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« 20 MINUTES » AVECLe triathlète Pierre Le Corre va « plonger dans la Seine avec appréhension »

JO de Paris 2024 : « Pour le ''test event'' dans la Seine, je vais plonger avec appréhension »

« 20 MINUTES » AVECVainqueur de la dernière étape du circuit mondial de triathlon à Sunderland fin juillet, le Français Pierre Le Corre se présente pour le « test event » à un an des Jeux de Paris, plein d’envie malgré l’appréhension sur la qualité de l’eau de la Seine
Pierre Le Corre a remporté sa première étape du WTCS à Sunderland fin juillet, devant son compatriote Léo Bergère.
Pierre Le Corre a remporté sa première étape du WTCS à Sunderland fin juillet, devant son compatriote Léo Bergère. - World Triathlon / World Triathlon
Laure Gamaury

Propos recueillis par Laure Gamaury

L'essentiel

  • Tous les vendredis, 20 Minutes propose à une personnalité de se livrer sur son actualité dans son rendez-vous « 20 Minutes avec ».
  • Pierre Le Corre, triathlète français, qui vient de gagner pour la première fois une étape du World Triathlon Championship Series à Sunderland fin juillet confie à 20 Minutes ses ambitions pour le test event à Paris, la qualification olympique et son rapport à la natation dans la Seine.
  • Le sportif de 33 ans n’a pas concouru dans la capitale depuis dix ans et espère sur une amélioration de la qualité de l’eau. « Les deux fois où j’y avais nagé à l’époque, j’avais eu des vomissements à la fin de la course et le ventre ballonné pendant plusieurs jours ».

À 33 ans, le Français Pierre Le Corre fait partie du gratin du triathlon mondial, et vient de remporter fin juillet, sa première victoire sur une étape du World Triathlon Championship Series (WTCS) à Sunderland (Royaume-Uni). « Je suis content d’y être enfin parvenu. Je le gère mieux aujourd’hui avec l’expérience et la maturité. Ça aurait peut-être été plus compliqué à appréhender si j’y étais arrivé plus jeune. Là, je le vis super bien ».

Il s’aligne la semaine prochaine sur le test event à Paris, un an avant les Jeux sur le parcours olympique et y vise un top 3, synonyme de qualification pour les JO 2024. « La concurrence est rude en équipe de France, on est quatre triathlètes pour trois places donc l’unique objectif la semaine prochaine, c’est d’obtenir la qualification », confie-t-il à 20 Minutes. Et même si la qualité de l’eau de la Seine est une appréhension bien palpable, Pierre Le Corre préfère se concentrer l’effervescence qui monte à un an des Jeux à domicile.

Trois semaines avant le test event olympique à Paris, vous remportez une victoire sur le WTCS (World Triathlon Championship Series), qu’est-ce que cela vous fait ?

Oui j’ai un peu attendu mais au moins, je sais ce qu’il en coûte pour y parvenir, pour gagner une étape sur le circuit mondial. Je me sens bien, je monte en forme. Et cette victoire, c’est évidemment de bon augure pour le test event. Même si la concurrence est rude et en triathlon, d’une semaine sur l’autre, tout peut arriver. En tout cas, j’y vais confiant.

C’est votre première compétition dans la capitale française ?

J’ai déjà participé au grand prix de division 1, quasiment au même endroit dans la Seine, il y a une dizaine d’années. Y revenir, ça génère quand même une appréhension, il ne faut pas se leurrer. La Seine, c’est loin d’être de l’eau de mer turquoise. Les deux fois après y avoir nagé à l’époque, j’avais eu des vomissements à la fin de la course et le ventre ballonné pendant plusieurs jours. Mais c’était il y a plus de dix ans.

Depuis, il y a eu beaucoup d’annonces faites par les politiques assurant qu’elle serait bien plus propre et nettoyée, dépolluée. J’attends de voir. Mais c’est sûr que sur ce test event dans la S, avec le même parcours que pour la compétition olympiqueun public et des encouragements sur une épreuve à domicile.iathlon ; ndlr), où il avait beaucoup plu en amont de la compétition. Les eaux de pluie s’étaient déversées dans la rivière, qui elle-même coulait dans le bras de mer où on a nagé. Ça pourrait aussi arriver à Paris, comme ça a été le cas pour l’étape de coupe du monde en eau libre début août.

