PSG - Arsenal : Malgré un match bien mal engagé, ce PSG-là n’a peur de rien ni personne
MEME PAS PEUR•Mal embarqué face à des Gunners venus pour marquer un but avant de fermer la boutique, le PSG a su prendre son mal en patience pour finalement venir à bout de l’équipe de Mikel Arteta. Le tout sans trembler, ou presqueAymeric Le Gall
L'essentiel
- Le PSG a remporté samedi la deuxième Ligue des champions de son histoire, la deuxième de rang, contre une équipe d’Arsenal venu pour bétonner et espérant marquer un but de plus que les Parisiens.
- Malgré l’ouverture du score d’Havertz au bout de six minutes de jeu, les Parisiens n’ont jamais semblé pris de panique, et ce malgré la muraille de Londres qu’ils avaient face à eux.
- Sûrs de leurs forces, les hommes de Luis Enrique ne semblent craindre rien ni personne. C’est de bon augure pour les prochaines saisons sous les ordres du coach espagnol.
De notre envoyé spécial à Budapest,
Il y a tout juste un an, à Munich, l’Europe se prosternait devant une équipe du PSG que personne n’avait vu venir. Du moins pas à de telles altitudes. Un OVNI, une étoile filante apparue au fil des mois sans que l’on sache exactement ce qui était en train de naître sous nos yeux hallucinés. Et elle se demandait aussi, comme nous, si ce fabuleux parcours européen, du 8e de finale irrespirable contre Liverpool jusqu’à cette finale contre l’Inter maîtrisée comme jamais aucune équipe avant elle ne l’avait fait dans toute l’histoire de la Ligue des champions, n’était finalement pas qu’un simple miracle éphémère appelé à disparaître aussitôt apparu.
Les doutes étaient légitimes, le passé récent du Paris Saint-Germain version QSI parlait pour eux, sans compter que les hommes de Luis Enrique sortaient d’une Coupe du monde des clubs aux faux airs de grande faucheuse pour les corps et les esprits. Beaucoup pensaient aussi que le carrosse Ousmane-Ballon-D’or redeviendrait citrouille et se fracasserait aussitôt la nouvelle saison 2025-206 entamée. Jusqu’à ce que sonne l’heure favorite des Parisiens, au mois de février, quand vient le moment de revêtir son habit de lumière. Et que l’on se rende compte alors que tout ceci n’était ni de la poudre aux yeux ni un coup d’un soir, ou d’une saison.
Paris s’écroule ? Non, Paris confirme
Dès le 8e de finale retour à Chelsea, Paris a réglé ses comptes avec les sceptiques, et ils étaient nombreux, à tort ou à raison, et montré au monde que son groupe était fait d’un bois différent des autres. Du genre Séquoia, celui qui dure dans le temps et résiste à tous les assauts de la météo et des éléments. C’est peut-être pour cela que, même à 0-1 contre une équipe d’Arsenal dont le seul talent est de bien, très bien défendre (et accessoirement de refuser de pratiquer le sport pour lequel ses joueurs sont payés), la panique n’a jamais vraiment gagné le camp des suiveurs des champions d’Europe en titre.
On n’ira pas jusqu’à dire que les Parisiens n’ont pas fait peur à leurs supporters, cela serait quelque peu présomptueux, mais il y a tout de même un peu de ça malgré tout. Car celles et ceux qui regardent cette équipe jouer en Ligue des champions, à plus forte raison en phase à élimination directe, savent que ce PSG-là ne lâche jamais rien, qu’il est trop conscient de sa force – et de la trouille qu’il inspire à ses adversaires – pour se rabaisser à envisager le doute comme une réalité tangible.
