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Que change la diffusion de la Coupe sur BeIN Sports pour le foot amateur ?

Coupe de France : La diffusion inédite sur BeIN Sports est-elle une vitrine inespérée pour les clubs amateurs ?

FOOTBALLPour la première fois dans l’histoire de la Coupe de France, quasiment l’intégralité des matchs des 32es de finale de l’épreuve sera diffusée sur les différentes chaînes de BeIN Sports, de vendredi à dimanche
Jérémy Laugier

Jérémy Laugier

L'essentiel

  • Pour la première fois de son histoire, la Coupe de France sera cette saison diffusée sur BeIN Sports, à partir des 32es de finale, qui se déroulent de vendredi à dimanche.
  • 31 des 32 rencontres seront proposées en intégralité sur les différentes chaînes de BeIN Sports, y compris certaines entre clubs amateurs.
  • 20 Minutes a interrogé cette semaine des clubs de National 2 ou National 3, qui vont être mis en lumière comme rarement par une chaîne qui retransmettait le mois dernier la Coupe du monde au Qatar.

Découvrir cette semaine l’existence de l’Avoine Olympique Chinon Cinais (AOCC) nous a provoqué un petit picotement. Et oui, qui dit épiphanie dit retour de la Coupe de France. Mais cette saison, la révolution est presque aussi folle qu’une Coupe du monde calée à la fin de l’automne : BeIN Sports va diffuser 31 des 32 affiches du week-end, et donc pas seulement les clubs professionnels. Fini le schéma classique pour cette compétition habituée à voir ses chocs 100 % Ligue 1 programmés sur Eurosport et France 2/France 3 (qui proposera seulement le match Hyères-OM, samedi à 15h30) et, à côté d’affiches plus bucoliques s’invitant sur France 3 Régions, ou tout simplement hors télévision.

Pour autant, le secrétaire général de notre fameux AOCC, situé entre Angers et Tours et actuel leader de son groupe de National 3, ne saute pas au plafond avant son rendez-vous contre le Vierzon FC (N2), dimanche (18 heures) sur BeIN Sports Max 10. « A part des emmerdes, ça ne nous apporte pas grand-chose jusque-là, lâche ainsi spontanément Alain Retail. On nous demande de fournir une nacelle pour les caméras de BeIN Sports, alors que nous sommes un petit club, avec uniquement des bénévoles. Un sponsor va finalement nous prêter ça, mais il a fallu multiplier les coups de fil depuis un mois pour notamment répondre aux besoins du diffuseur. Déjà qu’on doit potasser un protocole de 50 pages de la FFF. »


« C’est une fierté et une belle récompense »

Mais le dirigeant est quand même conscient de « la belle image » que fournit au club une diffusion sur BeIN, qui sera donc présent au stade Marcel-Vignaud d’Avoine (Indre-et-Loire). Et ce même s’il n’y aura pas de journaliste/consultant sur place, puisque la plupart de ces 32es de finale seront commentés en cabine, au siège de la chaîne. Il y aura par contre deux caméras sur ces terrains amateurs, pour un dispositif que le journaliste de BeIN Sports Laurent Bidot reconnaît « très basique ». « Je pense sincèrement que le premier 32e de finale de Coupe de France de l’histoire de notre club n’aurait pas été diffusé sans ce nouveau contrat avec BeIN », note Alain Retail, qui ne croit pas que cette vitrine BeIN, en live et en intégralité, puisse avoir une influence négative sur la billetterie du stade, où 1.500 spectateurs sont attendus.

Président du FC Chamalières (Puy-de-Dôme), qui défie Bourges dimanche (15h30) pour une rencontre entre clubs de National 2 délocalisée sur un terrain annexe du Clermont Foot, Jérôme Valeyre savoure cette nouvelle diffusion : « Etre mis à l’honneur de la sorte sur BeIN Sports [Max 7], ça nous a surpris et ça peut être très intéressant vis-à-vis de nos partenaires ». A une boule près, au bout du tirage au sort des 32es de finale de la Coupe de France, le FC Chamalières, l’un des plus petits budgets de N2, aurait pu hériter du PSG. Même sans l’ultra-médiatisation du match d’une vie contre l’ogre parisien, le club auvergnat va devoir se préparer à passer sur BeIN Sports.

