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Mondial de handball: «Le ballon n’aura pas le même poids», attention la vraie compétition commence pour les Experts !
HANDBALL•Et oui, à partir de maintenant, si vous perdez vous rentrez à la maison...Nicolas Camus
Allez, on enlève les chaussons maintenant. Après le confort de la phase de poule, où le faux-pas n’est pas rédhibitoire, les joueurs de l’équipe de France vont désormais évoluer à flanc de falaise. Le moindre écart est interdit pour aller chercher ce Mondial qu’ils n’ont pas le droit de laisser filer.
Pour quelques temps encore, le chemin reste assez large. L’Islande, qui reste sur deux énormes contre-performances à l’Euro et aux JO et qui est privée de son meilleur joueur, n’a pas de quoi donner le vertige. Encore faut-il aborder les choses de la bonne manière. Et ça, c’est le rôle des papas du groupe.
« Je vais leur dire [aux plus jeunes]. On doit continuer comme ça, avec cette confiance, mais à partir de maintenant ça va être complètement différent, prévient Luc Abalo. Ça ne va pas être la même pression, et donc pas les mêmes matchs. Le ballon n’aura pas le même poids, et on va devoir le gérer, ça. »
« On n’a pas attendu non plus d’en être là pour leur parler, on fait ça depuis le début de la compétition, ajoute Daniel Narcisse. Moi et les autres cadres, on va essayer au maximum d’échanger pour que tous les joueurs qui mettront un pied sur le terrain puissent s’exprimer du mieux possible et enlever cette pression qu’ils pourraient ressentir. »
Pour avoir évoqué le sujet avec les intéressés, ça n’a pas l’air de les traumatiser non plus. Aucun n’avoue ne serait-ce qu’une légère crainte - le contraire nous aurait étonné, mais ça ne nous a pas arrangé pour notre article. En même temps, le souvenir des JO est encore frais. Seuls Nyokas et Remili n’étaient pas à Rio (Accambray non plus, mais il en a connu d’autres), où les Bleus avaient sorti un match très solide en quarts de finale (le premier à élimination directe) contre le Brésil.
Anciens comme nouveaux, tous ont, en tout cas, hâte de faire la bascule. « C’est maintenant que la compétition commence vraiment, qu’on va voir si on a assez de caractère et d’expérience pour gérer cet événement », relève Valentin Porte. « Je suis impatient, comme tout le monde. Ces gros rendez-vous là, on les aime, assure Kentin Mahé. Ce sont les matchs qu’on attend. Il y a de l’enjeu, l’atmosphère sera énorme. Ces matchs de KO, c’est là qu’on grandit aussi. »
Ces « matchs de KO », la France en a joué tellement depuis 10 ans qu’on ne se fait pas trop de soucis pour elle non plus. C’est d’ailleurs ce que relève Narcisse. «L’expérience et le vécu sont des atouts supplémentaires. Parce qu’il faudra par moments beaucoup de calme, à d’autres beaucoup de détermination. On va avoir des temps forts et des temps faibles, pas mal de petits détails à maîtriser. On va en parler tous ensemble. » Comme d’habitude dans cette équipe…
On ne pouvait décemment pas terminer ce papier sans laisser une dernière fois la parole à Luc Abalo. L’ailier droit des Bleus nous a encore régalé avec sa franchise quand on lui a demandé pourquoi il les aimait, lui, ces matchs couperets.
« « C’est difficile à expliquer, mais je dirais que moi, j’aime les matchs difficiles. J’ai l’impression que dans ces matchs-là on voit la vraie valeur des joueurs. Ce sont les matchs dans lesquels je me sens le mieux. Les matchs faciles, même si en équipe de France il n’y en a pas souvent, ce ne sont pas mes matchs. J’ai du mal à les jouer. Je ne me gère pas non plus, mais à l’aile, vu que sur la base arrière on trouve souvent les solutions, on n’a pas trop de ballons quoi. Donc je m’amuse moins ». »
Bon, y’a plus qu’à se préparer pour le spectacle. Début du show samedi à 18h, soyez-là.



















