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La folle égalisation contre l’Egypte, vraiment le déclic dans ces JO ?

JO 2024 Handball : L’égalisation inespérée contre l’Egypte sera-t-elle vraiment le déclic que les Bleus nous vendent ?

STOP OU ENCORE ?Surclassée lors des deux premiers matchs des JO de Paris 2024, l’équipe de France de handball n’a pas su faire mieux qu’un nul (26-26) arraché de manière assez miraculeuse face à l’Egypte
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • L’équipe de France masculine de handball a dû se contenter mercredi d’un match nul (26-26) face à l’Egypte.
  • Après les deux lourdes défaites contre le Danemark et la Norvège, les Bleus (5es) sont à présent sur un fil dans ce tournoi.
  • Si les joueurs se veulent rassurants, dans la foulée du « buzzer beater » de Ludovic Fabregas, les derniers matchs face à l’Argentine et surtout la Hongrie promettent d’être intenses…

A l’Arena Paris Sud 6,

Sans le doublé irréel de « King of » Léon Marchand, Elohim Prandi et Ludovic Fabregas auraient sans doute été les têtes d’affiche de l’actualité olympique tricolore mercredi soir. Un caviar génial du Parisien et une finition clinique du meilleur pivot du monde sur le gong ont en effet offert aux Bleus du handball une égalisation mi-merveilleuse, mi-miraculeuse contre l’Egypte (26-26). Un coup d’éclat en huit secondes qui nous renvoie davantage aux nombreux money-times légendaires de cette équipe (coucou les Suédois) qu’aux deux larges défaites du début de ces JO de Paris 2024.

Pour autant, faut-il voir dans ce but tardif, aussi iconique et enthousiasmant soit-il, « un point fondateur pour la suite » de ce tournoi olympique, comme le suggère Ludovic Fabregas ? Il y avait évidemment du monde pour accréditer cette piste du côté des Bleus dans la zone d’interview de l’Arena Paris Sud 6. Jugez plutôt ces quelques morceaux choisis.

  • Le gardien Rémi Desbonnet : « Le scénario de ce match veut dire beaucoup de choses. On a poussé jusqu’au bout pour finalement prendre ce point. On ne s’est pas effrité. Maintenant on sait qu’on peut compter les uns sur les autres. On est une famille et on joue au jour le jour pour rester en vie dans ce tournoi. Ce dernier but, c’est l’aboutissement de deux jours de remise en question. ».
  • Le demi-centre Nedim Remili : « C’est un but collectif et le plus important, c’est de retrouver cette énergie collective, qu’on soit tous soudés. Sur beaucoup de phases, on a enlevé nos hésitations, et quand on est comme ça, on fait toujours peur à tout le monde. Il faut retrouver cette confiance, cette sérénité dans notre jeu et sourire ».
  • L’entraîneur Guillaume Gille : « Il y a une vraie évolution dans ce match contre l’Egypte et le mérite des garçons est de n’avoir rien lâché. On a tous été un peu sonnés par ces deux revers et par l’image laissée. »
  • L’arrière droit Valentin Porte : « Tout est réuni pour montrer qu’on est de retour. On s’est battu jusqu’au bout. On est une équipe et on a retrouvé du poil de la bête, un vrai état d’esprit. Finir comme ça, c’est beau, on aurait dit une victoire, et c’est tout comme ».

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L’Argentine et la Hongrie au menu

Même si on voit l’idée, c’est difficile de le suivre sur cette ligne-là. Déjà parce que comptablement, l’équipe n’est que 5e (sur 6) de son groupe avec un seul point au compteur, et qu’un succès aurait eu un tout autre impact. Le Danemark et la Norvège (6 points) sont trop loin devant. Les joueurs de Guillaume Gille, qui affronteront l’Argentine (6e, 0 point) vendredi et la Hongrie (4e avec 2 points) dimanche, seront donc cette fois quasiment dans l’obligation de l’emporter lors des deux dernières journées.

Et puis surtout, même si la folle remontée des Bleus, menés de cinq buts en début de seconde mi-temps, change évidemment la lecture de ce match, le gardien égyptien Mohamed Aly nous ramène du contexte autour du résultat brut : « Je crois que c’est la première fois dans l’histoire du handball égyptien qu’on obtient un point face aux Français ».