« On a l’habitude de voir la Ligue des champions, la Coupe du monde, ou un Real-Barça sur BeIN, et certainement pas nous, sourit Kévin Pradier, entraîneur du FC Chamalières. C’est une fierté et une belle récompense pour tous nos bénévoles. La diffusion sur une chaîne aussi prestigieuse ne va faire qu’amplifier une pression positive pour dimanche. Je pensais qu’on serait présents dans le multiplex, pas plus. Cette retransmission en intégralité, c’est extraordinaire, même s’il faudra essayer d’occulter le plus possible ce contexte. » »


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« Une grande première dans ma vie »

Hormis l’ancien défenseur professionnel de Clermont, Dijon et Nancy Jordan Lotiès (38 ans), tout l’effectif du FC Chamalières va devoir digérer au mieux ce contexte médiatique inédit. C’est également ce qui attend Vincent Louve, capitaine de l’Avoine Olympique Chinon Cinais. « Ce sera une grande première dans ma vie d’avoir mon match à la télévision, sourit le défenseur central de 27 ans, vacataire dans le monde de la petite enfance en dehors des terrains. Quand on verra les installations pour la télévision dimanche, on va sans doute ressentir une petite pression particulière. Mais c’est une belle avancée pour le football amateur. Et puis, ça peut forcément offrir une sacrée visibilité à nos jeunes joueurs, pour pourquoi pas être repérés par des clubs de niveaux supérieurs. »

Ceux du Stade Plabennécois (N3) et du Vannes OC (N2) pourront s’estimer lésés, puisqu’ils seront les seuls à ne pas être diffusés à la télévision, mais sur le site de BeIN Sports, en raison des sept canaux déjà mobilisés simultanément lors du multiplex de samedi (18 heures). « Ça ne me déçoit pas pour autant car je pensais que notre match serait noyé dans un multiplex, et certainement pas en intégralité, même si c’est sur Internet, assure Michel Pommelec, le président de Plabennec. Au contraire, ça incitera peut-être certains de nos supporteurs à braver une météo peut-être hostile pour venir au stade [capacité de 2.700 places], comme ils ne pourront pas nous voir à la télévision. » Finalement, comment ce grand plongeon dans le monde amateur est-il parallèlement vécu par BeIN Sports, qui a acquis auprès de la FFF les droits TV de la Coupe de France jusqu’en 2026 ?


Cinq ans après avoir créé la sensation, en atteignant la finale de la Coupe de France contre le PSG (0-2), Les Herbiers, désormais en National 2, auront les honneurs de BeIN Sports Max 9, dimanche (18 heures), pour leur 32e de finale au Stade Pontivyen (N3).
Cinq ans après avoir créé la sensation, en atteignant la finale de la Coupe de France contre le PSG (0-2), Les Herbiers, désormais en National 2, auront les honneurs de BeIN Sports Max 9, dimanche (18 heures), pour leur 32e de finale au Stade Pontivyen (N3). - JEAN-SEBASTIEN EVRARD / AFP

« Je vais aller à la pêche aux infos »

« C’est toujours une très bonne nouvelle d’avoir de nouveaux droits, surtout quand ils permettent de davantage s’inscrire dans le football français, après la Ligue 2, en allant vers sa base », apprécie Laurent Bidot, qui commentera Stade Pontivyen (N3)-Vendée Les Herbiers (N2), dimanche (18 heures) sur BeIN Sports Max 9, depuis le siège de la chaîne. D’ailleurs, même si on parle du finaliste de l’édition 2018 de l’épreuve, pareille affiche sans club de Ligue 1 nécessite-t-il une préparation spéciale pour chaque journaliste, qui ne sera alors pas accompagné par un consultant ?


Notre Dossier Coupe de France

« Je le prends comme un nouveau challenge, explique Laurent Bidot. Oui, je vais aller à la pêche aux infos en appelant les clubs, notamment pour bien prononcer les noms de ces joueurs qu’on ne connaît pas. » Principale différence entre ces affrontements entre clubs de N2-N3 et un Real-Barça : il n’y aura donc que deux caméras par stade ce week-end, contre une vingtaine pour un Classico. Ou pour notre possible sommet entre l’Avoine Olympique Chinon Cinais et le FC Chamalières, le 29 avril lors de la finale au Stade de France.