PSG - Inter : On a vécu la finale de la Ligue des champions à Roland-Garros pendant le match de Djokovic
Football•La planète tennis a continué de tourner (un peu) pendant la finale de la Ligue des champions entre le PSG et l’Inter samedi soirAntoine Huot de Saint Albin
L'essentiel
- La rencontre entre Novak Djokovic et Filip Misolic, au troisième tour de Roland-Garros, se jouait en même temps que la finale de la Ligue des champions PSG-Inter Milan.
- Entre ceux, travaillant, qui ne pouvaient pas voir la rencontre et les autres qui avaient un œil sur leur téléphone, chacun avait sa petite technique pour suivre la rencontre.
- Après quelques pudeurs de gazelle, les buts du PSG ont été « célébrés » par quelques spectateurs du Chatrier.
De notre envoyé spécial à Roland-Garros,
Le dress code avait changé dans les larges allées de Roland-Garros, samedi. La petite chemisette en lin, accompagnée de son traditionnel panama, était encore largement majoritaire, mais elle a, pour la première fois de la quinzaine, trouvé un concurrent de taille. Des maillots du PSG à la pelle, du plus vieux au plus récent, du flocage de Weah à celui de Vitinha.
Des hommes, des femmes, des gamins, tous équipés dès le matin en honneur de leur club qui disputait le match le plus important de son histoire hier soir, en finale de la Ligue des champions. Elian (17 ans) était de ceux-là, présent sur le Simonne-Mathieu pour assister au duel 100 % français entre Loïs Boisson et Elsa Jacquemot. Un match durant lequel les chants des supporteurs du PSG, présents dès le début de l’après-midi au Parc des Princes, quelques centaines de mètres plus loin, sont venus aux oreilles des spectateurs.
« En haut du Chatrier, j’avais accès aux écrans »
« Je les rejoins après la journée à Roland-Garros, indique le jeune homme, un poil, mais alors juste un poil, stressé. C’est un jour spécial, il y a énormément d’excitation, mais être sur les courts, ça permet aussi de penser à autre chose. Pas beaucoup, mais un peu. Jamais je n’aurais pu rater ce match. » Contrairement à Elian, certains à Roland-Garros l’ont raté à leur plus grand regret. Comme Christophe, qui gère la sécurité de l’accès au restaurant réservé à l’organisation et aux médias.
« Habituellement, je suis en haut sur le Chatrier, et je peux voir les écrans des télés, là, ils m’ont foutu ici, je me suis fait niquer », en rigole, un peu jaune, le gaillard. Avec les allers-retours incessants de ventres en quête de sustentation, il n’a aucun moyen de gruger pour regarder la rencontre. Contrairement à d’autres, les petits coquinous resquilleurs, comme Eric qui, portable à la main branché sur Canal+, ne rate presque pas une minute du match, même s’il n’a pas le droit.
Entre deux coups d’œil sur les débordements d’Ousmane Dembélé, il gère la sortie des spectateurs des courts annexes et du Lenglen pour les amener vers les sorties, mais ce n’est clairement pas sa priorité. Timothée, lui, est placier sur le Philippe Chatrier, et il n’a évidemment pas le droit non plus de regarder la rencontre. Mais il sort de temps en temps son téléphone de sa poche pour voir l’évolution du score sur Flashscore (l’hérétique a évidemment été puni pour ne pas avoir répondu 20 Minutes).
Djokovic plus fort que Dembélé
C’est même le jeune homme, qui quittera son poste à 21h30 pour rejoindre ses potes le pas pressé, qui nous avertira du premier but d’Achraf Hakimi au moment où nous allions remonter en tribune de presse. Surprise totale, alors qu’on aurait imaginé entendre quelques frémissements parmi les 15.000 spectateurs présents sur le Philippe-Chatrier. Car, oui, alors que les mauvaises langues prédisaient un Central vide pour « l’affiche » entre Djokovic et Misolic, seuls quelques sièges sont restés vides.
Un public de passionnés de tennis, à l’image de Jehvin (23 ans), maillot du PSG floqué Messi sur le dos et écharpe du club de la capitale autour du cou, qui n’a pourtant pas hésité à venir assister à cette night session, lui qui avait acheté ses billets au mois de mars. « Je vais quand même voir Djokovic, et c’est mon seul jour à Roland-Garros cette année, je ne me voyais pas revendre la place, nous explique-t-il avant de monter les marches du Chatrier. Après si le match est très déséquilibré, je jetterai un œil à mon téléphone pour voir le PSG. »
Ils étaient quand même quelques dizaines à regarder leur téléphone dans les tribunes et, même si les organisateurs avaient indiqué que le match ne serait pas diffusé dans l’enceinte de Roland-Garros, plusieurs loges avaient branché leur télévision sur la finale de C1. Comme des confrères d’une radio française, dont la cabine ouverte laissait entendre les commentaires du match depuis la tribune de presse.
« Ici c’est Paris » et feux d’artifice
Après avoir été mutique sur le premier but d’Hachraf Hakimi, les spectateurs du Chatrier, en grande forme à faire une ola pendant de longues secondes malgré les remontrances de l’arbitre, ont quand même été un peu plus expressifs lorsque Désiré Doué a doublé la mise. Des « Allez Paris », « Ici c’est Paris » sont descendus des tribunes sans que ça soit non plus l’euphorie la plus totale. Même chose lors du troisième but de l’ancien Rennais, une spectatrice se permettant même un « Allez l’OM » assez audacieux.
Toute l'actu de Roland-GarrosLes ovations ont été réservées aux deux hommes présents sur la terre battue, comme sur le break effectué par le Serbe dans le premier set, après avoir rattrapé un smash quasiment à l’extérieur du court ou cet échange incroyable dans le troisième set conclu par une faute grossière de l’Autrichien après un rallye homérique. Mais toute cette bienséance a volé en éclats lors du quatrième but de Khvicha Kvaratskhelia, déclenchant les cris de plusieurs spectateurs et obligeant l’arbitre à interrompre la rencontre quelques secondes, avec un petit avertissement à la clé, sous fond sonore de feux d’artifice qui éclataient dans le ciel parisien.
« Je pouvais entendre à chaque fois qu'ils marquaient. Mais ils se sont réjoui beaucoup trop de fois, je me suis dit "ouah, ça fait quand même beaucoup de buts pour Paris, qu'est-ce qu'il se passe ?", en a rigolé Djokovic après la rencontre. Je viens d'entendre que c'était 5-0, c'est un sacré résultat. » Les cris de joie de certains supporteurs du PSG ont pris le relais une fois la rencontre entre Djokovic et Misolic terminée, quelques minutes avant le coup de sifflet final à Munich.
Comme si tout l’influx nerveux laissé dans les gradins du Chatrier explosait pour de bon. La nuit va être longue. A Roland-Garros, à Paris. Partout. Même pour Novak Djokovic. « Jne sais pas comment on va rentrer à l'hôtel. Ca va être une aventure, je pense qu'on est partis pour de longues célébrations et probablement pas beaucoup de sommeil cette nuit. C'est sympa d'être à Paris ce soir. »


