« Il faut arriver à se transcender »

Longtemps « The Greatest » durant les trente premières minutes (9 arrêts, 11 au final), celui-ci s’est emballé, puisque d’après la Fédé française, son pays avait avant mercredi obtenu 3 nuls et 6 défaites (en 42 confrontations). Mais les cinq dernières oppositions depuis 2018 avaient toutes été conclues en faveur de l’équipe de France, ce qui appuie la thèse de la contre-performance, au-delà donc du kif accompagnant un buzzer beater.

Nikola Karabatic et sa bande ont chaleureusement remercié le public de l'Arena Paris Sud 6, qui a été énorme mercredi soir.
Nikola Karabatic et sa bande ont chaleureusement remercié le public de l'Arena Paris Sud 6, qui a été énorme mercredi soir. - Aaron Favila/AP

« Ils avaient beaucoup de pression, ça s’est senti en première période, poursuit Mohamed Aly. Mais c’est la meilleure équipe du monde et elle se devait de gagner. Même là, elle pourrait bientôt revenir en grande forme. » Peut-être, mais les deux corrections ramassées contre le Danemark (29-37) puis la Norvège (22-27) ont laissé de sacrées traces. Même des tauliers comme Nedim Remili, Elohim Prandi et évidemment Nikola Karabatic sont encore apparus très loin de leur niveau dans les grandes conquêtes de cette équipe.

Peuvent-ils réellement se relancer en quelques jours ? Des doutes sont permis, tout comme ceux qui entourent l’approche collective faite de cette compétition particulière, où deux défaites initiales ne sont pas rédhibitoires. Rémi Desbonnet nous en dit plus là-dessus.

« On n’a pas pris ces matchs à la légère ou avec en tête la possibilité qu’on pouvait se permettre de les perdre. On a tellement d’expérience dans cette équipe, ça nous a beaucoup aidés durant ces deux derniers jours. Et puis on a une chance, c’est qu'aux JO, vous pouvez perdre des matchs de poules et être champions à la fin. On a cinq matchs à gagner pour être champions olympiques. Maintenant, on est dans une situation où on a des matchs quasiment couperets à chaque fois. Et finalement, est-ce que ça n’enlève pas des questions de la tête ? On sait qu’on vit au jour le jour et qu’à chaque match on va jouer notre peau. Dans l’histoire de l’équipe de France, ce sont des situations dans lesquelles elle arrive souvent à se transcender. On a beaucoup de confiance dans notre capacité à le faire. »

Rémi Desbonnet

Porte se rappellera de cette réunion toute sa vie

Comprendre qu’il n’était pas question de gérer ce long premier tour afin de monter en puissance pour la suite, mais si, un peu quand même. Lucide, Karl Konan évoque les doutes entourant le niveau réel du tenant du titre olympique, qu’on a pu imaginer à même de dérouler à la maison. « Le maillot de l’équipe de France pèse lourd et c’est une très grosse responsabilité de le porter, glisse le pivot remplaçant des Bleus. Tout le monde est conscient de l’erreur monumentale qu’on a faite sur les deux premiers matchs des JO. Vu d’où on vient, on peut être content d’avoir relevé la tête et d’avoir montré un autre visage. »

Un autre épisode a pu avoir une portée fondatrice dans la semaine tricolore, à en croire différents joueurs, à savoir la fameuse réunion « pour se dire les choses » dont il est souvent question dans le handball et à laquelle aurait participé tout le groupe mardi. Celui qui insiste le plus sur cette réunion entre joueurs est l’expérimenté Valentin Porte.

« C’est une réunion comme j’en ai fait des centaines et des centaines. Honnêtement, ce genre de réunions, ça n’amène pas grand-chose. Mais mardi, ça a été la première fois que je ressentais ce genre de choses. Je me rappellerai de ce moment toute ma vie. C’était un test très compliqué et on a répondu présent. Je ne sais pas où on va aller mais c’est un moment qui restera gravé dans ma carrière. » Pour que ce tournoi olympique le soit aussi, il va falloir songer à prendre exemple sur l’équipe féminine, titrée lors des JO de Tokyo 2021 malgré deux nuls et une défaite dans la phase de groupe, conclue à la troisième place. On signe où ?