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JO de Paris 2024 : Entre E.Coli et plan Baignade, faut-il s’inquiéter pour les épreuves dans la Seine ?
ALERTE•Une étude l’ONG Surfrider, sortie ce lundi, alerte sur des seuils recommandés pour la baignade « au-dessus voire très largement au-dessus ». Mais la Mairie et la préfecture de région restent confiantesLaure Gamaury
L'essentiel
- L’ONG Surfrider a publié une étude montrant l’état « alarmant » des eaux de la Seine avant les épreuves de natation des Jeux olympiques de Paris 2024, cependant la Mairie de Paris et la préfecture régionale minimisent ces analyses car elles ne concernent pas la période prévue pour les épreuves et de nombreux investissements sont encore à venir pour améliorer la qualité de l’eau.
- La préfecture régionale et la Mairie de Paris soulignent que les unités de désinfection qui seront en fonctionnement l’été 2024 n’étaient pas activées lors des prélèvements de Surfrider cet hiver, ce qui fausse les résultats.
- D’autres mesures sont prévues dans les prochains mois pour améliorer la qualité de l’eau, comme la mise en service du bassin d’Austerlitz en mai, la mise en conformité des raccordements des péniches ou le nettoyage des déchets en surface à partir de juillet.
Pourrait-on voir émerger un plan B… C voire D dans les semaines à venir ? Selon Pierre Rabadan, adjoint en charge des sports et des Jeux olympiques et paralympiques à la Mairie de Paris, c’est un grand non. « Notre seul éventuel plan B, c’est d’avoir la possibilité de reporter les épreuves d’un ou plusieurs jours en cas de phénomènes météorologiques extraordinaires ».
Car la qualité bactériologique de la Seine interroge, et particulièrement ce lundi avec la sortie de l’étude de l’ONG Surfrider. A quasi 100 jours de l’ouverture des Jeux de Paris, elle pointe l’état « alarmant » des eaux du fleuve qui traverse la capitale, où doivent se tenir les épreuves de triathlon (30 et 31 juillet, 5 août), de nage en eau libre, désormais appelée natation marathon (8 et 9 août), ainsi que les épreuves de paratriathlon (1 et 2 septembre).
« Une communication très maladroite » pour Pierre Rabadan, qui pointe pour 20 Minutes « l’amélioration continue de la qualité de l’eau de la Seine depuis huit ans », « une période d’analyses qui n’est pas celle sur laquelle on travaille » et des investissements massifs pas encore tous mis en place.
Dès juin, huit points d’analyse de la qualité de l’eau
« On n’a pas d’inquiétude parce qu’on voit que la trajectoire d’amélioration de la qualité de l’eau, été comme hiver, va dans la bonne direction. Et même les résultats dont fait état Surfrider vont dans le bon sens. Parce que la qualité est certes en dessous des seuils pour autoriser la baignade en cette période mais elle est largement meilleure qu’il y a un an à la même période », assure Pierre Rabadan à 20 Minutes.
La Mairie de Paris assure, par ailleurs, ne procéder à aucun prélèvement actuellement, la période n’étant pas celle concernée par le plan Baignade. D’un montant de 1,2 à 1,4 milliard d’euros dont 700 millions financés par l’État, il finit de se déployer, précise ce lundi la préfecture de la région Île-de-France dans un communiqué. Il permettra de « dépasser l’objectif initial » et d’atteindre les 75 % d’amélioration de la qualité de l’eau de la Seine. « Nous aurons, à partir de juin, huit points d’analyse de la qualité de l’eau pour nous permettre d’autoriser les baignades pour les compétitions, puis en 2025 pour le grand public. Comme on le fait au bassin de la Villette depuis plusieurs années », précise la Mairie de Paris, qui ajoute que « dès juillet, ce seront 35 points de relevés en amont de Paris qui seront mesurés ».
Une période pas appropriée
Les analyses sur lesquelles s’appuie Surfrider, pointent des concentrations en E. Coli régulièrement supérieures à 2.000 ufc/100 ml (maximum de 7.250 sous le pont de l’Alma le 7 février 2024) et à 500 ufc/100 ml pour les entérocoques (maximum de 1.190 le 7 février). Même si la période analysée ne fait pas partie de celle envisagée pour la baignade dans la Seine, les taux sont bien supérieurs à ceux imposés par la directive européenne « baignade » de 2006 et les barèmes des fédérations de natation et de triathlon. Ils indiquent que les concentrations de deux bactéries indicatrices de contamination fécale, Escherichia coli et entérocoques, ne doivent pas dépasser les 1.000 unités formant colonie (ufc)/100 ml en E. Coli et 400 ufc/100 ml en entérocoques.
Selon la Mairie de Paris et la préfecture de région, inutile de s’alarmer. « Les unités de désinfection des usines de traitement de l’eau (entérocoque et E. Coli) étaient en fonction l’été 2023 pour les tests de natation. Alors qu’il n’y avait pas de baignade entre septembre et mars, elles n’étaient pas en fonctionnement lors des prélèvements réalisés par Surfrider, ce qui prive ceux-ci de portée », précise cette dernière. « On va inaugurer le bassin d’Austerlitz le 2 mai avec une mise en service dans le courant du mois, ajoute Pierre Rabadan. Pour Paris, ça va être un outil de régulation et de retardement du déversement d’eaux sales dans la Seine, qui est aujourd’hui le principal facteur de dégradation de la qualité de l’eau du fleuve. Ce bassin est un outil essentiel avec sa capacité de stockage de 50.000 m3. »
« La qualité de l’eau sera au rendez-vous »
La mise en conformité des raccordements de péniches au tout-à-l’égout est aussi en cours de finalisation, « une vingtaine de bateaux devant encore se mettre en conformité d’ici début juillet avec la loi », pointe l’adjoint à la Mairie de Paris. Et « les ouvrages structurants du plan Baignade qui améliorent le fonctionnement du réseau d’assainissement par temps de pluie seront mis en service en avril et en mai (bassin d’ouvrages tels que le bassin d’orage d’Austerlitz, le Ru Saint Baudile, le Ru de la Lande, etc.) », complète la préfecture de région.
Enfin, indique Pierre Rabadan, « ce n’est pas lié à la qualité de l’eau, mais, dès le début du mois de juillet, un programme de nettoyage des déchets en surface sera mis en place à l’été 2024 avec Haropa. La délibération à ce sujet est prévue pour le prochain Conseil de Paris ».
Toutes les infos sur les JO de Paris 2024Quant à savoir si l’ONG Surfrider sera autorisée à effectuer des prélèvements « avant et pendant » toute la durée des Jeux, la mairie botte en touche. « Notre objectif est bien d’être prêts à l’été 2024 et non en septembre, octobre, décembre ou janvier, pour organiser des compétitions dans la Seine. Avant d’ouvrir trois zones de baignade au grand public dans Paris l’été suivant. Et la qualité de l’eau sera au rendez-vous », certifie l’adjoint aux sports et aux JOP à 20 Minutes, sans une once de doute.



















