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La Norvège, ce modèle qui n’impressionne plus les Bleues

Mondiaux de hand : La Norvège, ce modèle qui n’impressionne plus les Françaises

HandballLes Bleues n’ont aucun complexe à faire ce dimanche en finale des championnats du monde face aux tenantes du titre
Nicolas Stival

Nicolas Stival

L'essentiel

  • La France affronte la Norvège ce dimanche (19 heures) à Herning au Danemark, en finale des championnats du monde de handball féminin.
  • Les Bleues viseront un troisième titre planétaire, les Norvégiennes un cinquième. Ces dernières ont souvent privé les Françaises de sacre, mais les joueuses d’Olivier Krumbholz les ont battues au tour principal, voici une semaine. (24-23).
  • Pour Siraba Dembélé, championne du monde 2017 désormais consultante sur beIN Sports, les coéquipières d’Estelle Nze Minko n’ont plus aucun complexe à faire.

L’ailière gauche Chloé Valentini l’avoue sans détour, avant une alléchante finale des championnats du monde, ce dimanche à Herning, au Danemark : « il y en a marre franchement ! » Les Bleues du handball en ont assez de voir les Norvégiennes leur piquer le dessert alors qu’elles sont sur le point de se régaler.

Finales des Mondiaux 1999, 2011 et 2021, ce dernier rendez-vous étant encadré d’une défaite en finale (2020) puis en demi-finale (2022) de l’Euro… Si le terme de « bête noire » n’était pas essoré par l’usage, on l’emploierait sans se poser de questions.

Henny Reistad, menace numéro 1

« La Norvège, c’est une culture du travail, particulièrement physique dès le plus jeune âge, observe Siraba Dembélé, ancienne capitaine de l’équipe de France, désormais consultante de beIN Sports, diffuseur de ces Mondiaux. Ces filles sont plongées très tôt dans un haut niveau de professionnalisme. Il y a aussi une culture handball incroyable dans ce pays, avec une continuité dans la qualité des joueuses, qui font à chaque fois partie des meilleures. »

Pourtant, les coéquipières de l’ogresse Henny Reistad – auteur de 15 des 28 buts de son équipe vendredi en demi-finale face au Danemark (28-29 après prolongations) – restent humaines. Siraba Dembélé est bien placée pour en parler, elle qui a remporté en 2017 l’une des deux couronnes mondiales des Bleues (après 2003), en matant en finale ces mêmes Norvégiennes. L’ex-ailière gauche a aussi apprécié la victoire française en clôture du tour principal, voici tout juste une semaine à Trondheim, dans l’antre de leur meilleure ennemie (24-23).

« Aujourd’hui, on arrive vraiment à les challenger, à être au même niveau qu’elles, je ne sais pas si on peut vraiment parler de supériorité. » Alors forcément, l’équipe entraînée par l’Islandais Thorir Hergeirsson va vouloir faire payer à la formation d’Olivier Krumbholz cet affront, qui l’a en outre propulsée dans une partie de tableau nettement moins favorable, pendant que la France s’envolait vers la finale en sifflotant et en ventilant au passage la République tchèque en quart (33-22) puis la Suède en demie (37-28).

L'incroyable réservoir des Bleues

« Les Norvégiennes s’appuient sur sept ou huit joueuses au maximum, pendant que la France a fait jouer tout le monde », ajoute Siraba Dembélé. Les championnes olympiques en titre ont ainsi pu se payer le luxe de se passer pour ces Mondiaux de leur cheffe de défense Béatrice Edwige, que l’on croyait inamovible, remplacée avantageusement par la doublette Pauletta Foppa (23 ans le 22 décembre) et Sarah Bouktit (21 ans).

Elles ont débuté extrêmement timidement contre l’Angola (30-29) avant de monter inexorablement en régime, recette souvent infaillible pour aller au bout d’une compétition. « Elles restent sur une lancée incroyable, elles sont impressionnantes », admire Siraba Dembélé. Laquelle s’attend toutefois ce dimanche « à un match très disputé, qui va se jouer jusque dans les derniers moments, peut-être en prolongations ».

Les JO, objectif numéro 1

Qu’elle gagne ou qu’elle perde, l’équipe de France n’oubliera pas que l’objectif essentiel reste les Jeux de Paris l’été prochain, où il s’agira de conserver l’or obtenu à Tokyo. Peut-être encore et toujours face au même adversaire que ce dimanche. « Aujourd’hui, ce sont les meilleures équipes, celles qui dominent ce sport avec le Danemark, relève l’ancienne capitaine. Ces trois-là prétendront au titre olympique. »

Mais si, avant de briller à la maison, la capitaine Estelle Nze Minko et ses collègues peuvent coiffer la troisième couronne mondiale du handball français, après 2003 et 2017, elles ne vont pas s’en priver. Surtout si ça peut mettre un coup au moral des Norvégiennes.