C’est peu ou prou ce qu’expliquait Vitinha après la rencontre, se laissant aller une fois le second sacre acquis lors de la séance de tirs au but : « Ce n’est pas super de dire ''On est les meilleurs'', on sait que les choses vont vite dans le foot, mais aujourd’hui on peut dire : ''On est les meilleurs d’Europe'' ». Si l’ouverture du score de Kaï Havertz au bout de six minutes de jeu était ce qui pouvait arriver de pire au PSG, Arsenal n’étant jamais meilleur que lorsqu’il faut faire le siège de sa surface et aller au mastic, les joueurs semblaient animés par cette certitude que, tôt ou tard, le match allait basculer.
« Arsenul », fidèle à sa réputation
Que la justice divine et sportive finirait par frapper un grand coup avec son maillet sur la tête des Gunners et de Mikel Arteta, l’homme qui a renié tous ses principes philosophiques de ses débuts pour vaincre sans gloire et triompher sans briller. Car il faut bien se rendre compte de ce que les Londoniens nous ont forcés à avaler samedi à Budapest. Le vide, le néant, la honte, les mots sont nombreux mais aucun n’est assez fort pour dire toute l’horreur que cette équipe procure à celles et ceux qui osent la regarder jouer quotidiennement.
Et ce n’est pas là une analyse au doigt mouillé. C’est factuel et chiffré. Entre la 45e et la 120e minute, Arsenal a affiché des expected goals de 0,01, ce que nous ignorions possible jusqu’alors, affichant un taux de possession de balle de 24,7 %, le plus faible total pour une équipe en finale de la Ligue des champions depuis qu’Opta analyse les données de cette compétition. Martin Odegaard avait beau essayer de se convaincre que le monde entier se trompait de A à Z, assurant que son équipe n’avait « pas trop défendu », lui-même ne semblait pas croire à ses propres couleuvres.
Au même titre que l’on parlera longtemps du back-to-back des Rouge et Bleu, il y a fort à parier pour que les oreilles des Gunners et de leur coach sifflent comme un policier de la circulation à un carrefour marseillais en heure de pointe pendant des longues années. Car ce qui pourrait se comprendre avec un effectif de bourrins ne se conçoit pas quand on possède autant de bons joueurs de ballons comme c’est le cas d’Arsenal.
Le PSG, vengeur masqué de Manchester City
Ce refus du jeu n’a évidemment pas échappé aux hommes de Luis Enrique, à l’image de João Neves, à deux doigts de dire au micro de M6 qu’ils l’ont emporté pour venger Manchester City et toutes les équipes joueuses de Premier League tombées sous les coups des Gunners. « Cette année, ça a été différent. Ça a été plus difficile, plus physique. On était champions d’Europe, donc a défendu notre titre. Et c’est mérité car le PSG était la seule équipe à vouloir jouer ce soir. »
Ce qui ne nous a pas empêchés depuis les tribunes de se dire que ce diable d’Arteta - pour ne pas dire plus et risquer de tomber sous le coup de la loi - allait peut-être bien réussir son coup. Car si les Parisiens ont fini par y mettre du leur au retour des vestiaires, le bénéfice revenant en partie à Luis Enrique et à son discours à la pause, en première période les Gunners ont réussi à endormir les champions de France et les réduire à l’impuissance. Il aura finalement fallu un petit coup de pouce du destin (et un gros coup de botte de Mosquera sur Kvaratskhelia dans la surface) pour que la vapeur finisse par s’inverser sur un péno de Dembélé.
Paris aurait d’ailleurs mérité de l’emporter avant les prolongations mais Bradley Barcola n’est décidément pas copain avec les buts de fin de match qui lui tendent les bras. On ne lui en tiendra pas rigueur puisque son équipe à fini par s’imposer lors de la séance de tirs au but, une autre spécialité du PSG depuis dix-huit mois maintenant. Encore une raison pour ses adversaires de claquer des mollets et pour ses supporters d’aborder les matchs couperet l’esprit léger. Avec Lucho à sa tête et un effectif taillé pour les sommets, rien désormais ne semble plus pouvoir faire peur au PSG.



