Comment gérez-vous cette incertitude permanente sur la qualité de l’eau en tant que triathlète de haut niveau ?

La plupart du temps, on a la chance d’avoir des super sites de course, qui sont en bord de mer, dans des lieux de vacances estivaux, au bord de lacs avec une eau plutôt propre. Et puis, il y a environ un tiers des courses qui se passent dans les grandes villes et là, la partie nage est bien différente : on ne voit même pas nos bras, c’est trouble. Et puis parfois, même en voyant les échantillons et les analyses où tout est O.K., on a un peu de mal à y croire.

Il n’y a pas grand-chose à faire si ce n’est prendre des probiotiques, des pastilles de chlore. Par exemple, pour le test event à Paris, on va ingurgiter des pastilles de chlore. Ce n’est pas une obligation mais au vu des analyses récentes de la Seine, je pense qu’il vaut mieux en prendre. Après, le problème, c’est qu’il y a toujours un délai entre les analyses et les résultats. Donc je ferai confiance aux analyses mais je garderai de l’appréhension. J’ai l’habitude d’y aller, de ne pas trop me poser de questions au moment de la compétition. On est suffisamment pris par la pression de la course et puis on s’adapte, ça fait partie de notre sport.

Comment abordez-vous ce test event ? Comme une répétition pour 2024 ? Partez-vous avec l’étiquette de favori ?

Disons que j’ai une place parmi les favoris, c’est sûr. Je fais partie des quelques triathlètes qui peuvent gagner ou a minima monter sur le podium à Paris la semaine prochaine. Et arriver sur une compétition à la maison dans ce costume, c’est trop bien, il y a plus d’attentes, plus d’excitation. Je le ressens, notamment de ma famille et de mes amis. Ils rêvent d’une belle performance à domicile.

Plus qu’une répétition, je vise surtout la qualification olympique. Avant de répéter, il faut être qualifié et pour l’instant, ce n’est pas le cas. Je suis donc plutôt concentré sur cette compétition comme un one shot : j’y vais pour être le plus performant possible, réussir les critères de qualification olympique, c’est-à-dire prendre une des trois premières places de ce test event. Et si je participe aux Jeux de Paris en 2024, j’aurais l’avantage d’avoir repéré le parcours en amont et de l’avoir déjà testé. Dans le viseur, c’est la qualif olympique. Pour cette édition, il n’y a pas de critère discrétionnaire.

Y a-t-il une saveur particulière à concourir à Paris en triathlon ?

C’est assez sympa d’avoir la Tour Eiffel en background mais je crois que je suis plus attaché à un beau triathlon à Quiberon ou La Baule. Paris n’est pas un endroit propice au triathlon parce qu’il y a trop de dangers : les pavés, les bouts de verre, la pollution, la qualité de l’eau, etc... D’ailleurs, nous les Français n’avons même pas l’avantage de cette compèt à domicile : avec la circulation, c’est impossible de reconnaître le parcours en amont. Il faut que la route soit fermée pour s’entraîner en toute sécurité.

Ce qui fait la différence en revanche, c’est de savoir que les Jeux seront à Paris. L’effervescence créée est énorme et en fait, c’est cette raison qui augmente l’excitation autour du test event, avec le même parcours que pour la compétition olympique, un public et des encouragements sur une épreuve à domicile.

A-t-on un supplément d’âme pour aller chercher cette qualif quand on a vécu les derniers Jeux, en tant que remplaçant ?

Disons que ça m’enlève surtout une pression. J’ai fait Rio, j’ai été remplaçant à Tokyo donc je connais les deux cas de figure. Je suis plus décontracté. Si j’ai la chance de faire partie de l’équipe de France pour les JO de Paris, je suis prêt à vivre une année pré-olympique très excitante, avec de nombreuses sollicitations médiatiques, des sponsors, à en profiter au maximum car ça n’arrive qu’une fois dans la vie. Me qualifier pour 2024, je le prends comme une opportunité à saisir mais si je n’y parviens pas, ça ne va pas changer ma vie.

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