage, c’est l’art de l’équitation qui, justement, a été développé à Versailles et qui était une véritable spécificité française, développe Hélène Delalex. Cette manière de monter et de diriger son cheval de manière absolument invisible a ensuite été diffusée dans toute l’Europe. A Versailles, l’équitation devient un art véritablement. »
Un art notamment pratiqué sur des lusitaniens cremellos, montures favorites du roi, rapporte Le Parisien. Malheureusement, pas de traces du nom des quadrupèdes montés par Louis XIV, malgré les recherches de Stéphane Guerre : « Je sais qu’il avait la passion des chiens, il leur donnait des prénoms, il les nourrissait lui-même, il les faisait même représenter en tableau. Mais je n’ai pas trouvé de lien particulier à un cheval. »
« C’est un vrai bon cavalier »
On imagine quand même Louisito en démonstration sur Galinette Cendrée ou Gabelle, notamment au jeu de la bague, qui se déroule régulièrement au carrousel du Louvres, devant un public nombreux, où le cavalier doit passer une lance au milieu d’une bague grosse de quelques centimètres. « Pour faire ces courses à la bague, il faut évidemment avoir une certaine technique, une familiarité, une dextérité équestre qui est forcément déjà très bonne, estime Stéphane Guerre. C’est un vrai bon cavalier. Et puis, on ne peut pas chasser le cerf au galop si on ne maîtrise pas un peu le cheval. »
On serait DTN de la Fédération française d’équitation, on inscrirait donc notre cher souverain – qui ne laisserait le choix à personne de toute façon – au concours complet, discipline qui mêle dressage, saut d’obstacles et cross. Chez lui, à Versailles, le gaillard serait imbattable, connaissant les moindres recoins. Une concurrence déloyale pour Nicolas Touzaint et ses copains du concours complet ?
« Bon, je ne me suis pas beaucoup penché sur le sujet, nous a répondu, un peu surpris par la question, le champion olympique par équipe aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004, qui espère glaner une nouvelle médaille vingt ans plus tard. Louis XIV et Versailles, je connais un peu, mais je ne suis pas venu pour visiter le château. » Typiquement la réponse de quelqu’un qui flippe de voir Louis Le Grand lui prendre sa place.



















